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L'origine de Pourpre


C'est au hasard seul, suivant la tradition de toute l'antiquité, qu'on doit la découverte de la pourpre. Le chien d'un berger brisa sur le bord de la mer un coquillage ; le sang qui en sortit lui teignit la gueule d'une couleur qui attira l'admiration de tous ceux qui la virent : on chercha, les moyens de l'appliquer sur les étoffes, et on y réussit.


Une découverte très ancienne

Les uns, dit Goguet, placent cette découverte sous le règne de Phœnix, deuxième roi de Tyr et frère de Cadmus, c'est-à-dire un peu plus de 1500 ans avant J.-C. ; d'autres dans le temps que Minos Ier régnait en Crète, 1439 ans environ avant l'ère chrétienne ; mais le plus grand nombre s'accordent à faire honneur à l'Hercule tyrien de l'invention de teindre les étoffes en pourpre : il en présenta les premiers essais au roi de Phénicie. Ce prince fut, dit-on , si jaloux de la beauté de cette nouvelle couleur qu'il en défendit l'usage à tous ses sujets, la réservant pour les rois et pour l'héritier présomptif de la couronne.
On voit, ajoute plus bas l'auteur qui vient d'être citer, que Moïse fit un grand usage d'étoffes pourpres, tant pour les habits du grand-prêtre que pour les ornements du tabernacle. C'est une preuve qu'alors l'art de préparer la pourpre n'était pas absolument nouveau ; car il a fallu du temps pour porter cette teinture à son degré de perfection.
On a douté longtemps que nous fussions parfaitement instruits de l'espèce de coquillage dont les anciens tiraient leur pourpre ; on a cru même ce secret absolument perdu : il est certain néanmoins qu'on l'a retrouvé.
On a découvert, dit encore Goguet, tant sur les côtes d'Angleterre que sur celles de Poitou et de Provence, des coquillages qui portent tous les caractères par lesquels les anciens désignent les poissons qui fournissaient la pourpre. On en voit plusieurs dans les cabinets des curieux ; si on ne s'en sert plus, c'est qu'on a trouvé le moyen de faire une teinture plus belle et à moins de frais avec la cochenille.


Les deux sortes de pourpre

On peut, dit Dutens, déterminer exactement la vraie couleur de pourpre des anciens en faisant attention à deux passages de Pline, dans lesquels il dit que tous les efforts des Tyriens et des Phéniciens tendaient à ce que leur couleur de pourpre approchât de celle de l'améthyste orientale. Mais il y avait, comme la remarque en a été faite par Winckelmann, deux sortes de pourpre : la première était violette, couleur que les Grecs désignaient par un mot qui signifie proprement couleur de mer, et qui nous indique la pourpre de Tarente ; la seconde, qui était cette couleur précieuse nommée la pourpre de Tyr, ressemblait à notre laque. Cette teinture, dont on attribuait l'invention aux Tyriens, et que leur industrie porta au plus haut degré de perfection, faisait la branche la plus florissante de leur commerce. Pline nous apprend que la pourpre de Tyr qui avait été mise deux fois à la teinture se vendait à Rome mille deniers la livre.

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