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L'origine de Mine


Une mine était autrefois un canal ou chemin souterrain, pour pénétrer sous la muraille ou le rempart d'une ville assiégée. Nous voyons, par plusieurs passages de l'historien Josèphe, que les Orientaux et les Juifs firent souvent usage des mines, ce qui prouve leur antiquité.


Les mines dans la Grèce et la Rome antiques

Les Grecs et les Romains employaient les mines dans les sièges, pour saper les murs et les tours des villes, ce qu'ils appelaient agere cuniculos. Ils ouvraient des canaux ou galeries souterraines par dessous le fossé jusqu'à la muraille, et ils étançonnaient à mesure qu'ils en étaient la maçonnerie : quand ce travail était achevé, ils mettaient le feu aux étançons ; dès que ces appuis venaient à manquer, tout ce qu'ils soutenaient tombait dans le fossé et le comblait. C'est ainsi qu'Alexandre en usa au siège de Gaza, où il entra par la brèche qu'une mine avait faite à la muraille. Il paraît que c'était là à quoi se réduisait, jusqu'à la fin du XVe siècle, tout l'art de nos mineurs. Cette manière de miner, que l'on mit en pratique pour s'emparer du château de Boves, près d'Amiens, sous Philippe-Auguste, fut celle qui contribua, en 1503, à faire perdre aux Français la ville de Naples.
Souvent les anciens ouvraient, fort loin des murs, un boyau souterrain qu'ils conduisaient jusqu'au milieu de la ville assiégée ; et lorsqu'ils jugeaient être arrivés à l'endroit où ils voulaient, ils donnaient jour à leur mine, et, montant par cette ouverture, ils se rendaient maîtres de la place. C'est de cette manière que les Romains prirent la ville de Fidènes et celle de Veies, comme le rapporte Tile-Live.


Le chargement des mines avec de la poudre

L'usage de charger les mines avec de la poudre commença en 1487. Les Génois assiégeant Serezanella, ville qui appartenait aux Florentins, un ingénieur voulut faire sauter la muraille du château, en plaçant de la poudre dessous ; mais l'effet n'ayant pas répondu à son attente, cet art fut regardé comme une chimère.
Pierre de Navarre, soldat de fortune, et homme de génie, vit que ce n'était pas la faute de l'art, mais celle de l'ouvrier. Il perfectionna la nouvelle invention, et, en 1503, il en fît usage contre les Français au siège du château de l'Œuf, espèce de fort ou de citadelle de la ville de Naples. Le commandant de ce fort n'ayant pas voulu se rendre à la sommation que lui en fit faire Pierre de Navarre, celui-ci fit sauter en l'air la muraille du château, et le prit d'assaut, au moyen d'une mine qu'il ouvrit et qu'il conduisit assez avant ; à son extrémité il avait enfermé une quantité considérable de poudre, à laquelle il mit le feu au moyen d'une étoupille ou mèche préparée, de manière à ne produire cet effet qu'au bout d'un temps donné suffisant pour s'éloigner de la mine. Le rocher sur lequel était construit le château de l'Œuf s'entrouvrit avec un fracas effroyable, et ses éclats, une partie des murs du château, et un grand nombre de leurs défenseurs, furent précipités dans la mer parmi les tourbillons de flamme et de fumée.
Depuis cet essai, dont les résultats furent si importants, la construction des mines, par des améliorations successives, a été portée au degré de perfectionnement où on la voit aujourd'hui.


L'invention des contre-mines

L'usage de la contre-mine est, comme son nom le dit assez, de découvrir les mines de l'ennemi, au moyen d'une galerie souterraine. On doit l'invention des contre-mines à Tryphon, architecte d'Alexandrie, qui en fit l'essai au siège d'Apollonie.
La défense d'une place perdrait sa partie la plus industrieuse, celle qui s'exerce par le moins de monde et consomme le moins de moyens, si elle n'employait les mines ; elles méritent d'ailleurs la préférence par la valeur qu'elles prêtent aux autres modes de défense ou d'attaque, l'artillerie et la mousqueterie n'agissant jamais plus efficacement que lorsque le jeu des mines a mis l'assiégeant à découvert, et les travaux de la défense et les ouvrages de la fortification n'étant jamais plus respectés de l'assiégeant que lorsqu'il sait qu'ils sont minés.

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