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L'origine de Or


Peu de temps après le déluge, les hommes, ainsi que nous l'apprend l'histoire ancienne, avaient déjà trouvé non seulement le secret de jeter l'or en fonte et d'en faire des figures, des ornements et des vases, mais même l'art de le battre et de dorer par des couches légères le bois et les autres matières, comme aussi celui de filer ce métal et de le faire entrer dans le tissu des étoffes.


L'alliage de l'or avec d'autres métaux

Ce n'est qu'au XVIIIe siècle qu'on a imaginé de changer les proportions de l'alliage, pour donner à l'or différentes nuances, et d'appliquer des fleurs et des ornements faits avec ces ors diversement colorés, ce qui produit une variété agréable à l'œil, mais aux dépens de la valeur intrinsèque du métal, qui est sacrifiée à la beauté de l'ouvrage. L'or vert se fait par le mélange de beaucoup d'argent avec l'or ; l'or rouge en l'alliant avec beaucoup de cuivre, et l'or blanc en y mettant une grande quantité de fer.


L'or en médecine

Les Grecs ne connaissaient pas l'usage de l'or en médecine. Les Arabes sont les premiers qui l'aient mêlé, réduit en feuilles, dans leurs compositions, et qui en aient recommandé la vertu. Au XIXe siècle, M. Chrestien, professeur à la faculté de médecine de Montpellier, a découvert, pour la guérison des maladies vénériennes et lymphatiques, un nouveau remède qui a l'or pour base, et dont les effets ne sont accompagnés d'aucun des accidents que font souvent naître les compositions mercurielles.


L'or fulminant

L'or fulminant est une préparation chimique dont les effets sont plus considérables que ceux de la poudre à canon. On trouve, dans la Collection académique, partie française, une notice d'expériences faites par M. Sage avec l'or fulminant.


L'âge d'or

Les poètes ont distingué quatre âges du monde, relativement aux mœurs et à la civilisation ; savoir, l'âge d'or, l'âge d'argent, l'âge d'airain, et l'âge de fer. « Cette division, dit M. Tissot (Traduction des Bucoliques), est toute philosophique, puisqu'elle présente ce sens si vrai,que l'innocence des mœurs et la modération rendent les hommes heureux, tandis que la corruption et les désirs effrénés qu'elle enfante sont les auteurs de toutes nos calamités. »
L'âge d'or : c'est ainsi qu'on nomme le temps où Saturne régnait aux cieux. Les hommes vivaient alors dans l'innocence ; la terre produisait d'elle-même, sans avoir besoin de culture, et des fleuves de lait et de miel coulaient de toutes parts. Nous ne craignons point d'ennuyer le lecteur en lui offrant une description aimable de ce temps qu'on ne trouve que dans la fable.

L'âge d'or, âge heureux du monde eu son enfance,
Sans règle et par instinct observa l'innocence ;
Et sans que le pouvoir des consuls et des rois
Eût gravé sur l'airain la menace des lois,
Sans que le châtiment servît de frein au vice,
Par amour du devoir on suivait la justice.
De crainte et de respect un jupe environné
N'effrayait point le crime a ses pieds prosterné.
L'homme, simple en ses raseurs, simple dans sa droiture,
Pour juge avait son cœur, et pour loi la nature.
Le pin, qui, de set monts descendu sur les mers,
Court voyager au loin dans un autre univers,
Se plairait à vieillir au lieu qui le vit naître.
Chacun bornait le monde à son vallon champêtre.
On n'avait point forgé les cirques ni les dards,
Ni les fossés profonds entourés de remparts ;
La trompette aux combats n'appelait point encore,
Ni du clairon guerrier l'airain courbe et sonore ;
Et ce siècle innocent, sans guerre et sans procès,
Goûtait les doux loisirs d'une éternelle paix.
La terre, vierge encore, fertile sans culture,
Du roc qui la déchire ignorait la blessure.
Heureux de ses présents, nés sans soins, sans apprêts,
L'homme sur les buissons cueillait ses plus doux mets,
Les fruits de l'arbousier, la fraise montagneuse,
Et la mûre attachée à la ronce épineuse ;
Des glands tombés du chêne il se nourrît longtemps.
Ce fut le règne heureux d'un éternel printemps.
Les zéphyrs échauffaient de leurs tièdes haleines
Mille fleurs sans semence écloses dans les plaines ;
L'épi, sans laboureur, jaunissait les guéries ;
Des sources d'un lait pur, des sources d'un vin frais
Serpentaient en ruisseaux, jaillissaient en fontaines,
Et le miel distillait de [i]l'écorce des chênes.

(Ovide, Métamorphoses)

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