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L'origine de Projection


Projection, en mécanique, signifie l'action d'imprimer du mouvement à un projectile. En géométrie, ce mot désigne la représentation ou l'apparence des objets sur une surface quelconque, conformément aux lois de la vision ou d'après certaines conditions géométriques.


La projection en géométrie

Si le point de vue est à une distance finie de l'objet, l'image de cet objet sur le tableau perspectif se nomme projection stéréographique ; si au contraire le point de vue est supposé à une distance infinie de l'objet à représenter, et que les rayons visuels soient perpendiculaires au tableau perspectif, l'image sur ce tableau s'appelle projection orthogonale ou orthographique.


Depuis la plus haute antiquité

L'art des projections a nécessairement servi de base à celui du dessin ; ainsi son origine remonte à la plus haute antiquité. La projection orthogonale est la seule employée dans les dessins d'architecture, tels que plans horizontaux, élévations, coupes, profils de monuments ou machines à construire ; et si quelquefois l'on fait usage, en pareille circonstance, de la projection perspective, c'est pour donner une idée plus sensible de l'effet que doivent produire les constructions dont il s'agit.


Les cartes géographiques

Les cartes géographiques, toutes fondées, depuis Hipparque, sur deux éléments essentiels, savoir, les latitudes et longitudes des lieux terrestres, sont assujetties à différents modes de projection. Par exemple, les mappemondes sont ordinairement construites d'après le système de projection stéréographique, que Ptolomée a le premier décrit dans son planisphère : le point de vue, placé à la surface de la terre, est supposé à l'extrémité du rayon perpendiculaire au plan de projection, et dans ce cas, les méridiens et les parallèles sont en général des cercles sur le planisphère comme sur le globe supposé sphérique.
Maintenant les géographes commencent à abandonner ce système de projection dans le tracé des mappemondes, et cela est tout à fait indifférent pour le public ; il suffit en effet de savoir que les méridiens et les parallèles y sont des cercles. C'est ce que l'on remarque sur les très belles mappemondes d'Arrowsmith et de Brué, publiées au XIXe siècle. Les projections par développement sont de préférence appliquées aux cartes particulières, qui ne représentent qu'une portion du globe. On cherche alors à satisfaire à certaines conditions, comme de conserver les rapports des surfaces et ceux des distances mesurées sur les parallèles, etc.


Les modifications de la projection

Euler , dans les Acta academiœ Petropolitanœ, avait proposé des modifications à la projection conique ordinaire ; mais il ne paraît pas qu'elles aient été adoptées par beaucoup de géographes.
Flamsteed, dans son Atlas céleste ; qui parut en 1729, développa en ligne droite le premier méridien et tous les cercles parallèles à l'équateur. Ce mode de projection, qui n'altère ni les degrés des parallèles ni les surfaces comprises entre ces lignes et les méridiens, a été employé par plusieurs géographes, et notamment par J.-B. Nolin dans ses cartes particulières des quatre parties du monde.
Cassini, en 1745, à l'occasion de sa carte de France, développa également en ligne droite le méridien de Paris et toutes les perpendiculaires à ce méridien. Cette projection a longtemps servi à coordonner les opérations de détail pour former une carte topographique d'ensemble.
Quelques géographes, trouvant plus d'avantages dans la projection de Flamsteed que dans toute autre, en firent souvent usage, mais en la modifiant de manière à la corriger en partie d'un défaut qu'elle présente ; c'est-à-dire qu'ils substituèrent aux parallèles rectilignes des cercles concentriques, tels que leurs degrés décroissent sur la carte comme sur le globe, proportionnellement au cosinus de leur latitude.
Bonne, Delisle, d'Anville, Robert de Vaugondy, ont employé cette projection modifiée, et depuis lors elle est généralement usitée. C'est elle qui sert de base à la nouvelle carte de France, dont l'exécution a été confiée en 1817 au corps royal des ingénieurs géographes militaires.


Les cartes marines

Quant aux cartes marines, elles sont assujetties à une projection toute particulière, dans laquelle les méridiens et les parallèles sont des lignes droites, et où les degrés des méridiens croissent de l'équateur aux pôles dans le même rapport que décroissent les degrés des parallèles sur le globe terrestre. Cette projection par latitudes croissantes, que Mercator imagina et publia en 1569, facilite singulièrement le tracé de la ligne loxodromique, ou de la route que parcourt un vaisseau sous un certain rhumb de vent ; mais le principe sur lequel elle est fondée ne fut bien connu qu'en 1599, époque à laquelle Edward Wright le publia. C'est en cela que consistent les cartes réduites qui ont remplacé pour jamais les cartes plates, attribuées à don Henri, infant de Portugal.

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