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L'origine de Pont


L'art de construire des ponts remonte aux temps les plus reculés. Au rapport d'Hérodote, Ménès, un des premiers souverains de l'Egypte, avait fait bâtir un pont sur un des bras du Nil ; c'est à l'ancienne Sémiramis que Diodore attribue la construction de ce pont magnifique qui traversait l'Euphrate à Babylone.


Les ponts de la Rome antique

Si les Grecs ne paraissent pas avoir mis beaucoup d'importance à cette partie de l'architecture hydraulique, on n'en dira pas de même des Romains, qui construisaient leurs ponts avec beaucoup de solidité et de magnificence. Selon Denys d'Halicarnasse, le premier pont qu'ils virent sur le Tibre fut construit aux frais des premiers chefs de la religion, par la nécessité où ils étaient d'aller exercer leurs fonctions en-deçà et au-delà de ce fleuve, ce qui les fit appeler pontifes ou faiseurs de ponts. Ce pont, qui fut établi sur des pieux, et qui était de bois, est nommé par Tite-Live pons Subticius. Parmi les ponts antiques que l'on voit à Rome, on distingue surtout le pont d'Adrien, aujourd'hui le pont Saint-Ange, et le pont du Janicule, aujourd'hui le pont Sixte, fait de marbre par Antonin-le-Pieux, et rétabli par le pape Sixte IV.


Les ponts en France

Celui de nos ponts dont la forme et la décoration mâles approchent le plus du système des anciens est celui de Paris qu'on appelle le Pont-Neuf ; il fut commencé, en 1578, sur les dessins de l'architecte J. Androuet du Cerceau, et fini en 1604, sous la direction de G. Marchand. Ce pont n'est pas le plus ancien de la capitale, car le pont Notre-Dame, d'abord construit en bois, s'étant écroulé en 1499 , fut rebâti en pierres et entièrement achevé en 1512. Il était chargé de maisons, qui n'ont été démolies qu'en 1786 ; c'est sur l'emplacement de ces maisons qu'on a établi des quais et des trottoirs.
Nous avons, dans cette même ville et dans son voisinage, le pont Louis XVI et celui de Neuilly qui se font remarquer par leur hardiesse et leur légèreté, et que la France doit au talent du célèbre ingénieur Perronet. Le pont d'Iéna, construit, depuis le début du XIXe siècle, en face du Champ-de-Mars, ne mérite pas moins de fixer notre attention.
La France, est-il dit dans l'Annuaire du bureau des longitudes pour l'année 1809, est sans contredit le pays où l'architecture des grands ponts en pierre a pris l'essor le plus brillant ; on y a rempli, dans l'élévation de ces monuments, la double condition de combiner les belles formes et la décoration de l'architecture ordinaire avec la solidité qu'exigent des constructions dont la durée intéresse la sûreté publique, et dont la beauté doit être une preuve parlante des lumières d'une nation et de son goût pour les arts. Les anciens n'offrent aucun modèle de la majesté jointe à la légèreté et à la hardiesse qu'on admire dans les ponts de Neuilly, de Louis XVI à Paris, de Sainte-Maxence, dans le département de l'Oise, d'Orléans, etc. ; d'autres, parmi lesquels on peut citer le pont de Moulins, ont encore le mérite, caché aux yeux du public, mais apprécié par les ingénieurs qui connaissent l'histoire de l'art, de renfermer dans leurs fondations des ouvrages indispensables pour la solidité, et qui ont exigé l'emploi de moyens extraordinaires, pleins d'invention et de génie.


L'usage du fer dans les pons

Cette branche importante de l'architecture hydraulique s'est enrichie en France, depuis le début du XIXe siècle, d'une ressource nouvelle, celle de l'emploi du fer pour la formation des arches ou travées des ponts. On savait que de semblables arches avaient été exécutées en Angleterre, où l'usage du fer est très répandu dans les constructions de tout genre ; on attribuait même aux Anglais l'invention de ces sortes de ponts, erreur que le Moniteur (1807), s'est empressé de rectifier.
« Le bulletin de la ville de Lyon , dit-il, réclame avec raison, en faveur des Français, l'invention des ponts en fer que les Anglais, toujours jaloux de nos lumières, ont voulu s'approprier. Le fait est qu'un peintre lyonnais, au milieu du dernier siècle, conçut le premier en Europe le projet d'un pont de fer, dont la longueur devait être de deux cent cinquante-quatre pieds, et la largeur de dix-huit pieds six pouces ; il était destiné à occuper la place qu'occupe aujourd'hui celui de Saint-Vincent, et devait être d'une seule arche. Ce projet éprouva le sort de beaucoup d'autres ; il resta sans exécution. Les Anglais s'en emparèrent, et le firent exécuter, en 1793, sur la rivière de Warmouth, partie en fer forgé et partie en fer fondu. » Nous ajouterons que déjà, le 5 mai 1783, M. Vincent de Montpetit avait présenté à Louis XVI le prospectus d'un pont de fer d'une seule arche, depuis vingt toises jusqu'à cent d'ouverture, pour être jeté sur une grande rivière.
Il s'agissait donc en France de faire un premier essai, d'avoir des fondeurs stylés à ce genre de travail, et des ingénieurs qui eussent acquis l'habitude pratique de les diriger. Tous ces avantages sont complètement obtenus, et les succès des travaux du pont des Arts et du pont d'Austerlitz à Paris ne permettent pas d'en douter. On voit par leur hardiesse graduelle que cette branche d'art est maintenant naturalisée eu France.


