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L'origine de Mortier



Une espèce de ciment

Mortier, du latin mortarium, qui, selon Vitruve, signifie plutôt le bassin où on le fait que le mortier même. C'est l'union de la chaux avec le sable, le ciment ou autre poudre. On prétend que les anciens faisaient entrer dans la composition de leur mortier les pierres les plus dures, et même des fragments de marbre : ce qu'il y a de certain, c'est que parmi les monuments qu'ils nous ont laissés, il y en a quelques uns où il est impossible de séparer les pierres du mortier.
La liaison des pierres, dit Millin, qu'on obtient aujourd'hui par un mortier, se faisait avec quelque différence chez les anciens ; et les ruines mêmes des édifices étrusques, grecs et romains, nous apprennent qu'ils n'employaient pas toujours le mortier pour les murs construits de grandes pierres de taille. Les Grecs, ajoute-t-il, savaient rendre la surface des pierres tellement unie, qu'on ne remarquait presque point les jointures.
Quelquefois on les fixait an moyen de chevilles de bois ou de crampons de métal en queue d'aronde, ainsi qu'on l'a observé dans un temple de l'Attique et dans les temples d'Agrigente. A l'amphithéâtre de Vérone et au Cotisée de Rome, les pierres de taille sont fixées au moyen de crampons de fer, et sans mortier. Il est cependant possible que, dans ces constructions, on ait employé un mortier si délié, que dans la suite des temps il fit corps avec les pierres dont il avait acquis la dureté.
Un grand réservoir bâti à Sparte, en cailloux, atteste encore que le mortier employé par les Grecs était extrêmement solide. Le procédé suivi par les Romains, pour l'usage de la confection du mortier, est à peu près le même que le nôtre. Ils y faisaient entrer le sable.


Une pièce d'artillerie

Cette pièce d'artillerie, dont M. Blondel fait remonter l'origine à celle des canons, ne servit d'abord qu'à jeter des pierres et des boulets rouges. En 1634, la France commença à faire usage du mortier dont les Turcs firent l'emploi au siège de Rhodes dès 1522. Mais l'évêque de Munster est le premier qui ait multiplié l'usage des mortiers, en 1672, au siège de Grol, où M. de Luxembourg commandait son armée et celle de l'électeur de Cologne. Pour charger cette bouche à feu on la place sur ses tourillons et sa culasse, et presque toujours elle est pointue sous un angle très ouvert. Les mortiers sont de trois calibres différents : de douze pouces, de dix pouces une ligne six points, et de huit pouces trois lignes. Ceux du diamètre de douze pouces avant été reconnus trop pesants, et d'un tir peu certain, ont été remplacés par ceux de dix pouces à grandes portées, qui produisent tous les effets désirables dans l'attaque ou la défense des places.
Les mortiers à semelle servent pour la défense des côtes ; mais ils présentent un inconvénient assez grave, celui de varier la charge pour obtenir des portées suivant le plus ou moins grand éloignement des vaisseaux sur lesquels on tire.
Le mortier à bilboquet a été proposé pour l'épreuve des poudres de guerre, mais n'a point été admis ; on a préféré celui qu'on désigna par la suite sous le nom de mortier éprouvette.
Le mortier à perdreaux, de huit pouces de calibre, est environné de treize petits mortiers pouvant lancer chacun une grenade. Les alliés, dans la guerre de 1701, ont fait un grand usage de cette bouche à feu, imaginée vers la fin du XVIe siècle par Pétri Florentino.


Une espèce de bonnet

Sorte de bonnet qui anciennement était l'habillement de tête commun, et qui est devenu une marque de dignité. Les empereurs de Constantinople portaient le mortier en guise de couronne. Justinien est représenté avec un mortier enrichi de deux rangs de perles. Nos rois de la première race imitèrent les empereurs ; et cette espèce de diadème passa dans la seconde et dans la troisième race. Saint Louis paraît avec cet ornement aux vitres de la Sainte-Chapelle de Paris.
Avant la révolution, le mortier était une marque de dignité que portaient les présidents et le grenier en chef du parlement. Le mortier du chancelier était de drap d'or, bordé et rebrassé d'hermine ; celui du premier président était de velours noir, bordé de deux galons d'or, l'un en haut, et l'autre en bas. Celui des présidents à mortier n'avait qu'un seul galon. Ils le portaient en cimier sur leurs armes. Les barons le portaient encore sur l'écusson de leurs armes, garni d'un filet de perles.

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