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L'origine de Pantomime


Pantomime, du latin pantomimus, qui se trouve dans Tacite, dans Pline le jeune et dans saint Augustin : il vient de deux mots grecs qui signifient un homme qui imite tout, parce que le pantomime exprime tout par ses gestes. Un ancien dit de l'art du pantomime : « Cet art parle la bouche fermée, et fait comprendre par des gestes ce que la langue peut à peine exprimer. »


Les pantomimes dans l'antiquité gréco-romaine

Les Grecs et les Romains avaient sur leurs théâtres des comédiens bouffons qui, par des gestes et des postures, représentaient toutes sortes d'actions, exprimaient les mœurs et les passions des hommes avec une souplesse si admirable qu'ils changeaient de visage à chaque passion, et souvent en contrefaisaient deux contraires en un même moment. D'abord ils jouaient avec les acteurs des comédies et des tragédies ; mais dans la suite ils firent un corps séparé, et s'en tinrent à représenter par gestes.
Nous apprenons de Suidas et de Zozime que l'art des pantomimes naquit à Rome, sous l'empire d'Auguste. Les deux premiers instituteurs du nouvel art furent Pylade et Bathille, dont les noms devinrent célèbres parmi les Romains. Les Grecs, comme nous l'avons dit, avaient des pantomimes qui, se mêlant aux acteurs, exprimaient, principalement dans les danses, les actions et les passions diverses ; mais il paraît que les Romains furent les premiers qui rendirent, par les seuls gestes, le sens d'une fable régulière d'une certaine étendue. Le mime ne s'était jamais fait accompagner que d'une flûte ; Pylade y ajouta plusieurs instruments, même des voix et des chœurs, et rendit ainsi les fables régulières.
Après la mort d'Auguste, l'art de la pantomime fut poussé au plus haut point de perfection. Sous Néron, il y eut un pantomime qui dansa, sans musique instrumentale ni vocale, les Amours de Mars et de Vénus, et il se forma des troupes complètes qui représentèrent toutes sortes de sujets tragiques et comiques, au lieu qu'auparavant un seul pantomime jouait plusieurs personnages. Apulée parle du Jugement de Pâris, rendu par des pantomimes avec une vérité au-dessus de l'expression.


Les pantomimes tantôt chassés, tantôt rappelés

L'art des pantomimes, qui avait charmé les Romains, passa bientôt dans les provinces de l'empire les plus éloignées de la capitale, et subsista aussi longtemps que l'empire même. Sous Tibère, le sénat fut obligé de faire un règlement pour défendre aux sénateurs de fréquenter les écoles des pantomimes, et aux chevaliers romains de leur faire cortège en public. Quelques années après, il fallut chasser de Rome les pantomimes ; ils furent encore chassés sous Néron et sous quelques autres empereurs ; mais leur exil ne durait pas : la politique, qui les avait éloignés, les rappelait bientôt pour plaire au peuple, ou dans la vue de faire diversion à des factions plus à craindre pour l'empire. Macrobe, dans son troisième livre des Saturnales, rapporte qu'il se faisait entre Cicéron et Roscius une espèce de défi qui confondrait nos plus habiles pantomimes. Le comédien rendait, par un jeu muet, le sens d'une période que l'orateur venait de composer. Cicéron en changeait ensuite les mots ou le tour, de manière que le sens n'en était pas énervé, et Roscius l'exprimait également par de nouveaux gestes.


L'art de la pantomime en Europe

Il paraît que cet art n'a été connu qu'assez tard des nations septentrionales de l'Europe, et que le mot pantomime était encore nouveau en 1670, époque où Molière donna les Amants magnifiques, comédie-ballet, puisque la suivante d'Ériphyle, dans la dernière scène du premier acte, demande grâce pour ce mot qu'elle vient d'employer : « Ce sont des personnes, dit-elle, qui par leurs pas, leurs gestes et leurs mouvements, expriment aux yeux toutes choses ; et on appelle cela pantomimes. J'ai tremblé à vous dire ce mot, et il y a des gens dans votre cour qui ne me le pardonneront pas. »
Au XIXe siècle, on a voulu ressusciter cet art dans nos ballets pantomimes ; mais quoiqu'on les voyait avec plaisir, ils n'avaient jamais sans doute la même vogue que la pantomime chez les Romains.

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