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L'origine de Mont-faucon



L'étymologie du gibet de Mont-faucon

C'est, dit Hurtaut (Dictionnaire historique de la ville de Paris, 1779), une éminence située au-delà du faubourg Saint-Martin et de celui du Temple. Son premier nom était gibet, mot corrompu de celui de gebel, qui, en arabe, signifie une montagne, et dont les Italiens et les Espagnols ont fait gibel. Les Français l'ont encore corrompu, tant pour la prononciation que pour la signification, car ils ont dit gibet pour signifier milieu patibulaire, parce qu'anciennement les exécutions se faisaient sur des lieux élevés, afin que l'exemple fût vu de plus loin, et que la terreur du supplice détournât du crime ceux qui avaient du penchant à le commettre.
Cette petite montagne a, selon toute apparence, pris le nom qu'elle porte depuis longtemps, d'un seigneur nommé Falco ou Faucon, qui en était propriétaire, ainsi que des terres des environs.


L'agencement du gibet de Mont-faucon

L'opinion commune est que ce fut Pierre de la Brosse, favori de Philippe le-Hardi et son chambellan, qui fit bâtir ce gibet ; d'autres disent que ce fut Enguérand de Marigny. Corrozet prétend que ce fut Pierre Rémi.
Quoi qu'il en soit, on y voyait encore, du temps de la Ligue, une masse de pierres, accompagnée de seize piliers, où conduisait une rampe, aussi de pierres, assez large, et qui se fermait avec une bonne porte. Cette masse était un parallélogramme haut de deux à trois toises, long de six à sept, large de cinq ou six, et composé de dix ou douze assises de gros quartiers de pierre, bien liés et bien cimentés. Les piliers étaient gros, carrés, et chacun de trente-deux ou trente-trois pieds de hauteur. Pour joindre ensemble ces piliers, et pour y attacher les corps des suppliciés, on avait enclavé dans leurs chaperons deux gros liens de bois qui traversaient de l'un à l'autre, et avaient des chaînes de fer d'espace en espace.
Au milieu était une cave pour recevoir les corps des suppliciés, lorsqu'ils tombaient en pièces, ou que toutes les chaînes et les places étaient remplies. Présentement, ajoute Hurtaut, la cave est comblée, la porte de la rampe est rompue, et les marches de la rampe sont brisées. Quant aux piliers, à peine en restait-il sur pied deux ou trois, il y a quelques années, et depuis ils ont été entièrement détruits. Certaines considérations déterminèrent à transférer ce gibet à quelque distance de là, où l'on avait élevé quatre piliers de forme carrée, dans lesquels on avait enclavé des liens de bois.
Enfin les progrès de la civilisation ont fait disparaître, avant la fin du XVIIIe siècle, ces fourches patibulaires où l'on offrait aux regards du peuple les corps fétides et décharnés des malheureux qu'avait frappés le glaive de la justice.

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