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L'origine de Panorama


Ce nom est composé de deux mots grecs qui signifient tout et vue, vue de la totalité, voir tout rassemblé sous un seul coup d'œil. On a donné ce nom à un vaste tableau circulaire, où l'œil du spectateur embrassant successivement tout son horizon, et ne rencontrant nulle limite, y trouve l'illusion la plus complète.


La présentation du tableau panoramique

La toile où reposent les couleurs est appliquée sur les parois d'une tour de trois cents pieds de circonférence. Au centre de cet édifice s'élève une plate-forme, entourée d'une balustrade, et destinée à recevoir le public ; la toiture, disposée en forme de cône renversé, laisse passer la lumière par une ouverture annulaire. Un parajour projette sur les spectateurs une ombre ferme, ainsi que sur les corps qui les avoisinent, tandis que la lumière, tombant d'aplomb sur la peinture, éclaire tout ce qu'elle représente, réchauffe les ciels, les arbres, les personnages, et jusques aux tons différents du septentrion, de l'orient et du midi, au moyen de l'ingénieux renversement des quatre points cardinaux dans l'intérieur du bâtiment.
La première impression qu'on éprouve en entrant dans un panorama, est celle d'une vue immense, mais confuse, et dont tous les points s'offrent à la fois sans ordre à l'œil ébloui ; mais peu à peu tous ces objets prennent leur position respective, et l'illusion devient entière.


La découverte des panoramas en France

La découverte des panoramas a été importée en France dans l'an VII (1798), par l'Américain Fulton, qui n'en est pas le premier inventeur. Elle est due à Robert Barker, natif d'Édimbourg, et peintre de portraits : ce fait est constaté par la patente ou brevet d'invention qui lui fut accorde à ce sujet le 19 juin 1787. Mais ce ne fut que quatre ans après qu'il fit, à Londres, l'ouverture du premier panorama, qui représentait une vue de cette ville. L'application la plus heureuse et le plus en grand qu'on en ait faite est due à un paysagiste français nommé Prévost.


Les œuvres de Prévost

Paris fut d'abord le premier tableau qui le fit connaître. Depuis cette époque, il en exécuta 17 autres, où l'on vit son talent se perfectionner graduellement, et arriver enfin à cette maturité, au-delà de laquelle il est difficile d'imaginer quelque chose de supérieur. Parmi ces panoramas successifs, les plus remarquables sont ceux de Rome, de Naples, d'Amsterdam, de Boulogne, de Tilsitt, de Wagram, d'Anvers, de Londres, de Jérusalem et d'Ahènes.
Toujours fidèle imitateur de la nature, c'est sur les lieux mêmes qu'il allait copier les tableaux, qu'il rendait ensuite avec une rare perfection. C'est dans l'intention de reproduire les lieux les plus célèbres de la Grèce et de l'Asie qu'il s'embarqua, en 1817, avec M. de Forbin ; et nous devons à ce voyage les deux beaux panoramas de Jérusalem et d'Athènes. Il s'occupait de la peinture de celui de Constantinople, lorsqu'une fluxion de poitrine, qu'il avait gagnée en peignant le panorama d'Athènes, l'enleva le 9 janvier 1825, à l'âge de 59 ans. Peu de peintres ont su avec autant de talent que lui rendre les différents aspects de la campagne, et reproduire sur la toile, avec une vérité aussi frappante, la nature dans tous ses détails et sous toutes ses formes. Jamais l'illusion n'avait été poussée si loin.
Ce qui distingue ses panoramas, ce sont des ciels d'une telle profondeur que le spectateur n'en peut calculer les distances ; une couleur admirable, une harmonie parfaite, une simplicité majestueuse, étaient répandues dans ses compositions et leur donnaient le caractère du vrai beau. Sa manière varie suivant les objets ou les sites qu'il représente. Ainsi le ciel de Tilsitt n'est pas celui de Jérusalem ou d'Athènes ; l'aspect nébuleux de Londres forme un contraste avec celui de Naples. Il n'est pas jusqu'à la plaine de Wagram où la fumée de l'artillerie, celle de l'incendie de plusieurs villages qui brûlent, se distinguent parfaitement des nuages qui parcourent le ciel, et des vapeurs qui indiquent le cours lointain du Danube. Jamais l'exactitude n'est sacrifiée à l'effet, et c'est par la seule vérité qu'il cherche à être piquant. Un de ses talents fut de choisir pour l'aider dans ses travaux, que leur étendue ne lui permettait pas d'exécuter seul, des artistes dont le mérite était en harmonie avec le sien. Il suffit de nommer MM. Bouton et Daguerre.

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