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L'origine de Monnayage


Monnayage, l'art de fabriquer la monnaie. On disait autrefois monélage.


Le monnayage dans l'antiquité

Les Grecs employèrent le monnayage bien avant le temps où ils commencèrent à frapper des monnaies : si l'on s'en rapporte à plusieurs de leurs plus savants écrivains, il en exista chez eux dès le règne d'Erichtonius ; Janus en porta l'usage de Grèce en Italie ; et, selon Plutarque, Thésée en fît fabriquer dans Athènes avec l'empreinte d'un bœuf.
Quelles que fussent les formes, la matière et la valeur de ces premières monnaies, antérieures même à la guerre de Troie, leur métal, réduit en fusion, fut nécessairement jeté dans les moules, où il prit la marque qu'on voulut lui donner ; cette méthode était la seule dont on pût se servir avant le temps où, pour imprimer ces marques, on se servit du moyen de la pression. La pratique n'en fut connue dans la Grèce qu'au temps de Phidon, tyran d'Argos, 364 ans après l'époque dans laquelle Thésée, suivant le marbre d'Arundel, rassembla dans Athènes les peuples de l'Attique.
Les figures empreintes sur les monnaies antérieures à Phidon d'Argos supposent l'usage du moule, comme celles des monnaies frappées de son temps supposent l'usage de la gravure.


L'invention du monnayage au moulin

L'art de graver les coins et de frapper les monnaies a été dans un état déplorable par toute l'Europe, si l'on en excepte l'Italie, jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Il fallait, pour avoir des succès dans cet art, où nous avons surpassé les anciens, du moins pour l'exécution, prendre les Grecs pour modèles, comme les Romains l'avaient fait autrefois.
Avant le règne de Henri II, dit Millin dans son Dictionnaire des beaux-arts, on s'était toujours servi du marteau pour fabriquer les monnaies en France, et ce fut ce prince qui, en 1550, selon Du Cange, ou au plus tard en 1553, en fit façonner au moulin. Les historiens varient beaucoup sur l'inventeur de cette machine : les uns l'attribuent à un graveur du XVIe siècle, nommé Antoine Brulier, et disent qu'Aubry Olivier en fut seulement le gardien ou le conducteur ; les autres donnent l'honneur de cette découverte à Briot ou Varin, fameux graveurs, qui les premiers fondirent des pièces d'or et d'argent ; d'autres, au contraire, prétendent que le monnayage au moulin nous est venu d'Allemagne, et que, d'après la description de Freherus, Briot et Varin firent établir au Louvre, vers 1638, un moulin tout semblable. Quoi qu'il en soit, Henri III rétablit en 1585 le monnayage au marteau, et la fabrication au moulin ne servit plus que pour les médailles, les jetons et les pièces de plaisir. Sous Louis XIII, on employa alternativement l'une et l'autre manière ; mais son successeur fit reprendre le moulin et le balancier. On a continué par la suite à se servir du moulin dans tous les hôtels des monnaies de France.


Les balancier et autres machines monétaires depuis le XVIIIe siècle

M. Droz a perfectionné à Paris et à Londres, au XVIIIe siècle, le balancier, le coupoir et les laminoirs ; il a tenté de frapper en même temps sur la tranche et sur le plat, au moyen d'une virole brisée. Il est arrivé à une assez grande perfection ; mais ses moyens n'étaient pas assez courants, assez manufacturiers pour être admis dans une fabrication en grand.
En 1803, on commença à avoir en France un monnayage qui laissa très peu à désirer. Il y eut un concours, et ce furent les machines de M. Ph. Gengembre, depuis inspecteur général des monnaies, qui furent adoptées pour cette fabrication. Elles l'ont été depuis en Italie, en Allemagne, et même en partie en Angleterre.
Les premiers balanciers et autres machines monétaires ont été établis depuis l'an XIII (1804) et suivants en Italie, notamment à Turin, à Gênes, Rome, Naples, Milan, etc., et ensuite à Cassel en Westphalie.
M. Gengembre a envoyé à Naples, en 1817, un second gros balancier et diverses autres machines. A la fin de la même année, il a envoyé à Dusseldorf deux gros balanciers pour monter la fabrication des coins et le monnayage sur le même système. Enfin, en 1818, il a posé lui-même un de ses balanciers dans la monnaie de Londres, avec une machine à ajuster.

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