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L'origine de Perle


La perle est une substance dure, blanche et claire, qui se forme au dedans d'un poisson testacé nommé mère-perle. Différente des autres pierres précieuses, qui sont toutes brutes quand on les tire de leur rocher, celle-ci naît avec cette eau éclatante qui lui donne un si grand prix, et la nature y a mis la dernière main avant qu'on l'arrache de sa nacre. La perfection des perles, selon Pline, est lorsqu'elles sont d'une blancheur éclatante, grosses, rondes, polies, et d'un grand poids.


Connue depuis la plus haute antiquité

Les Hébreux, voisins du golfe Persique, où se pèchent les plus belles perles, ont dû en connaître l'usage de bonne heure. Job, dans les livres saints, est l'auteur qui en parle le premier ; il dit que la pêche de la sagesse est de beaucoup préférable à celle des perles ; et cette substance précieuse est très souvent citée dans le livre des Proverbes. Il ne paraît pas que les anciens Égyptiens aient fait usage des perles ; elles ne sont indiquées chez eux par aucun de leurs monuments ; mais après la conquête d'Alexandre, lorsque la domination des rois macédoniens y fut établie, le luxe fut porté au plus haut degré, et les perles furent regardées comme un des principaux objets de de luxe.
Les Grecs, qui appelaient les perles margarites, ne paraissent pas en avoir connu l'usage dans une très haute antiquité. Homère n'en fait aucune mention ; Hérodote n'en parle pas. Il paraît que le goût des perles se répandit dans la Grèce après la guerre contre les Perses et après les conquêtes d'Alexandre.


Les perles dans la Rome antique

De tous les objets de luxe, les Romains semblent avoir préféré les perles. Les personnes de tous les rangs s'empressaient de les acheter : tandis que les grands et les riches se paraient des plus grosses et des plus fines, il y en avait d'un moindre volume et d'une qualité inférieure pour satisfaire la vanité des personnes d'un rang moins élevé. Ils les tiraient en grande partie de l'Orient, ainsi que les pierres précieuses. Jules César fit présent à Servilie, mère de Brutus et sœur de Caton, d'une perle qui avait coûté près de 110 000 livres tournois. Les fameuses perles qui ornaient les oreilles de Cléopâtre coûtaient 3 800 000 livres tournois.


Les fausses perles

En 1680, un Français nommé Jaquin, faiseur de chapelets, observa que, lorsqu'on lavait un petit poisson nommé ablette (cyprinus alburnus), l'eau se chargeait de particules brillantes et argentées. Le sédiment de cette eau avait le lustre des plus belles perles, ce qui lui donna l'idée de les imiter. Ce sédiment se nomme essence de perles : en le fondant dans du verre que l'on souffle en petites boules, on réussit à imiter les perles. Il faut environ 20 000 ablettes pour faire une livre d'essence.
Jaquin a perfectionné l'art d'imiter les perles, mais il n'a pas la gloire de l'invention. Tzetzès nous apprend qu'on a su faire des perles artificielles avec d'autres petites perles réduites eu poudre ; et Massarini que, de son temps, un citoyen de Venise imitait les perles fines au moyen d'un émail transparent auquel il donnait la forme nécessaire, et qu'il remplissait d'une matière colorante.

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