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L'origine de Paratonnerre



Une invention de Franklin

L'identité du feu électrique avec celui de la foudre fut découverte par Franklin ; c'est lui qui le premier nous apprit à faire descendre le feu du tonnerre dans nos laboratoires, à le combiner, à le toucher pour ainsi dire. Depuis que la ville de Philadelphie a adopté l'usage des barres électriques sur les maisons, elle est garantie des ravages du tonnerre qui auparavant y étaient très fréquents.
Le paratonnerre a été inventé par Franklin en 1757. Cette invention a été perfectionnée par MM. Chappe et Bertholon ; mais il y eut des paratonnerres établis dans le Nouveau-Monde longtemps avant que la France jouît d'une découverte dont l'utilité est si bien démontrée ; ce ne fut même qu'en 1782 que Paris vit s'élever ces flèches électriques sur le modèle de celles que M. l'abbé Bertholon avait déjà construites en plusieurs endroits de ce royaume.


Les moyens de se préserver du tonnerre

Cette machine consiste en une barre ou verge de fer terminée par une pointe de platine, qu'on place sur le point le plus élevé d'un édifice pour le garantir de la foudre. Un cordon, composé de fils de fer ou de laiton tressés, et enduit d'une couche de vernis gras, conduit la foudre, lorsqu'elle tombe sur le fer protecteur, jusque dans un puits, ou au moins dans un souterrain constamment humide.
Après avoir décrit l'électricité du tonnerre, ses effets et les moyens préservatifs pour les bâtiments, le docteur Franklin, dans des observations qui n'ont été publiées qu'après la mort de ce célèbre physicien, dit : « Une personne qui craint le tonnerre, et qui se trouve pendant un orage dans une maison qu'on n'a pas préservée des effets de ce météore, fera très bien de s'éloigner de la cheminée, des miroirs, de la boiserie si elle est dorée, et des bordures de tableaux qui le seraient. La place la plus sûre est au milieu de la chambre, pourvu qu'il n'y ait pas au milieu de lustre de métal suspendu par une chaîne ; il faut s'asseoir sur une chaise et mettre ses pieds sur une autre. Il est encore plus sûr de mettre au milieu de la chambre des matelas pliés en deux et de placer des chaises dessus ; car ces matelas ne conduisant pas la matière du tonnerre, comme les murs, cette matière ne préférera pas d'interrompre son cours en passant à travers l'air de la chambre et les matelas, quand elle peut suivre le mur, qui est un meilleur conducteur. Mais lorsqu'on peut avoir un hamac soutenu par des cordes de soie ou de laine ou de crin, à une égale distance du plafond, du plancher et des murs de l'appartement, on a tout ce qu'une personne peut se procurer de plus sûr dans quelque chambre que ce soit, et réellement ce qu'on peut regarder comme le plus propre à se mettre à l'abri du tonnerre. »


Le paratonnerre végétal

D'ingénieuses expériences, faites par M. Lapostolle, pharmacien à Amiens, et répétées par plusieurs savants, semblent prouver, est-il dit dans un des cahiers du Journal universel des sciences médicales, que la paille est un conducteur d'électricité aussi parfait que les conducteurs métalliques ; sa puissance est telle qu'on peut, avec un bout de corde de paille d'un pouce de longueur, soutirer tout le fluide électrique du plus fort appareil, sans éprouver la plus légère secousse. M. Lapostolle pense qu'on parviendrait à mettre les campagnes à l'abri des ravages de la foudre et même de la grêle, en élevant sur le sol, par carré de soixante arpents, une perche de tilleul de vingt pieds environ, destinée à supporter une corde de paille surmontée d'une pointe métallique. M. Lapostolle a publié un Traité des parafoudres et des paragrêles en corde de paille, dont le troisième supplément a paru en avril 1826.

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