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L'origine de Orfèvrerie



Un art antique

On voit, par les écrits de Moïse et d'Homère, que l'art de travailler l'or et l'argent était établi en Asie et en Egypte dès les temps les plus reculés. Eliézer offrit à Rebecca des vases et des pendants d'oreilles d'or et d'argent. Il paraît même que dès lors ces sortes de bijoux étaient assez communs chez quelques peuples de l'Asie. Moïse dit que Jacob engagea les personnes de sa suite à se défaire de leur pendants d'oreilles.
Judo donna en gage à Thamar son bracelet et sou anneau. Pharaon, en élevant Joseph à la dignité de premier ministre, lui remit son anneau et le fit décorer d'un collier d'or. On sait enfin que ce patriarche se servait d'une coupe d'argent.
Homère fait mention, dans l'Odyssée de plusieurs présents que Ménélas avait reçus en Egypte, et ils consistent en différents ouvrages d'orfèvrerie dont le goût et le travail supposent assez d'adresse et d'intelligence. Le roi de Thèbes donne à Ménélas deux grandes cuves d'argent, et deux beaux trépieds d'or. Alcandre, épouse de ce monarque fait présent à Hélène d'une quenouille d'or et d'une magnifique corbeille d'argent, dont les bords étaient d'un or très fin et bien travaillé.
Cette union, ce mélange d'or et d'argent sont dignes de remarque. L'art de souder les métaux dépend d'un assez grand nombre de connaissances. On peut aussi attribuer aux progrès que l'art de travailler les métaux avait faits en Egypte, cette grande quantité de bijoux dont les Hébreux étaient pourvus dans le désert. Il est dit qu'ils offrirent pour la fabrique des ouvrages destinés au culte, leurs pendants d'oreilles, leurs bagues, leurs agrafes, sans compter les vases d'or et d'argent.


Des exemples d'orfèvrerie

A l'égard de l'Asie et de la Grèce, l'orfèvrerie y fut aussi cultivée que dans l'Egypte. La plupart des ouvrages vantés par Homère venaient de l'Asie. Hérodote fait de grands éloges de la richesse et de la magnificence du trône sur lequel Midas rendait la justice. Ce prince en avait fait présent au temple de Delphes. Les armes de Glaucus et de plusieurs autres chefs de l'armée troyenne étaient d'or ; le bouclier d'Hector était également d'or.
Quant au bouclier d'Achille, « Je ne vois, dit Goguet, aucun fait dans l'histoire ancienne qui puisse servir autant que ce bouclier à faire connaître l'état et les progrès des arts. Sans parler de la richesse et de la variété de dessin qui règnent dans cet ouvrage, on doit remarquer d'abord l'alliage des différents métaux qu'Homère avait fait entrer dans la composition de son bouclier. Le cuivre, l'étain, l'or et l'argent y sont employés. Observons ensuite que dès lors on connaissait l'art de rendre, par l'impression du feu sur les métaux, et par leur mélange, la couleur des différents objets. Ajoutons-y la gravure et la ciselure, et l'on conviendra que le bouclier d'Achille forme un ouvrage très compliqué. Une pareille composition ne permet pas de douter qu'au temps de la guerre de Troie l'orfèvrerie ne fut parvenue à un grand degré de perfection chez les peuples de l'Asie ; car c'est toujours dans ces contrées qu'Homère place le siège des arts et des fameux artistes. »


L'introduction de l'orfèvrerie en Europe

De l'Asie, l'art de travailler l'or et l'argent a passé en Europe et l'on a des preuves multipliées du degré auquel il fut porté chez tes Romains et les peuples qui leur ont succédé. L'histoire nous a conservé, entre autres artistes qui se sont distingués dans l'orfèvrerie à Rome, le nom de Praxitèle qui vivait du temps de Pompée, et qu'il ne faut pas confondre avec le sculpteur athénien.
On voit que dans le Bas-Empire, l'orfèvrerie produisait encore des ouvrages considérables en ce genre, quoique alors le mauvais goût dans les formes commençât à remplacer les dessins gracieux et naturels des anciens. Anastase rapporte que Constantin fit présent à la basilique de Latran de diverses pièces d'orfèvrerie de dix-sept marcs d'or, et de vingt-neuf mille cinq cents marcs d'argent.


Le perfectionnement de l'orfèvrerie

La stagnation du commerce et le dépérissement des arts, pendant tout le moyen âge, ont dû influer sur l'orfèvrerie comme sur le reste. Cependant on remarque dans les différents siècles de cette époque des châsses, des vases, et autres ustensiles d'église d'un travail assez délicat, mais d'un goût gothique et d'un mauvais dessin. La découverte de l'Amérique, en augmentant prodigieusement la quantité des matières d'or et d'argent, devint un nouvel aliment pour les arts ; le goût du luxe que les richesses firent naître donna une nouvelle vie à l'orfèvrerie.
Mais ce ne fut guère que vers le milieu du XVIIe siècle qu'elle se perfectionna. La France produisit alors les Germain et les Ballin, qui furent remplacés par des artistes célèbres, et, notamment par Auguste, qui a exécuté le beau service de vermeil fait à l'occasion du sacre de Napoléon Bonaparte ; en sorte que depuis le XVIIe siècle l'orfèvrerie de Paris conserva la supériorité sur celle de tous les autres pays.

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