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L'origine de Pasigraphie



Une langue universelle

Ce mot, qui vient du grec, désigne l'art d'écrire de manière à être entendu de tous les peuples de la terre, c'est-à-dire l'art d'écrire et d'imprimer en une langue de manière à être entendu en toute autre langue sans traduction.
C'est ainsi qu'a été annoncé un ouvrage nouveau dont M. Sicard, instituteur des sourds et muets, était un des rédacteurs. Cette langue universelle doit exprimer, non pas les sons d'une langue connue, mais le sens des mots de toute langue, même de celles qu'on n'aura point apprises, et ses éléments doivent consister en douze caractères et en douze règles générales qui ne souffriront jamais aucune exception.


Les différentes tentatives d'élaboration de la pasigraphie

Le Magasin encyclopédique (1795), donne une notice des savants qui ont essayé d'imaginer un caractère universel qui put être employé par chaque nation dans sa propre langue. En novembre 1797, le Lycée des arts a décerné une médaille à l'auteur de cette science nouvelle, qui a donné un premier ouvrage contenant les principes de la pasigraphie ; et dans sa séance du 19 pluviôse an VI (Mercredi 7 février 1798), le Lycée a couronné un jeune homme, nommé Sureau, qui dans l'espace de huit heures avait appris les douze règles générales auxquelles cet art est borné, et qui en avait parfaitement saisi tout le mécanisme. Ce jeune homme a expliqué sur-le-champ, à l'aide des tableaux explicatifs, plusieurs phrases pasigraphiques en cinq ou six langues différentes qu'il ignore, ce qui démontre combien cette science, qui serait si utile, pourrait être facilement pratiquée et propagée.
Il a paru, en 1797, un ouvrage sous le titre de Pasigraphie, ou la langue universelle pour se faire entendre dans tous les pays quelconques, ayant pour base la pasigraphie, par M. de Maimieux.
Dans la séance de l'Institut national, du 2 vendémiaire an IX (Mercredi 24 septembre 1800), M. Butet a fait plusieurs démonstrations de son système lexicologique. Il résulte du rapport fait à ce sujet que ce système est très propre à perfectionner l'idéologie, et qu'il peut devenir, par son application à toutes les langues, un des moyens les plus sûrs d'arriver aux bases fondamentales d'une langue universelle. Le ministre de l'intérieur a été invité, par l'Institut, de charger M. Butet de faire son expérience dans l'enseignement de vingt-cinq à cinquante élèves d'une des écoles nationales de Paris ; le ministre a écrit à M. Butet pour l'engager à se concerter avec M. Champagne, à l'effet de faire au Prytanée l'essai en grand de son système.
On a annoncé dans le Journal de Paris, le 2 germinal an IX (Lundi 23 mars 1801), la méthode de M. Chambry. Cette méthode, considérée dans sa simplicité et différemment de la pasigraphie, est telle, dit-on, que, sans étude préliminaire, en un instant, un Russe, un Arabe, un Persan, peuvent s'entendre d'un bout du monde à l'autre et se correspondre sans interprète. Le moyen de M. Chambry n'est pas neuf ; il en a généralisé l'application. On assure que rien n'est plus simple, et qu'il pose sur une base claire et simple comme la lumière.

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