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L'origine de Port-Royal


Nom de deux abbayes de religieuses, dans le diocèse de Paris ; l'une près de Chevreuse, à cinq lieues au couchant de Paris, et l'autre dans Paris même, au faubourg Saint-Jacques. La première s'appelle Port-Royal des Champs, et la seconde Port-Royal de Paris.


La construction de l'abbaye de Port-Royal

L'abbaye de Port-Royal, proche Chevreuse, de l'ordre de Citeaux, et de l'institut du Saint-Sacrement, s'appelait anciennement le Port du Roi, ou Port-Roi. L'origine de ce nom est fort incertaine. L'ancienne opinion est que Philippe-Auguste, s'étant égaré en chassant, trouva là une petite chapelle où il jugea que quelques uns de ses officiers se rendraient aussi, ce qui arriva. Il nomma pour cela ce lieu Port du Roi, ou Port-Royal ; et, pour remercier Dieu de l'avoir tiré de l'embarras et de l'inquiétude où il était, il résolut d'y faire bâtir un monastère. Odon de Sully, évêque de Paris, l'ayant su, prévint le roi, et, avec Mathilde, fille de Guillaume de Garlande, seigneur de Livri, et épouse de Matthieu de Montmorenci, premier seigneur de Marly, il bâtit cette abbaye en 1204.
On y mit des religieuses de Citeaux, qui ont toujours été soumises à la juridiction de l'abbé et général de Citeaux jusqu'en 1627, qu'elles en furent distraites par un bref d'Urbain VIII. En 1626 elles furent transférées au faubourg Saint-Jacques, à Paris, où on leur donna une maison. En 1633, elles résolurent d'embrasser l'institut de l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. Innocent X et l'archevêque de Paris y consentirent en 1645 ; et, en 1647, l'affaire fut consommée par un arrêt du parlement, et elles quittèrent l'habit de Cîteaux. En 1647, l'archevêque de Paris leur permit de renvoyer des religieuses à Port-Royal des Champs, et d'y rétablir ce monastère, à condition qu'il serait toujours sous la juridiction et l'obéissance de l'archevêque de Paris.


La destruction du Port-Royal des champs

La souscription du formulaire d'Alexandre VII ayant été ordonnée dans le royaume, les religieuses de Port-Royal de Paris le signèrent ; celles de Port-Royal des Champs ne le firent qu'après de grandes difficultés, et avec restriction. Ces filles étant toujours demeurées dans les mêmes sentiments jusqu'en 1709, le roi crut qu'il n'y avait point d'autres moyens de les soumettre que de les disperser, ce qui fut exécuté ; et le monastère de Port-Royal des Champs fut entièrement détruit, et ses biens rendus à Port-Royal de Paris.
« Le jésuite La Chaise , est-il dit dans l'Art de vérifier les dates, regrettait de mourir avant d'avoir vu Port-Royal des Champs détruit. Le père Le Tellier, son confrère et son successeur, eut la satisfaction de voir cette œuvre consommée, le 11 juillet 1709, par un décret du cardinal de Noailles, archevêque de Paris, qui supprimait ce monastère. »


Les livres du Port-Royal

Plusieurs ecclésiastiques et autres personnes qui étaient dans les mêmes sentiments que les religieuses se retiraient à Port-Royal, et y avaient des appartements. Ils y ont écrit plusieurs livres, qui ont été imprimés, tant sur ces matières que sur d'autres ; c'est ce qui fit donner à tout leur parti le nom de Port-Royal, et à leurs livres celui de livres de Port-Royal. C'est à cette fameuse école que se formèrent Pascal, Racine, Despréaux, etc. Ces grands hommes, il est vrai, s'engagèrent dans de malheureuses querelles qui portèrent au loin le trouble ; mais néanmoins nous devons les considérer comme les bienfaiteurs des lettres, et les monuments qu'ils nous ont laissés méritent notre hommage.
Héritiers et disciples de la littérature des anciens, dit Laharpe, ils nous apprirent à le devenir. Les excellentes études qu'ils dirigeaient, leurs principes de grammaire et de logique, et leurs autres ouvrages, écrits sainement et avec pureté, et ce mérite, qui n'appartient qu'à la supériorité, de savoir descendre pour instruire, voilà leurs titres à la postérité. J.-J. Rousseau, dans ses Confessions, rend compte des impressions que ces ouvrages avaient produites sur lui ; il avoue que la lecture des écrits de Port-Royal le rendirent demi-janséniste. Leur dure théologie, disait-il, l'épouvantait quelquefois. La terreur de l'enfer, que jusque là il avait très peu craint, le troublait sensiblement ; et il ne fallut rien de moins que les douces remontrances de sa maman, et les sermons de son confesseur, le P. Hemet, jésuite et bonhomme d'ailleurs, pour tranquilliser son âme et lui rendre peu à peu sa sécurité, à laquelle, ajoute-t-il, cette effrayante doctrine avait porté atteinte.

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