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L'origine de Paye



Les premières paies des troupes

Les armées, dans les premiers temps, combattaient par devoir et n'attendaient d'autre prix de leurs services que la gloire de leur race et la puissance des états qu'elles fondaient. Les Lacédémoniens ne fournirent à la subsistance de leurs troupes, par des secours particuliers, que lorsque Lacédémone eut porté ses armes hors de son territoire.
La Grèce, au temps de ses triomphes, ne donnait point de solde aux troupes. Périclès, faisant la guerre au loin dans la Thrace et dans l'Ionie, fut le premier qui conçut le projet d'employer, pour gagner l'armée, les richesses conquises sur les Perses ; il proposa de donner une paye. On régla que chaque matelot recevrait trois oboles, chaque fantassin quatre, et le cavalier une drachme, c'est-à-dire cinq sous, six sous et demi, et dix sous.
Ce ne fut que l'an 440 de Rome que le sénat, considérant la lenteur du siège de Véïes et le découragement des troupes, se détermina à payer une solde à l'infanterie, réglée à deux oboles par jour, pour chaque fantassin. Trois ans après, il y fit participer la cavalerie ; il accorda une drachme à chaque cavalier. Il établit un impôt pour subvenir à cette dépense nouvelle, et les questeurs furent créés payeurs.


La paye en France

En France, jusqu'à Philippe-le-Bel, les armées ne servaient que quarante jours et seulement dans l'intérieur ; si on les retenait plus longtemps ou si on les employait hors des frontières, on leur donnait une solde.
Charlemagne avait voulu organiser un grand état ; mais les institutions religieuses avaient absorbé ses moyens pour créer des institutions militaires. Le régime féodal avait aussi après lui rompu le faisceau des richesses et de la force publique. Philippe-Auguste fut plus maître de ses soldats, parce qu'il les payait. C'est pour cet emploi ou sous ce prétexte, dit Anquetil, qu'ont été établis par lui les premiers impôts. Le prêt était d'un sol, d'où est venu le mot solde.
La ruine des rois européens et la misère des peuples amenèrent, après les croisades, une révolution militaire ; elle commença en France, et s'opéra successivement dans les autres nations. Au commencement du XIVe siècle, sous Philippe-le-Bel, alors que ce roi se vit provoqué par les grands, insulté par le pape, il en appela à la nation assemblée, et elle lui offrit corps et biens. L'impôt fut obtenu, et il s'en servit pour créer et organiser une armée soldée et permanente. On voit dans son ordonnance du 18 juillet 1318, des gens d'armes et des gens à pied à la solde du roi et recevant leur montre par les trésoriers de la guerre. Sous Charles VII et depuis, les troupes de toutes armes ont toujours été soudoyées par le prince. Pendant la guerre que Louis XII et François Ier firent en Italie, on établit dans les armées françaises deux nouvelles espèces de troupes étrangères ; mais ce dernier ayant senti tous les inconvénients d'une telle organisation, forma une infanterie nationale, et la composa de sept légions. Cette institution date de 1534 et règle la paye des troupes.
Henri IV imprima à l'administration militaire une direction plus fixe. Louis XIII suspendit la solde à l'époque où il mit le royaume sous la protection de la Sainte-Vierge. Mais Louis XIV fut véritablement législateur dans toutes les parties de l'art militaire. La paye de l'infanterie du temps de Louis XV paraît moins forte qu'elle ne l'était sous Louis XIV, et d'une quantité même assez notable ; mais sous ce grand monarque la paye devait suffire à tout, au lieu que Louis XV, par ordonnance du 13 juillet 1727, avait accordé une masse d'habillement et autres accessoires, ce qui faisait à peu près l'équivalent du surplus de paye qu'avaient les soldats de Louis XIV.

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