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L'origine de Orient



L'empire d'Orient

On a donné ce nom à l'empire romain, depuis que Constantin en eut transporté le trône à Byzance ou Constantinople. Alors on vit Rome passer presque entièrement en Orient. Les grands y menèrent leurs esclaves, c'est-à-dire presque tout le peuple, et l'Italie fut privée de ses habitants. Par cette division du sceptre, les richesses allèrent à Constantinople, et l'empire d'Occident se trouva ruiné. Toutes les nations y firent des invasions consécutives ; il alla de degré en degré, de la décadence à la chute, jusqu'à ce qu'il s'affaissa tout-à-coup sous Arcadius et Honorius.
Par la valeur de Bélissaire, Justinien reconquit à la vérité l'Afrique et l'Italie ; mais à peine furent-elles subjuguées qu'il fallut les perdre : d'ailleurs Justinien désola ses sujets par des impôts excessifs, et finalement par un zèle aveugle sur les matières de religion. Animé de cette fureur, il dépeupla son pays, rendit incultes les provinces, et crut avoir augmenté le nombre des fidèles, lorsqu'il n'avait diminué que celui des hommes. Par la seule destruction des Samaritains la Palestine devint déserte, et, par zèle pour la religion, il affaiblit justement rempile du côté par où, quelques règnes après, les Arabes pénétrèrent pour le détruire.


La dégradation de l'empire

Les malheurs de l'empire croissant de jour eu jour, on fut naturellement porté à attribuer le mauvais succès dans la guerre, et tes traités honteux dans la paix, à la conduite de ceux qui gouvernaient. Les révolutions firent des révolutions, et l'effet devint lui-même la cause. Comme les Grecs avaient vu passer successivement tant de diverses familles sur le trône, ils n'étaient attachés à aucune. Phocas, dans la confusion, était mal affermi ; Héraclius vint d'Afrique, et le fit mourir ; mais il trouva les provinces envahies et les légions détruites.


La conquête des arabes

A peine avait-il donné quelque remède à ces maux que les Arabes sortirent de leur pays pour étendre la religion et l'empire que Mahomet avait fondés. Apôtres conquérants, comme avait été leur chef, animés d'un zèle ambitieux pour leur doctrine, endurcis aux fatigues de la guerre, sobres par habitude, par superstition et par politique, ils produisaient, sous l'étendard de leur prophète, des troupes enthousiastes, avides de carnage et de butin, contre des peuples mal gouvernés, amollis par le luxe, livrés à tous les vices qu'entraîne l'opulence, et depuis longtemps épuisés par les guerres continuelles de leurs souverains. Aussi, jamais progrès ne furent plus rapides que ceux des premiers successeurs de Mahomet.


La fin de l'empire d'Orient

Enfin, on vit s'élever eu 1300 une nouvelle tempête imprévue qui accabla la Grèce entière. Semblables à cette nuée que vit le prophète, qui, petite dans sa naissance, vint bientôt sa couvrir le ciel, les Turcs, méprisables en apparence dans leur origine, fondirent comme un tourbillon sur les états des empereurs grecs, passèrent le Bosphore, se rendirent maîtres de l'Asie, et poussèrent encore leurs conquêtes jusque dans les plus belles parties de l'Europe ; mais il suffit de dire ici que Mahomet II prit Constantinople en 1453, fit sa mosquée de l'église de Sainte-Sophie, et mit fin à l'empire d'Orient, qui avait duré 1123 années.

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