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L'origine de Perruque



L'étymologie du mot Perruque

Ce mot, selon M. Nicolaï, se dérive des langues qui ont conservé des mois celtiques. En irlandais, barr signifie la chevelure, et uc ou uch signifie élevé ; barruc ou barruch signifie donc une chevelure élevée, et conviendrait assez, dit Millin, à la chevelure d'Absalon, que Bellincioni a appelée au XVe siècle parrucca. M. Nicolaï fait des recherches sur l'époque où ce mot a été employé dans les temps modernes ; car chez les Grecs et les Romains il était absolument inconnu, et ils désignaient par d'autres termes ce que nous nommons aujourd'hui perruque.
La plus ancienne trace se trouve dans perrique, de la langue romane ou wallone, à moitié celtique, qui a donné naissance à la langue française ; mais alors ce mot ne signifiait pas de faux cheveux. Encore au XVIe et au commencement du XVIIe siècle, le mot perruque signifiait en France des cheveux naturels ; et lorsqu'on voulait parler de ce que nous nommons aujourd'hui une perruque on se servait de l'expression fausse perruque, perruque feinte, ainsi qu'on peut le voir dans le Trésor de la langue grecque, par Henri Estienne.
Nous apprenons de Barbazan, dans sa Dissertation sur l'origine des langues, que Coquillart, qui vivait à la fin du XVe siècle, est le premier qui se soit servi du mot perruque pour exprimer cet ornement de tête, qu'il nomme tantôt de ce nom, et tantôt calvarienne.


Portée depuis la plus haute antiquité

L'usage des perruques, ou du moins des faux cheveux, remonte à une très haute antiquité ; il était général chez les Mèdes, les Perses, les Lydiens et les Cariens. Suivant Cléarque, disciple d'Aristote, les Iapygiens, peuple livré au luxe, furent les premiers qui se couvrirent la tête de faux cheveux. Les Grecs rendaient l'idée que ce mot présente par trichôma, et les latins par capillamentum.
Aristote, Œconomicorum, parle du préfet du roi de Carie, Mausole, dans la Lycie, nommé Candaule, lequel, s'étant aperçu que les Lyciens aimaient à porter perruque, trichôma, s'avisa, pour obtenir de l'argent, de feindre qu'il avait reçu des lettres du roi de Carie, portant l'ordre qu'ils eussent à se faire raser la tête, et leur promettait en même temps qu'au moyen d'une certaine contribution, il leur ferait venir de la Grèce des cheveux pour se faire des perruques ; à quoi ils souscrivirent volontiers, et par là le préfet se procura une somme considérable.


La mode des perruques à partir du XVe siècle

Mais si les anciens avaient des perruques, elles étaient tout au plus composées de cheveux peints et collés ensemble. Proprement parlant, l'art de faire des perruques n'est pas fort ancien, et ne remonte pas plus haut que le règne de Louis XI. La mode de faire retomber abondamment la chevelure sur le visage ne pouvait, dit M. Dulaure, être suivie par ceux qui manquaient de cheveux ; de plus, les acteurs de théâtre, pour certains rôles,avaient adopté des chevelures postiches : ce défaut et cet exemple induisirent les personnes dont la tête était chauve à se couvrir de chevelures artificielles. On donnait à ces perruques, ainsi qu'aux cheveux naturels, la couleur blonde, alors fort à la mode.
Les Lombards et les Romains faisaient usage de perruques de laine, propres, bien peintes et bien peignées ; et Maillard, qui prêchait à Paris, en 1494 et en 1508, reproche, dans ses sermons, aux femmes de cette ville de se servir de perruques. Cependant l'art de faire des perruques ne paraît pas avoir fait de grands progrès jusqu'à l'année 1620 : ce fut à cette époque qu'on abandonna les grandes calottes garnies d'un double rang de cheveux tout droits ou légèrement frisés.
Le premier qui porta une perruque d'un nouveau genre fut un abbé nommé La Rivière ; sa perruque, comme toutes celles qui se faisaient alors, était si garnie et si longue qu'elle pesait deux livres. Les belles étaient blondes : c'était encore la couleur la plus recherchée. En 1680, un nommé Ervais inventa le crêpe, qui joint mieux, et qui fait paraître les perruques bien garnies, quoiqu'elles soient légères et peu chargées de cheveux. Sous le règne de Louis XV, on diminua les grandes perruques, qui ne furent plus d'usage que pour les gens de robe. On les remplaça par les perruques à bourse, qu'on appela perruques à la régence, nom pris du temps où elles furent inventées. Ceux qui portaient leurs cheveux voulurent aussi se parer de cette bourse, qui était fort grande dans les commencements.
La forme des perruques variait étonnamment, de même que leurs noms. On vit successivement les perruques nouées, nouées à oreilles, carrées, carrées à oreilles, naturelles à oreilles et à deux queues, rondes, à trois marteaux, à la brigadière, etc.


La fin du port des perruques

Depuis la révolution, l'usage de porter les cheveux courts est devenu général, et les perruques fuites suivant cette mode ont été appelées à la Titus ; elles n'ont été portées d'ailleurs que pour cacher la calvitie ; et, pour laisser ignorer que l'on portât des cheveux étrangers, il fallut chercher la couleur qui s'approchait le plus de la chevelure de chaque individu.

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