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L'origine de Monnaie



La naissance de la monnaie

Lorsque le métal commença à être introduit dans le commerce, le poids seul et le degré de pureté en déterminaient la valeur ; mais la nécessité de peser à chaque marché que l'on faisait la quantité d'or, d'argent ou d'autres métaux qu'on donnait en paiement, entraînait plusieurs inconvénients auxquels il était aisé de remédier. Il suffisait, dit Goguet, que chaque peuple fît imprimer sur chaque morceau de métal une marque, une empreinte qui en indiquât et en constatât la finesse et le poids. Il fallait aussi convenir de certains termes pour exprimer ces différentes portions de métaux destinés à servir de signes représentatifs des marchandises. Tel a été l'origine de la monnaie.


Certainement depuis la plus haute antiquité

Mais il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, d'en déterminer l'époque. Si l'on en croit certains auteurs, cette invention appartient à des temps fort anciens. Ils disent que les Assyriens ont été les premiers qui se soient avisés de battre monnaie, quelque temps avant la naissance d'Abraham. Selon Hérodote, ce sont les Lydiens, et il paraît que cette découverte était fort ancienne chez ces peuples. D'autres écrivains rapportent l'origine de la monnaie au temps où Saturne et Janus régnaient en Italie, etc.
A l'égard des livres saints, on trouve dans la Genèse quelques passages qui semblent marquer que l'usage de fixer la valeur des pièces de métal autrement que par le poids était connu dans ces contrées très anciennement. Moïse dit qu'Abimelech donna mille pièces d'argent à Abraham. Joseph fut vendu par ses frères à des marchands madianites pour la somme de vingt pièces d'argent. Il est dit aussi que ce patriarche fit présent à Benjamin de trois cents pièces d'argent...
Il semble donc que, dès le temps de Jacob, l'art d'imprimer sur les métaux certaines marques qui servissent à en faire connaître et à en constater la valeur était connu et pratiqué dans quelques pays.


La monnaie dans la Grèce antique

Il paraît que les premières monnaies que les Grecs mirent dans le commerce n'étaient que de cuivre et sans marque, et que c'est à Phédon qu'on attribue l'invention des poids, des mesures et des monnaies frappées dans la Grèce. Les marbres d'Arundel fixent l'époque du règne de ce prince à l'an 142 avant la fondation de Rome. Comme il n'y avait aucune raison qui obligeât de les marquer des deux côtés, il est à présumer que, dans l'origine de la gravure des monnaies, on n'employa qu'un seul type et qu'une seule empreinte pour prévenir la fraude et leur donner un caractère légal. Mais l'art du monnayage s'étant perfectionné, on orna le deuxième côté des monnaies d'une tête ou de quelque autre symbole. Les Grecs mettaient sur ces pièces des hiéroglyphes énigmatiques qui étaient particuliers à chaque état ou province. Ceux de Delphes y représentaient un dauphin, les Athéniens une chouette, les Béotiens un Bacchus avec une grappe de raisin et une grande coupe, les Lacédémoniens un bouclier ; ainsi des autres.


La monnaie dans la Rome antique

Les Romains, sous le règne de Romulus, ne firent, selon Festus, frapper aucune sorte de monnaie ; ils en avaient cependant d'or et d'argent, mais elle leur venait d'Illyrie, et passait pour marchandise. Le roi Servius Tullius fut le premier qui fit frapper une monnaie de cuivre, sur laquelle il mit un bœuf ou une brebis, d'où est venu le mot pecunia, parce que ces sortes d'animaux étaient de ceux qu'on appelait pecus. Dans la suite, on y imprima une tête de Janus ou une femme armée, avec l'inscription Roma.
Si l'on en croit Pline, l'argent ne commença à être monnayé que l'an de Rome 485 ; jusque là le cuivre avait été, pour ainsi dire, la seule monnaie des Romains : et l'or ne fut mis en monnaie, à Rome, que 62 ans après qu'on eut commencé à y frapper l'argent.


La monnaie en France

La plus ancienne monnaie d'or connue en France, est celle que fit frapper Théodebert, roi de Metz, fils de Thierry, petit-fils de Clovis.
En 805, la livre se trouva composée de vingt sous. Ce fut le roi Charlemagne qui fit travailler dans une livre pesant d'argent, vingt pièces qu'il nomma sols, et dans un de ces sols, douze pièces qu'on nomma deniers ; en sorte que la livre d'alors, comme celle qui existait avant le nouveau système de la monnaie, était composée de 240 deniers ; et les deniers ont été d'argent fin jusqu'au règne de Philippe Ier, père de Louis-le-Gros. En 1103, on y mêla un tiers de cuivre, moitié dix ans après, les deux tiers sous Philippe-le-Bel, et les trois quarts sous Philippe de Valois. Cet affaiblissement a été porté au point que vingt sous, qui avant le règne de Philippe Ier faisaient une livre réelle d'argent, n'en renfermaient pas dans la suite le tiers d'une once.
On prétend que Charlemagne était aussi riche avec un million, que Louis XV avec soixante-six. Vingt-quatre livres de pain blanc coûtaient un denier sous le règne de Charlemagne. Ce denier était d'argent fin et sans alliage.
Ce ne fut que sous Charles-le-Chauve, en 864, qu'on mit sur les monnaies de France l'effigie du prince régnant ; et sous le règne de Philippe-le-Bel, en 1282, que les monnaies commencèrent à porter la légende : Sit nomen Domini benedictum.

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