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L'origine de Papier



L'invention du papier en Egypte

Suivant Pline, les anciens ont écrit d'abord sur des feuilles de palmiers ; puis sur des écorces d'arbres, d'où est venu le mot liber : on se servit ensuite de tablettes enduites de cire sur lesquelles on traçait les caractères avec un poinçon dont l'un des bouts était aigu pour écrire, et l'autre plat pour pouvoir effacer. Enfin l'on introduisit l'usage du papier. C'étaient des feuilles propres à écrire, faites de l'écorce d'une espèce de roseau nommé papyrus, d'où est venu le mot papier. Cette plante croît sur les bords du Nil. Elle pousse quantité de tiges triangulaires, hautes de six ou sept coudées.
On n'est point d'accord sur le temps où l'on commença à se servir du papyrus pour l'usage de l'écriture. Varron, dit Peuchet dans son introduction en tête du Dictionnaire universel de géographie commerçante, place cette découverte au règne d'Alexandre, lorsque ce prince eut fondé la ville d'Alexandrie en Egypte. Mais Pline révoque en doute ce sentiment de Varron, et se fonde sur le témoignage d'un historien, qui dit qu'un Romain, travaillant à un fonds de terre qu'il avait sur le Janicule, trouva, dans une caisse de pierre, les livres du roi Numa, écrits sur du papyrus. Il rapporte encore que Mucienus, qui avait été trois fois consul, assurait qu'étant préfet de Lycie, il avait vu dans un temple une lettre sur du papier d'Egypte, écrite de Troie, par Sarpedon, roi de Lycie. Mais on a d'autres preuves que celles-là de l'usage du papier en Egypte avant la fondation d'Alexandrie, comme on peut s'en assurer par la lecture d'Homère, d'Hérodote, d'Eschyle, de Platon, etc.


L'usage du papier en Europe

Il est à propos de remarquer qu'en France et en Allemagne, pendant le Ve et le VIe siècle, on ne se servait point d'autre matière pour écrire ; que pendant le VIIe et le VIIIe siècle, les changements survenus en Orient, par les ravages des Arabes, obligèrent les peuples du nord de l'Europe à employer le parchemin ; mais qu'ensuite on recommença à se servir du papyrus, qui était encore en usage au XIe et même au dXIIe siècle : en effet, le papier de chiffes ou chiffons ne date parmi nous que de cette dernière époque.
Quoique l'en connaisse à peu près l'époque de rétablissement des papeteries en Europe, on ne sait à qui faire honneur de cette invention. Scaliger plaide en faveur de l'Allemagne, le comte Maffei parle pour les Italiens ; d'autres auteurs l'attribuent à des Grecs réfugiés à Bâle, à qui la manière de faire le papier de coton, dans leur pays, en suggéra l'idée.
Ce papier de coton paraît avoir succédé au papyrus chez les Orientaux vers le IXe siècle : il s'y multiplia beaucoup, surtout au XIIe ; cependant l'usage n'en devint général que vers le commencement du XIIIe; encore ce papier était-il presque inconnu chez les Latins, si l'on en excepte quelques contrées d'Italie liées de commerce avec la Grèce.
Quoiqu'il soit probable que, dès la fin du XIe siècle, on connaissait l'art de fabriquer du papier de chiffons en Europe, néanmoins il ne fut d'un usage général, comme nous venons de le remarquer, que vers le milieu du XIIIe ; et même ce ne fut que sous le règne de Philippe de Valois, vers 1340, que les manufactures de papier s'établirent en France. La Grande-Bretagne tirait encore son papier de l'étranger pendant le XVIe siècle, puisque sa première manufacture, établie à Hertford, est de 1588.
La plus ancienne feuille de papier de chiffons est de 1319 ; c'est M. de Murr qui l'a déterrée dans les archives de Nuremberg.


Les premières manufactures de papier

La machine destinée à couper les chiffons pour la fabrication du papier n'a été inventée en Allemagne que depuis le XVIIIe siècle ; elle était mise en mouvement par l'eau, et coupait les chiffons sans qu'il y ait autre chose à faire que de la remplir de temps en temps de nouveaux chiffons. D'ailleurs les machines à fabriquer le papier ont ensuite reçu en France un grand perfectionnement.


Le papier d'écorce

Il est très ancien; mais on n'en connaît pas l'origine. Les bois les plus propres à fournir les pellicules dont on fabrique ces papiers étaient l'érable, le platane, le hêtre, l'orme, et surtout le tilleul. Passé le XIe siècle, on ne voit plus d'actes sur du papier d'écorce.