Les ponts en fil de fer

Ce fut en 1816 que M. Richard Lees, propriétaire d'une grande manufacture de draps en Angleterre, conçut l'idée de faciliter les communications d'un bord de la rivière Gala à l'autre par un pont en fil de fer ; cette invention eut tout le succès désiré, et ce pont ne coûta que quarante livres sterling. Sa construction était imparfaite ; mais il était le premier de ce genre fabriqué dans la Grande-Bretagne, et il offrait, disent les auteurs de la Bibliothèque universelle, le premier exemple pratique de la ténacité du fer employé de cette manière, et de l'avantage qu'on pouvait en tirer dans certaines localités d'accès difficile.
En 1759, de Voglie, ingénieur du roi en chef pour les ponts et chaussées de la généralité de Tours, a inventé la manière de fonder les piles des ponts sur les grandes rivières, sans bâtardeaux ni épuisements ; et M. de la Bélye s'en est servi le premier avec succès en Angleterre pour la construction du pont de Westminster.


Les ponts de bateaux

La construction des ponts de bateaux sur les grandes rivières est fort ancienne. Sémiramis, au rapport de Diodore de Sicile, s'en servit pour son expédition dans les Indes ; Xercès et Darius s'en servirent aussi ; le premier contre les Grecs, et le second contre les Scythes. Il y avait un fort beau pont de bateaux à Rouen, qui s'élevait et s'abaissait, selon le flux et reflux ; il est de l'invention de frère Nicolas, augustin, à qui l'on était encore redevable du pont tournant qui fut exécuté, en 1716, à l'entrée du jardin des Tuileries, en face la place Louis XV. Par la suite, le fossé qui séparait le jardin de la place a été comblé, et le pont remplacé par une grille.


Les ponts suspendus

L'origine de ces ponts est déjà ancienne. Les habitants de quelques parties de l'Amérique méridionale sont les premiers qui en aient fait usage pour franchir les torrents et des vallées profondes. On trouve dans les Cordillères d'anciens ponts de cordes, et dans la Chine et le Tibet des ponts de chaînes établis d'après le même procédé ; mais ces ouvrages grossiers n'offraient encore aux hommes et aux bêtes de somme qu'un passage incommode et dangereux.
Vers la fin du XVIIIe siècle, M. Finley, propriétaire aux Etats-Unis de l'Amérique septentrionale, appliqua cette idée à la construction de ponts destinés au passage des voitures. Il en existe aujourd'hui un très grand nombre : l'ouverture des arches est dans quelques uns de 70 à 80 mètres ; dans ces ponts le plancher, droit et horizontal, est suspendu par des tiges verticales au-dessous de chaînes courbes et flexibles, soutenues par des poteaux placés sur les deux rives.
L'application de la suspension à la construction des ponts excita l'attention des Anglais. M. Telfort donna, en 1813, les dessins d'un pont qui a été exécuté sur la Mersey, aux environs de Liverpool ; l'arche du milieu a 305 mètres d'ouverture, et le plancher au-dessus des plus hautes eaux est élevé de 21 mètres. Cet ingénieur a également fait jeter un pont suspendu sur le bras de mer qui sépare l'île d'Anglesey de l'Angleterre ; mais le premier qui ait donné passage aux voitures a été construit par les soins de M. Brown sur la Tweed, près du port de Berwick. Le public en jouit depuis 1820.


Les ponts flottants

On ne voit nulle part dans l'histoire que les anciens aient connu les ponts flottants, tels que ceux qui sont faits de pontons, de bateaux ordinaires, de bateaux de cuir, de tonneaux qu'on jette sur une rivière et qu'on couvre de planches. Les Français se sont servis les premiers de pontons de cuivre ; les Hollandais en firent de fer-blanc, qu'on leur prit à la bataille de Fleurus ; les Allemands se servaient de bateaux de cuir qui sont beaucoup meilleurs que les pontons ordinaires ; mais ils n'en sont pas les inventeurs. Ammien Marcellin fait mention d'un pont de cuir, dont l'empereur Julien se servit pour faire passer le Tigre et l'Euphrate à son armée.
Vers le milieu du XVIIIe siècle, M. Herman, ingénieur, a trouvé le secret de construire un pont flottant, composé de plusieurs pièces, et qui se place de lui-même de l'autre côté d'une rivière, quelque large qu'elle soit, sans qu'il soit besoin d'y faire passer personne.

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