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L'origine de Momie


On rapporte à des principes religieux et à la nature du pays les motifs qui ont engagé les Égyptiens à embaumer et à conserver d'une manière quelconque les corps d'hommes et d'animaux. Cet usage était parmi eux de la plus haute antiquité.


L'étymologie du mot Momie

Tous ces corps, soit desséchés, soit embaumés, s'appellent momies. Ce mot, qui n'est ni d'origine grecque, ni d'origine latine, ne paraît pas cependant venir de la langue égyptienne ; car, selon saint Augustin, les Égyptiens donnaient le nom de gabbaras à leurs corps embaumés ou desséchés. Cependant quelques écrivains dérivent mumia (momie) de l'expression arabe mum, qui signifie cire. Les anciens auteurs n'ont transmis que des détails très insuffisants, tant sur la préparation que sur la conservation des momies.


La découverte des momies égyptiennes

La plaine de Saccara, aux environs de l'ancienne Memphis, est le lieu qui en a fourni le plus ; mais très peu nous parviennent intactes et entières ; la cause en est dans la cupidité des Turcs et des Arabes, qui ne les livrent aux voyageurs qu'après les avoir dépouillées. La caisse où l'on enfermait les momies était d'un bois simple et commun, quelquefois de cyprès d'Orient, ou bien de sycomore. En haut, sur le couvercle des caisses de momies, on voit ordinairement un masque avec le voile égyptien, taillé dans le bois ; presque toujours aussi on y remarque au menton la tresse en forme de bouchon. On n'est pas sûr de ce que signifie cette tresse ; quelques auteurs l'ont prise pour la barbe, d'autres pour la feuille de perséa, plante consacrée à Isis. Dans les momies de femmes, et en général dans les figures de femmes de travail égyptien, on ne rencontre jamais ce signe, ce qui donne du poids à l'opinion de ceux qui y voient une barbe. Sur les couvercles des cercueils, on trouve encore des visages peints ; on a prétendu que ce pouvait être ceux des défunts ; mais comme ils ont entre eux une parfaite ressemblance, on en peut conclure que ce ne sont que des ornements. Quelques uns cependant ont juge vraisemblable que sur les momies d'hommes on a pu peindre la figure d'Osiris, et celle d'Isis sur les momies de femmes. Dans l'examen fait de la momie que possède l'université de Goettingue, on a remarqué que le visage était peint sur les bandelettes qui enveloppaient le corps, et qu'elle avait sous ses pieds des semelles de toile. On a vu des momies à ongles jaunes, et non dorés, comme on l'a cru. Dans l'intérieur de quelques unes ou a trouvé de petites idoles, des amulettes, des nilomètres (instruments propres à mesurer la crue du Nil), etc. Une momie ouverte par M. Blumenbach avait des yeux postiches, faits de toile de coton, enduits de poix-résine.
Outre une momie très dégradée et son cercueil de sycomore, venant de Sainte-Geneviève, la bibliothèque possède un couvercle de caisse tumulaire, très bien conservé. Il est orné, comme tous les autres, de peintures hiéroglyphiques que souvent on retrouve sur les bandelettes qui enveloppent les corps. On y voit aussi, un morceau de bandelette, probablement enlevé d'une momie, lequel représente la cérémonie de l'embaumement.


Les momies animales

Dans la même plaine de Saccara, où sont déposées les momies humaines, des réduits souterrains en contiennent aussi un grand nombre d'animaux sacrés. M. Denon, dans son Voyage de la haute et basse Egypte, a visité des caves dans l'une desquelles se trouvaient plus de 500 momies d'ibis. Les pots ou vases qui leur servent de sarcophages sont de terre rouge et commune, de 14 à 18 pouces de hauteur ; on serait disposé à douter de leur antiquité, tant ils sont bien conservés. En général, ces momies sont enveloppées de bandes de toile entrelacées avec beaucoup de soin, la tête et les pieds cachés sous les ailes, et le tout présente une forme conique. Cependant toutes ne sont pas renfermées dans des urnes ; il y en a d'emmaillotées avec le même art, excepté la tête et le bec, qui sont proéminents ; mais elles ont cela de particulier, que leur arrangement est celui d'une momie humaine, et qu'elles semblent pouvoir se tenir debout.

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