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L'origine de Pilori



L'étymologie du mot Pilori

Borel, Spelman, Ducange, Ménage, ont donné plusieurs étymologies de ce nom ; mais celle qu'en donne Sauval a paru plus naturelle que toutes les autres. Il dit que, dans un contrat de l'an 1295, il est fait mention d'un puits qui était dans cet endroit, et qu'il y est désigné par ces mots, puteus dictus Lori ; d'où il conclut que le nom de pilori est corrompu et abrègé de puits de Lori, c'est-à-dire d'un puits qui appartenait à un bourgeois nommé Lori, et que le gibet qui était auprès de ce puits en prit le nom.


Les banqueroutiers au pilori

C'était chez nous, avant la révolution, un petit bâtiment de charpente où l'on exposait les banqueroutiers à la vue du public. On croit que ce genre d'infamie fut introduit par l'empereur Adrien contre les banqueroutiers frauduleux et leurs fauteurs. Cependant, sous l'ancien ordre de choses, cet instrument n'était pas partout un bâtiment de charpente, comme nous venons de le dire, mais il différait selon les lieux ; ce n'était même quelquefois qu'un simple poteau où l'on attachait le criminel avec un carcan au cou, pour l'exposer à la vue du peuple.


Les piloris de Paris

« Par pilori, on entend ordinairement, dit Hurtaut (Dictionnaire historique de la ville de Paris), un lieu patibulaire où est le poteau ou pilier du seigneur, au haut duquel sont ses armes, et au milieu sont attachées des chaînes ou carcans, marque de sa haute-justice. Ces poteaux étaient connus à Paris et dans les provinces sous le nom de piloris. C'était dans ce lieu apparent de la seigneurie que se punissaient les crimes commis sur le territoire on y dressait des échafauds et autres instruments de supplice ; quelquefois même ils y restaient à demeure, afin d'intimider ceux qu'un mauvais penchant porte au crime. Tel était le pilori des halles avant même le XIIIe siècle ; il y en avait un au XIVe siècle au carrefour des rues de Bussy, du Four et des Boucheries. Un tableau conservé à Saint-Germain-des-Prés, que D. Bouillart a fait graver, et a inséré dans l'histoire de celte abbaye , nous représente le pilori qu'elle avait en 1368, comme une tour ronde, avec un rez-de-chaussée et un seul étage au-dessus, percée de plusieurs croisées hautes et égales tout autour. Celui des halles est une tour octogone, bâtie et percée dans le même goût ; ce qui me fait conjecturer, ajoute M. Jaillot (Recherches sur Paris, quartier des Halles), que ces édifices avaient été construits pour y déposer les criminels et y recevoir leurs derniers aveux avant l'exécution, et que les échafauds étant élevés à la hauteur des fenêtres, on les y conduisait de plain-pied. Au milieu de la tour du pilori est une roue ou cercle de fer, lequel tourne, et est percé de trous où l'on fait passer la tête et les bras des banqueroutiers frauduleux, des concussionnaires et autres criminels de cette espèce qu'on y condamne : on les y expose par trois jours de marché consécutifs, deux heures chaque jour ; et, de demi-heure en demi-heure, on leur fait faire le tour du pilori, où ils sont vus en face et exposés aux insultes de la populace.
On voit à peu de distance du pilori une croix de pierre fort haute ; c'est à ses pieds que les cessionnaires devaient venir déclarer qu'ils faisaient cession de leurs biens, et qu'ils devaient recevoir le bonnet vert de la main du bourreau. Sans cette cérémonie humiliante les cessions n'avaient pas lieu ; mais elle ne se pratique plus. »
Le pilori le plus connu à Paris était celui qui était situé aux halles, près et à l'ouest de l'ancienne fontaine, et dont il vient d'être parlé. Ce pilori fut reconstruit à neuf en 1471, détruit par le feu en 1515, réparé en 1542, et maintenu jusqu'en 1789, époque où ce genre de supplice fut aboli.

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