Le papier de la Chine

Les auteurs chinois les moins suspects font remonter l'origine de leur papier au-delà de deux mille ans : chaque province de la Chine a le sien : celui de Se-Chewen est fait de chanvre ; celui de Fokien, de jeune bambou ; celui des provinces septentrionales, d'écorce de mûrier ; celui de Che-Kiang, de paille de blé ou de riz ; celui de Kian-Nam, d'une peau qu'on trouve dans les coques de vers à soie ; enfin celui de la province de Hu-Quang est fait de la peau intérieure de l'écorce de l'arbre nommé cha, ou ko-chu. Le papier de la Chine était très beau, plus doux, plus uni que celui d'Europe, et d'une grandeur à laquelle toute l'industrie européenne n'avait pu atteindre. Le père Hugues prétend en avoir vu une pièce de quatre aunes de long.
On fabriquait aussi du papier de soie à la Chine ; mais le plus beau papier de soie qui se fabriquait dans toute l'Asie est celui qui se faisait à Samarcande, principale ville de la grande Tartarie.
Le papier du Japon se faisait avec l'écorce du morus papyrifera sativa, ou véritable arbre à papier, que les Japonais appellent kaadsi. Avant d'être réduite en pâte propre à faire du papier, cette écorce doit subir de longues préparations.


Le papier vélin

Ce papier est dû aux Anglais, du moins nous le présumons, et nous croyons que Baskerville en est l'inventeur ; la première édition de son Virgile, qui parut en 1757, était imprimée en grande partie sur cette sorte de papier. MM. Johannot, fabricants de papier, ont fait l'essai du papier vélin, en France, en 1780 ; Réveillon en fit aussi en 1782 l'essai qui réussit. Mais il est constant que c'est M. Montgolfier, manufacturier à Annonay, qui a le premier monté sa papeterie sur les principes adoptés en Hollande, et qui a le premier fabriqué du papier vélin en France. Ce papier a été ainsi nommé, parce qu'il imite la blancheur et l'uni du vélin.


Le papier maroquiné

L'invention de ce papier, qui imite parfaitement le maroquin, est due aux Allemands ; mais il a été imité et perfectionné, en 1804, par MM. Boehm et Rœderer de Strasbourg, et, en 1808, par M. Forget de Paris.


Le papier velouté

Les Anglais réclament l'invention des papiers veloutés, que les Français attribuent à un nommé François, gainier de profession, établi à Rouen, et qui doit avoir imaginé cette sorte de papier eu 1620.
Déjà, en 1728, M. Derham présenta à la Société royale de Londres de très bon papier gris et gris-blanc, fait d'orties et d'autres plantes.
MM. Van-Flauten et compagnie, à Rotterdam, inventeurs d'un papier fait avec la mousse aquatique, ont obtenu, en 1823, un brevet pour la confection dans le royaume des Pays-Bas, de ce papier reconnu incorruptible, imperméable et préservatif contre la pourriture du bois, objet intéressant pour la construction navale et les ouvrages hydrauliques ; ils fabriquaient de ce papier en toute épaisseur et dimension.


Le papier timbré

Justinien fut le premier qui établit une espèce de timbre ; on appelait cette marque protocole, parce qu'elle ne paraissait que sur la première page des actes, au lieu que chez nous elle doit se trouver sur chaque feuille.
Le papier et le parchemin timbrés furent établis en Espagne et en Hollande en 1555 ; cet usage s'étendit ensuite en Allemagne et dans les autres pays héréditaires de la maison d'Autriche.
En 1655, la France vit paraître un édit portant établissement d'une marque sur le papier et le parchemin. Il fut enregistré dans les cours supérieures ; cependant il demeura sans effet : ce ne fut qu'en 1673 que deux déclarations successives l'établirent sans variation.


Le papier gélatine

Papier transparent qui remplace avec avantage le papier huilé, et qui sert à prendre des calques.


Le papier fossile

Papier Fossile. On donne ce nom au tissu de l'asbeste, lorsqu'il est très mince, et comme papyracé.


Les papiers réactifs

Les chimistes appellent ainsi des papiers colorés en bleu par la teinture de tournesol, ou en jaune par le curcuma. Ces papiers servent à faire reconnaître si les liqueurs sont acides ou alcalines : les acides teignent le papier en rouge, les alcalines le verdissent et le jaunissent.

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