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L'origine de Parchemin


Suivant Furgault (Antiquités grecques et latines), il est ainsi appelé parce que le meilleur se fabriquait à Pergame, ville de Mysie, dans l'Asie mineure ; il était fort connu du temps de Cicéron, qui l'appelle membrana, et depuis pergaminum ou pergamenum.


Une origine indéterminée

Il n'y a rien de bien certain sur l'invention du parchemin. Pline prétend qu'il fut inventé à Pergame, et que c'est pour cela qu'on l'appelle pergamenum. Il ajoute qu'Eumène, roi de Pergame, substitua le parchemin au papier, par jalousie contre Ptolémée, roi d'Egypte, se piquant de l'emporter par ce moyen sur la bibliothèque de ce prince, dont les livres n'étaient que de papier. Les anciens Perses, suivant Diodore, écrivaient toutes leurs histoires sur des peaux, et les Ioniens, au rapport d'Hérodote, se servaient de peaux de mouton et de chèvre pour écrire, même plusieurs siècles avant le temps d'Eumène, roi de Pergame. On ne peut douter que ces peaux ne fussent préparées de la même manière que le parchemin, quoique probablement avec moins d'art.


Les différentes sortes de parchemins

On imagina dans la suite de polir le parchemin avec la pierre-ponce. Les premiers ouvriers n'en fabriquaient que de jaunâtre. On trouva à Rome le secret de lui donner de la blancheur, puis de le peindre, de façon qu'on en distingua de trois sortes : le blanc, qui l'était par nature ; le jaune, qui était de cette couleur d'un côté et blanc de l'autre ; et le pourpré, qui était teint des deux côtes. Le silence de Pline sur cet usage de la pourpre semble nous ôter la liberté de le faire remonter au-delà de la fin du IIIe siècle : c'était encore quelque chose d'assez rare vers le commencement du IVe.
On n'a découvert, en parchemin, nulle charte ou diplôme antérieur au VIe siècle. Avant cette époque, le parchemin servait pour les livres, et le papier d'Egypte pour les diplômes. En Allemagne et en Angleterre, où l'on n'a jamais connu le papier d'Egypte ou de coton, le parchemin fut leur unique matière.
C'est à la toile de chanvre qu'on doit la conservation des manuscrits anciens. On employait à cet effet l'écorce du papyrus et le parchemin ; mais la difficulté de se procurer en Occident ce précieux végétal, qui croissait en Egypte, fit renoncer à son usage ; et Eustathe nous dit qu'au XIIe siècle l'art de fabriquer le papier de papyrus était perdu. Quant au parchemin, les moines, qui au moyen âge étaient presque les seuls copistes, se trouvèrent trop pauvres pour s'en procurer.


La réutilisation des anciens parchemins

Il s'établit donc en Grèce, vers le XIe siècle, et dans toute l'Europe, pendant les trois suivants, l'usage d'effacer avec certaines lotions l'écriture des anciens manuscrits en parchemin, ou de les racler, afin de s'en servir pour écrire d'autres ouvrages, mais surtout des légendes et des homélies. Heureusement que cette pratique barbare fut exécutée assez négligemment pour que l'on puisse, avec de la patience, distinguer, entre les nouvelles lignes, des lignes et des phrases entières de l'ancienne écriture. On ne peut assurer qu'il fût resté un seul auteur ancien, si l'on n'eût, vers le XIIIe siècle, apporté d'Orient la fabrique du papier de chiffon.

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