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L'origine de Porte



Les portes de l'antiquité gréco-romaine

Lorsque les Romains voulaient bâtir une ville, on en traçait l'enceinte avec la charrue, et celui qui marquait cette enceinte soulevait la charrue dans l'endroit où devait être l'entrée ou la porte.
Les portes des Grecs s'ouvraient en dehors, et ceux qui voulaient sortir des maisons donnaient en dedans un coup à la porte pour avertir ceux qui passaient dans la rue qu'ils eussent à éviter d'être heurtés par la porte qu'on voulait ouvrir. Les portes des Romains au contraire s'ouvraient en dedans.
Les portes des anciens ne roulaient pas sur des gonds, comme les nôtres ; mais elles se mouvaient par le bas dans le seuil, et par le haut dans le linteau. Dans quelques maisons d'Herculanum on a trouvé des portes dont les battants étaient de marbre.
A Rome, les grands tenaient toujours leurs portes fermées : les esclaves désignés par le nom de janitores (portiers) avaient particulièrement la fonction de les ouvrir. Celles des tribuns restaient ouvertes, afin que chacun pût parler à toute heure à ces magistrats du peuple.
On peignait les portes de différentes couleurs ; on y gravait des inscriptions ; on y attachait en trophées les dépouilles des ennemis qu'on avait vaincus, ou celles des animaux qu'on avait tués à la chasse. Les jours de fête et de réjouissance, on couronnait les portes avec des guirlandes de toutes sortes de fleurs, avec des feuillages et des arbres qu'on plantait solennellement. Dans les occasions de deuil on se servait d'un cyprès.
Les premiers Romains plaçaient les figures de leurs dieux aux portes de leurs villes, ce qui faisait regarder ces portes comme saintes. Leurs descendants y substituèrent celles des empereurs, et de là vint l'usage d'y mettre les armes des princes à qui les villes appartenaient.
Chez les anciens, l'entrée des temples se fermait par des portes à un ou à deux battants ; ces portes étaient tantôt en bois, tantôt en bronze, comme celles du temple de Jupiter à Olympie ; tantôt en bois couvert de plaques de bronze, comme celles du Panthéon à Rome. Quelquefois ces portes étaient ornées d'or et d'ivoire ouvragés. Virgile, dans ses Géorgiques, parle des portes d'un temple sur lesquelles on avait exécuté en or et en ivoire un combat d'Indiens vaincus par les Romains.


La porte ottomane (ou sublime porte)

Tel est le nom qu'on donne à la cour du grand-seigneur et au siège même de l'autorité. Cet usage nous vient des Turcs, qui nommaient ainsi la cour de leur empereur. Les sultans eux-mêmes se servaient de ce terme dans les expéditions les plus importantes, et surtout dans les lettres qui étaient envoyées de leur part aux autres puissances. Cette dénomination tire son origine des califes successeurs de Mahomet. On sait que ces princes joignaient en leur personne la qualité de pontifes et d'empereurs, ou de souverains chefs de la religion et de l'empire des musulmans. La politique de ces monarques, qui trouvait son compte à se faire, pour ainsi dire, adorer par leurs sujets, croyait ne pouvoir jamais rien outrer à cet égard.
Mostadhem, le dernier calife de la race des Abassides , fit enchâsser sur le seuil de la principale porte de son palais de Bagdad un morceau de la fameuse pierre noire du temple de la Mecque. Cette pierre, selon les mahométans, fut envoyée du ciel à Abraham, comme il bâtissait la maison de Dieu, ou le fameux sanctuaire de la Mecque. Elle est devenue noire, disent-ils, de blanche qu'elle était, par les péchés des hommes. Ce seuil était assez élevé, et on n'entrait qu'à genoux ou prosterné, après avoir plusieurs fois appliqué le front et la bouche sur cette pierre prétendue sacrée.
De plus au fronton, ou au lieu le plus éminent de cette porte, il y avait une pièce de velours noir attachée, qui pendait presque jusqu'à terre, à laquelle tous les seigneurs de la cour rendaient, aussi bien qu'à la pierre noire, des honneurs excessifs, se frottant les yeux sur l'une et sur l'autre, et les baisant avec le plus profond respect ; et lors même qu'on n'avait aucune affaire au palais, on venait exprès à cette porte pour lui rendre ses honneurs, et faire par là sa cour au calife. La porte s'appelait la porte du calife, et la pièce de velours n'avait pas d'autre nom que la manche du calife.
Une porte si vénérable et si respectée fut bientôt appelée la porte par excellence ; elle fut prise, dans l'usage ordinaire, pour le palais, la cour, la demeure du prince, pour le siège même de l'autorité. Cet usage fut suivi par les sultans turcs qui détrônèrent ces monarques pontifes, et succédèrent à leur autorité spirituelle et temporelle. Au reste, les empereurs turcs ne sont pas les seuls monarques de l'Orient qui, à l'imitation des califes, aient donné à leur cour le nom de porte ; les rois de Perse se servent encore de ce terme dans la même signification.

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