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L'origine de Paris


C'est de 358 à 360 que l'ancienne Lutèce paraît avoir changé son premier nom, pour prendre celui de Paris, qui était le nom du peuple qui l'habitait (Parisii).


L'étymologie du mot Paris

« Le commerce que les Parisiens faisaient par eau, dit Saint-Foix (Essais historiques sur Paris), était très florissant ; leur ville semble avoir eu de temps immémorial un navire pour symbole ; Isis présidait à la navigation ; on l'adorait même chez les Suèves sous la figure d'un vaisseau : voilà plus de raisons qu'il n'en faut à des étymologistes pour se persuader que Parisii venait de para Isidi (proche d'Isis) ; les langues grecque et celtique ayant été d'ailleurs originairement la même, et l'une et l'autre se servant des mêmes caractères. »
Cependant cette étymologie est contestée, et, si l'on en croit Charles Bovilles, l'origine du nom de cette ville est aussi incertaine que celle de son fondateur.
« Où l'histoire est en défaut, dit M. Dulaure dans son Histoire de Paris, peuvent se placer des conjectures ; je vais en hasarder une sur l'étymologie du nom Parisii. Je suis porté à croire que ce nom n'était point originairement celui de la nation à laquelle les Senones concédèrent un territoire, et qu'il provenait plutôt de la situation de ce territoire sur la large frontière qui séparait la Celtique de la Belgique. Il existait dans la Gaule et dans la Grande-Bretagne plusieurs autres positions géographiques appelées Parisii, Barisii. Les radicaux par et bar sont identiques, les lettres P et S étant prises très souvent l'une pour l'autre. Les habitants du Barrois sont nommés Barisienses, comme ceux de Paris Parisienses : or le Barrois était la frontière qui séparait la Lorraine de la Champagne. Le territoire des Parisiens était aussi une frontière qui séparait les Senones et les Carnutes des Silvanectes, la Gaule celtique de la Gaule belgique. Il est certain que toutes les positions géographiques dont les noms se composent du radical Bar ou Par sont situées sur des frontières. Il faudrait donc en conclure que Parisii et Barisii signifient habitants de frontières, et que la peuplade admise chez les Senones ne dut son nom de Parisii qu'à son établissement sur la frontière de cette nation.
Cette conjecture, ajoute M. Dulaure, est plus vraisemblable que celle qui fait dériver le mot Paris du nom du prince troyen qui décerna la pomme fatale à Vénus, ou bien d'un certain roi appelé Isus, ou de la déesse Isis, qui l'un et l'autre sont, avec Francus, signalés comme les fondateurs de Paris. »


Une nation composée de fugitifs

Il paraît que la nation des Parisii ou Parisiens, s'est formée d'étrangers, peut-être originaires de la Belgique, abondante en petits peuples ; que cette nation, échappée au fer de ses ennemis, est venue occuper un territoire sur les frontières des Senones. Les fastes de la Gaule offrent plusieurs exemples de peuplades fugitives, sollicitant auprès des nations puissantes la permission, à des conditions plus ou moins onéreuses, de s'établir sur une portion de leurs frontières, alors larges et inhabitées.
Les Parisii, ou Parisiens, étaient sans doute dans cette rigoureuse nécessité, lorsque la puissante nation des Senones leur permit de s'établir sur une partie de ses frontières et sur les bords de la Seine.
Un demi-siècle s'était à peine écoulé depuis cet établissement, lorsque César vint dans les Gaules. Les vieillards de la nation parisienne, dit ce conquérant, en conservaient encore la mémoire, ainsi que celle des conditions qui les liaient aux Senones. (César, de la guerre des Gaules)


Les étendues successives de Paris jusqu'au XIXe siècle

« Lorsque l'on considère, dit Hurtaut (Dictionnaire historique de la ville de Paris), la grandeur, les richesses et le nombre des habitants de cette ville, l'esprit se retrace avec plaisir le temps où, enfermée dans une seule île, elle n'avait pour elle que les avantages de la situation. Ce fut en effet ces avantages qui la firent préférer aux autres villes des Gaules par César, et par ceux des Romains qui y vinrent ensuite. Ses maisons, bâties de bois et de terre, étaient basses, rondes et mal construites. Son enceinte ne s'étendait point au-delà de la Cité, et la ville était renfermée entre les deux bras de la Seine. »
Après avoir vu Paris dans la Cité, examinons son étendue successive par ses diverses enceintes, qui, à différentes époques, ont renfermé un nombre d'arpents toujours progressifs, et telles qu'elles se trouvent désignées dans les Amusements philologiques.

  • La première clôture eut lieu sous J. César, l'an 46 avant Jésus-Christ ; le sol de la ville n'avait alors que 44 arpents (cet arpent équivaut à 0,342 d'hectare).
  • La deuxième clôture, en 358 de Jésus-Christ, sous l'empereur Julien, renfermait 113 arpents.
  • La troisième clôture, en 1190, sous Philippe-Auguste, 739 arpents.
  • La quatrième clôture, en 1365, sous Charles V, 1284 arpents.
  • La cinquième clôture, en 1553, sous Henri II, 1414 arpents.
  • La sixième clôture, en 1633, sous Louis XIII, 1660 arpents.
  • La septième clôture, en 1671, sous Louis XIV, 3228 arpents.
  • La huitième clôture, commencée en 1715 et finie en 1717, sous Louis XV, 3858 arpents.
  • La neuvième clôture, en 1785, et 1788, sous Louis XVI, 9910 arpents.
  • La dixième clôture, en 1803, 10719 arpents.

Les armoiries de la ville de Paris

Les armoiries de la ville de Paris, dit Hurtaut dans son Dictionnaire historique de la ville de Paris, sont de gueule à un navire fretté et voilé d'argent, flottant sur des ondes de même, au chef-semé de France. M. Leroi, ancien maître et garde de l'orfèvrerie, après avoir, dans une savante dissertation sur l'origine de l'Hôtel-de-Ville, qui se trouve au commencement du premier volume de l'Histoire de Paris par le père Félibien, apprécié les opinions des différents antiquaires sur l'origine et la raison de ces armoiries, donne aussi son sentiment, qui paraît bien plus simple et plus vraisemblable : il dit que le commerce par eau étant aussi ancien que la ville de Paris, il est naturel qu'elle ait pris une nef ou navire pour devise, et que, dans la suite, elle en a fait ses armoiries.


L'évêque de Paris

Depuis l'établissement du christianisme dans les Gaules, Paris avait eu son évêque, et ce siège ne fut érigé en archevêché que par une bulle du 20 octobre 1622, confirmée par lettres patentes du roi, de février 1623, et enregistrées au parlement le 8 août suivant. Le premier archevêque de cette ville fut Jean-François de Gondy, doyen de Notre-Dame, frère et coadjuteur du dernier évêque de Paris.

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