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L'origine de Moulin



Utilisé depuis la plus haute antiquité

La réduction du blé en farine, dit Peuchet dans son Dictionnaire universel de géographie commerçante, s'était d'abord faite avec des pilons dans des mortiers, avant l'usage du moulin à bras, qui paraît être de la plus haute antiquité.
Moïse, en parlant des plaies d'Egypte, fait dire à Dieu : « Je sortirai sur le minuit, je parcourrai l'Égypte, et tous les premiers-nés mourront dans les terres des Égyptiens, depuis le premier-né de Pharaon qui est assis sur son trône, jusqu'au premier-né de la servante qui tourne la meule du moulin. » Et dans un autre endroit : « Vous ne recevrez point pour gages la meule de dessus, ou celle de dessous du moulin, parce que celui qui vous l'offre vous engage sa vie. »


Dans l'antiquité gréco-romaine

L'usage de ces moulins portatifs passa ensuite aux Grecs. Homère en parle dans l'Odyssée. Les historiens nous apprennent que ce fut Miletas, successeur de Lelex son père, premier roi de Lacédémone, qui communiqua cette découverte à ses sujets. Ils ajoutent que c'est du nom de ce prince que les pierres à moulin ont été nommées mule, dont les latins ont fait ensuite le nom de mola, d'où vient le mot meule.
Quoiqu'en Grèce et en Asie on fit usage du moulin, les Romains continuèrent long temps encore à piler le blé ; et ce ne fut qu'après leurs conquêtes, en Asie, qu'ils s'en servirent, à l'imitation des peuples qu'ils avaient vaincus. Ils employèrent à ce travail les esclaves et ceux qui y étaient condamnés pour cause de délits de police. Ensuite, ayant augmenté les meules, et les forces des hommes ne suffisant plus à les faire mouvoir, ils y adaptèrent des chevaux et des unes.


La découverte du moulin à eau

L'expérience des moulins qui étaient tournés par des animaux ayant fait connaître combien ils rendaient plus de farine, et en moins de temps que les moulins à bras, on jugea qu'une force qui serait supérieure à celle-là ajouterait à cette machine un nouveau degré de perfection et de commodité ; ainsi l'on parvint, par ces différents degrés de connaissance, à y employer la force de l'eau.
L'époque de la découverte des moulins à eau n'est cependant pas farile à établir. Sans avoir une origine bien reculée, ils ne sont pas aussi modernes que plusieurs l'ont cru. On conjecture qu'ils furent inventés dans l'Asie-Mineure, et que les Romains ne s'en servirent qu'à leur retour de cette contrée. Il est certain qu'ils étaient connus du temps d'Auguste, puisque Vitruve en donne la description dans son Traité d'architecture. Cependant Pline, qui écrivait plus de soixante ans après Vitruve, n'en parle que comme d'une machine remarquable, dont l'usage n'était point commun, et qui n'empêchait point qu'on se servit de moulins à bras.
Ces machines étaient encore les seules en usage plus de trois siècles après le règne d'Auguste ; au moins ne voit-on pas que les moulins à eau fussent destinés au service public, s'il y en avait à celui des particuliers ou dans quelques maisons de campagne. Ce ne fut que sous le règne d'Honorius et d'Arcadius que l'usage des moulins à eau fut pratiqué à Rome ; ils ne furent d'abord construits que sur des ruisseaux ou sur les canaux et aqueducs des fontaines. L'art n'était pas assez perfectionné pour qu'on risquât de les placer au cours de l'eau des fleuves ou des grandes rivières.


Le perfectionnement du moulin à eau

Lorsque la ville de Rome fut assiégée par Vitigès, roi des Goths, comme les moulins à eau étaient dans la campagne de Rome et au-delà du camp des ennemis, Bélisaire, qui commandait dans Rome pour Justinicn, fit promptement construire au pied du Janicule des moulins qui tournaient par la chute des eaux de la décharge des fontaines. Ce secours n'ayant point suffi à la consommation de la ville, le général hasarda d'en faire construire sur le Tibre, dans des bateaux, au milieu du courant. Ces moulins, imaginés par Délisaire, sont les premiers que l'on connaisse de cette espèce.
De l'Italie, ils ont passé en France dès le commencement de la monarchie, car la loi salique en fait mention, puis dans le reste de l'Europe ; et ils ont acquis successivement le degré de perfection que nous leur connaissons aujourd'hui.


L'invention du moulin à vent

L'expérience que l'on avait faite de la force de l'eau, dit encore Peuchet, fit inventer, dans la suite, les moulins à vent. Il n'y en avait point à Rome du temps de Vitruve, car cet auteur n'aurait point passé sous silence une machine aussi utile. Les moulins à vent viennent donc d'ailleurs. On prétend, et c'est aussi l'opinion du savant abbé Grégoire, qu'ils tirent leur origine des pays orientaux, et que l'usage en fut apporté en France et en Angleterre, au retour des croisades, vers l'an 1040.
L'acte le plus ancien dans lequel il soit fait mention des moulins à vent est un diplôme qui date de 1105, dans lequel on permet à une communauté religieuse en France d'établir un moulin à vent (molendinam ad ventum).


Le moulin à scie

Ausonius parle de plusieurs moulins à scie, construits sur la Roer, dans le IVe siècle, pour couper le marbre. La première scie de ce genre, pour couper le bois, dont l'histoire fasse mention, était à Augsbourg, en 1322. Cependant il paraît naturel de croire que ces machines ont été employées pour couper le bois, avant de l'être à couper la pierre.


Le moulin à marches ou de discipline (stepping-mill)

La découverte de cette machine, employée depuis le XIXe siècle dans les prisons d'Angleterre, est due à un Anglais, M. William Cubit, qui la fit essayer pour la première fois, en 1818, dans la prison de Bury. La machine dont on se sert est composée d'une ou plusieurs roues cylindriques d'environ cinq pieds de diamètre, portant des marches en bois, sur toute leur largeur, qui est de vingt à vingt-cinq pieds.
Les prisonniers, placés sur une même ligne, les uns à côté des autres, de niveau avec l'essieu, montent lentement ces marches ; et leur poids fait tourner les roues, qui elles-mêmes, à l'aide d'alluchons, mettent tout le mécanisme en mouvement. Une rampe à hauteur d'appui, que les prisonniers tiennent avec leurs mains, leur sert à maintenir leur corps dans une position verticale.


Le moulin à poudre

On appelle ainsi l'atelier où se fait le mélange des trois matières qui entrent dans la composition de la poudre à canon. Cette opération s'exécute dans les mortiers creusés dans l'épaisseur d'une forte pièce de bois de chêne ou de frêne, appelée pile, à l'aide de pilons, mus par un courant d'eau, et dont l'extrémité est garnie d'une boîte piriforme en bronze.
On plaçait ordinairement les établissements de ce genre sur une rivière dont le cours d'eau est peu variable, pour éviter les chômages, et non loin d'une grande route, pour faciliter les approvisionnements et les évacuations des poudres confectionnées.

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