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L'origine de Opobalsamum


Cette résine qu'on appelle baume de la Mecque, de Judée, d'Égypte ou du Grand-Caire, si célèbre et si chère chez les anciens, ne l'est pas moins aujourd'hui ; mais son origine est plus connue. On l'emploie comme vulnéraire pour des plaies ou des déchirements intérieurs. Elle découle d'un arbuste appelé amyris opobalsamum.


La culture du balsamum depuis l'antiquité

Vers le milieu du XVIIIe siècle cet arbuste fut découvert dans l'Arabie heureuse par Forskahl. Théophraste, qui vivait au IIIe siècle avant l'ère vulgaire, dit que jamais on n'avait trouvé sauvage le balsamum ; qu'il n'était cultivé que dans deux jardins situés en Syrie, dont l'un avait 37,826 ares, et l'autre était plus petit. Le grand jardin fournissait 16,3 litres de cette précieuse résine, et l'autre seulement 2,7 litres. La véritable se vendait poids pour poids contre de l'argent.
Pline l'ancien avait vu le balsamum porté en triomphe à Rome. Voici la manière dont Pline s'explique sur cet arbre précieux : « De tous les aromates celui qui est le plus recherché est le baume que la Judée a seule le bonheur de produire. Il y venait dans deux jardins qui appartenaient au roi. Vespasien et son fils portèrent cet arbuste en triomphe dans Rome. Le baumier est aujourd'hui esclave, ainsi que la nation qui le cultive ; et l'un et l'autre nous paient des tributs... Les Juifs, en s'immolant eux-mêmes sur les ruines de leur pays, n'ont pas épargné le baumier ; mais les Romains l'ont soustrait à leur rage, après avoir combattu pour un arbuste. Le fisc de Rome le multiplie journellement ; aussi n'a-t-il jamais été plus abondant, ni en meilleur état. Il s'élève jusqu'à deux coudées. Il se vend en argent le double de son poids. »
M. Mongez fait remarquer, dans le récit de Pline, que les deux jardins de Judée qui produisaient le baume avaient de son temps la même étendue que trois siècles avant, c'est-à-dire au temps où Théophraste écrivait. Mais leur produit avait beaucoup diminué ; car, au siècle où écrivait l'auteur grec, on l'évaluait à 19 litres, tandis que sous Titus il se trouve réduit à 11,4 litres. Cette diminution de quantité, jointe à la prodigalité excessive des Romains, explique pourquoi le prix du baume était augmenté au point de valoir en argent le double de son poids, c'est-à-dire une fois plus cher que du temps de Théophraste.


La production des baumiers au XVIe siècle

En 1598, ce baume se vendait en or le double de son poids, suivant De Lobel. Si l'on calculait uniquement d'après l'augmentation extraordinaire du prix, et si l'on mettait en vente tout le produit des baumiers, il faudrait en conclure que le produit annuel des baumiers de la Mecque était borné à 3,2 litres. Mais on sait que le grand-seigneur le prenait tout entier, qu'il en faisait usage pour lui et pour ses femmes, et qu'il en donnait quelquefois en présent aux têtes couronnées. On peut donc porter, par aperçu, le produit annuel de 11 ou 12 litres ; ce qui est une quantité moindre encore de la moitié que celle que l'on récoltait en Judée dans le siècle de Pline.

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