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L'origine de Musique



Depuis la nuit des temps

On suppose communément, dit J.-J. Rousseau, que le mot musique vient de musa, parce qu'on croit que les Muses ont inventé cet art ; mais Kircher, d'après Diodore, fait venir ce nom d'un mot égyptien, prétendant que c'est en Égypte que la musique a commencé à se rétablir après le déluge, et qu'on en reçut la première idée du son que rendaient les roseaux qui croissent sur les bords du Nil, quand le vent soufflait dans leurs tuyaux.
On ne peut douter que l'invention du chant et de la musique instrumentale ne remonte aux siècles les plus reculés. Du temps de Laban, l'usage était déjà établi de reconduire les étrangers avec des chants d'allégresse et au son des instruments ; mais ce qu'on doit particulièrement remarquer, c'est que les chansons sont de tous les pays et de tous les siècles. Les nations les plus barbares et les plus grossières ont quelque idée du chant : chez tous les peuples connus, des espèces de poèmes qu'on chantait ont servi originairement à conserver la tradition historique de tous les grands événements.


Les premières règles de la musique établies par Pythagore

Suivant Dutens (Origine des découvertes attribuées aux modernes), ce fut Pythagore qui donna le premier des règles certaines et fondamentales à la musique, qu'il détermina par l'effet d'une sagacité admirable. Frappé de la différence des sons que rendaient les marteaux d'un forgeron, qui s'accordaient aux intervalles de quarte, de quinte, et d'octave, il conclut que cela venait de la différence de poids des marteaux, qu'il pesa pour s'en mieux éclaircir ; et il vit que la supposition était juste. Là-dessus il tendit des cordes de longueurs égales, par des poids, dans les proportions du poids de ces marteaux, et il trouva qu'elles rendaient des sons dans les mêmes intervalles que ceux des marteaux de poids différents.
D'autres veulent qu'il s'y soit prit d'une autre manière, et qu'il ait tendu par un même poids des cordes de longueurs différentes. Quoi qu'il en soit, ce fut sur ce principe que Pythagore imagina le monocorde, instrument composé d'une seule corde, et propre à déterminer facilement les divers rapports des sons.


La musique dans la Grèce antique

Les Grecs regardaient généralement la musique comme un don immédiat des dieux, et comme aussi ancienne que la race humaine ; ils croyaient en être redevables, soit à Hermès, soit à Apollon, ou bien à Zeus. Hérodote attribue la première introduction de la musique en Grèce à Cadmus et à ses compagnons les Curètes ou les Dactyles Idéens.
Jamais peuples n'ont mis cet art à un plus haut degré d'honneur que les Grecs, et ne l'ont cultivé avec plus de soin ; ils le faisaient servir à chanter les louanges des dieux et à célébrer les actions des héros : nulle fête, nul sacrifice, nul jeu public, nulle pompe funèbre, sans que la musique n'eu vint relever l'éclat, et inspirer aux spectateurs des sentiments analogues à la solennité. Si l'on en croit Homère, dans les temps héroïques, le poète, le compositeur et l'exécutant étaient presque toujours réunis dans la même personne. Il en était de même des anciens bardes parmi les Celtes, et des troubadours dans le moyen âge.


La musique dans la Rome antique

Ce fut des Grecs que les Romains reçurent leur musique. Les Étrusques, il est vrai, avaient une musique avant la fondation de Rome ; mais elle était très bornée ; et jusqu'à l'arrivée d'Évaudre, on ne connaissait guère en Italie que les pipeaux des bergers, et même, dans la suite, la musique des Romains était si peu de chose par elle-même, que Vitruve fut obligé, pour expliquer le système d'Aristoxène, d'adopter tous les termes de la langue grecque.
On ignore s'ils eurent des compositeurs fameux ; ni leurs noms ni leurs ouvrages ne sont venus jusqu'à nous. On sait seulement qu'ils aimaient beaucoup les chansons, et qu'ils chantaient presque toutes les poésies. Il paraît à peu près certain que plusieurs odes d'Horace ont été parodiées sur des airs grecs ; on prétend même qu'il nous en reste quelques uns dont on se sert encore pour nos hymnes ; entre autres un qui a été fait du temps de Sapho, et sur lequel on chante l'hymne Ut queant laxis, qui a été faite dans les premiers siècles de l'Eglise.


La musique dans les Gaules

Les bardes avaient établi dans les Gaules une musique analogue, sans doute, à leur culte barbare. Cependant elle était assujettie à des règles et avait des écoles ; elle s'enfuit avec eux à l'approche des Romains. Transmis aux Gaulois, les arts de Rome se virent bientôt étouffés par les peuples du Nord ; mais la musique, réfugiée au pied des autels, y conserva, quoique défigurée, un pouvoir proportionné à celui de l'Eglise. On la voit ensuite inspirer les troubadours, les ménestrels, les romanciers, se perfectionner avec les autres arts, et atteindre enfin le siècle où nous vivons.


Les différentes écoles en Europe

Quoique toutes les nations de l'Europe, auxquelles est commun notre système de musique, aient chacune un goût, des habitudes, des nuances de principes qui leur sont propres, et que, en ce sens, chacune d'elles ait une école particulière, néanmoins on ne peut, relativement à l'art en général, considérer comme ayant une école que celles qui ont contribué d'une manière sensible aux progrès de cet art. C'est encore en ce sens qu'il n'y avait réellement en Europe que trois écoles : l'école italienne, l'école allemande, l'école française et leurs dépendances.
Nous voyons, par l'histoire, que, depuis le XIIe siècle et dès les chants des troubadours, jusque vers la fin du XVIe, les progrès les plus importants de la musique sont dus aux Français et aux Franco-Flamands. Leur école, que les guerres et troubles de la fin du XVIe siècle détruisirent en partie, n'en a pas moins été la tige de toutes celles qui existent aujourd'hui en Europe.

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