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L'origine de Porcelaine



Un nom d'origine portugaise

« C'est si peu un mot chinois, est-il dit dans l'Encyclopédie, qu'aucune des syllabes qui le composent ne peut ni être prononcée ni être écrite par des Chinois ; ces sons ne se trouvent point dans leur langue. Il y a apparence que c'est des Portugais qu'on a pris ce nom, quoique parmi eux porcelana signifie proprement une tasse, une écuelle, et que loca soit le nom qu'ils donnent généralement à tous les ouvrages que nous nommons porcelaine. Les Chinois appellent communément la porcelaine tsè-ki. »


Un art certainement inventé par les Égyptiens

L'art de faire de la porcelaine paraît établi en Chine depuis fort longtemps ; il est certain qu'il n'a pas été ignoré des Égyptiens, et qu'on travaillait en Egypte la porcelaine par les mêmes procédés que nous mettons en usage ; en sorte qu'il est probable que cet art aura passé de ce pays en Asie, et de là dans la Chine. Marc-Paul est le premier qui en fasse mention.


L'introduction de la porcelaine en Europe

Les Portugais, peu de temps après leur voyage à la Chine, en 1517, commencèrent à importer de la porcelaine en Europe ; mais un temps considérable s'écoula avant que l'usage en devînt commun. Le père Dentrecolles, jésuite, missionnaire en Chine, à qui nous devons les recherches les plus exactes sur toutes les parties de ce bel art, a cherché inutilement qui en est l'inventeur. Les annales n'en parlent point, et ne disent pas même à quelle tentative ou à quel hasard on est redevable de cette invention ; elles disent seulement qu'avant la seconde année du règne de l'empereur Tam-ou-Té, de la dynastie des Tarn, c'est-à-dire, selon nous, avant l'année 442 de Jésus-Christ, la porcelaine avait déjà cours, et que peu à peu elle a été portée à un point de perfection capable de déterminer les Européens à la rechercher.
La porcelaine du Japon a été longtemps inconnue en Europe, où l'on croyait que les Japonais la tiraient toujours de la Chine ; cependant il est certain que ces insulaires en faisaient qui n'était nullement inférieure à celle de leurs voisins. Elle se fabriquait dans le Figen, la plus grande des neuf provinces du Ximo, et l'argile dont est formée cette précieuse vaisselle se tirait du voisinage d'Aruscino et de Suvota.


Les manufactures de porcelaine en Europe

L'Europe avait aussi ses manufactures de porcelaine, parmi lesquelles on distingue particulièrement celle de Saxe, et celle de Sèvres près Paris.
Ce ne fut que dans le XVIIe siècle que le hasard fit connaître en Saxe un secret que les Chinois et les Japonais prenaient tant de soin de réserver pour eux seuls. Le baron de Boeticher, chimiste à la cour d'Auguste, électeur de Saxe, en combinant ensemble des terres de différentes natures, pour faire des creusets, fit cette découverte précieuse. Bientôt le bruit s'en répandit en France et en Angleterre, et les chimistes de ces deux royaumes travaillèrent à l'envi à faire la porcelaine ; mais ils ne purent y parvenir.
On désespérait presque d'y réussir en Europe, lorsque M. Tschirnhausen trouva une composition de porcelaine qui, selon les apparences, était la même que celle dont on fait usage en Saxe. Il la confia en France à M. Homberg ; mais ces deux amis moururent sans en communiquer le secret au public. Réaumur soupçonna quelles étaient les vraies substances qui entraient dans la composition de la porcelaine de la Chine, et nous donna le premier des idées très justes sur la nature de ces substances, avec la manière de les employer. Macquer et Montigny, savants chimistes, ont enrichi la manufacture de Sèvres d'une nouvelle composition qui réunit toutes les qualités nécessaires pour faire la meilleure porcelaine. C'est le ka-olin et le pet-un-tse, qu'ils ont trouvés en France.
Le sieur Taunay, orfèvre à Paris, a trouvé, en 1749, la manière d'appliquer les couleurs sur la porcelaine, et de leur donner un éclat aussi vif que durable.


La porcelaine imitant le bronze

M. Guillaume, est-il dit dans les Archives des découvertes et des inventions nouvelles, est parvenu à composer un biscuit imitant la couleur du bronze aussi parfaitement qu'il est possible de le désirer. Son biscuit coloré a non seulement la couleur d'un beau bronze, mais encore le même retrait, et il est aussi infusible que la pâte blanche, ce qui permet de les mêler ensemble, sans qu'il y ait à craindre de gerçure, et sans qu'un coup de feu le fasse couler.
Les pièces préparées avec ce biscuit sortent du feu d'une couleur uniforme ; il reste à ajouter ces brillants que prend le métal aux endroits où l'oxyde est enlevé par le frottement. Cela s'exécute avec un morceau d'or ou de cuivre, et on fixe ensuite cette espèce de dorure avec une couverte transparente , etc.

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