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L'origine de Quiétisme



Une doctrine ancienne

Un passage de Joinville prouve que cette doctrine est plus ancienne qu'on ne pense. La secte des quiétistes s'éleva dans l'église grecque au XIVe siècle, et eut pour chef le prieur d'un couvent des environs du mont Athos, nommé Siméon, qui prétendait qu'en contemplant attentivement, et sans distraction son nombril, il parvenait à se procurer des extases, et à voir cette gloire et ces rayons de splendeur qui partent du trône de Dieu.


La multiplication des quiétistes

Les quiétistes se multiplièrent beaucoup à Constantinople, furent vigoureusement combattus par Barlaam, religieux de l'ordre de Saint-Basile, et protégés hautement par les empereurs Jean Cantacuzène et Jean Paléologue. Vers le même temps, Jean Rusbroc parut se livrer, dans l'église latine, à la mysticité. Dans la suite, Marie d'Agreda, Jean Labadie, la Bourignon, le ministre Poiret et Michel Molinos firent consister toute la perfection évangélique dans l'inaction entière de l'âme. Ils soutenaient qu'il fallait s'anéantir pour s'unir à Dieu, et demeurer ensuite en repos, sans se troubler en aucune sorte de ce qui peut arriver au corps.
Michel Molinos, né dans le diocèse de Saragosse, en 1627, alla s'établir à Rome, où il acquit une grande considération, et répandit cette doctrine dans plusieurs livres, entre autres dans celui qu'il intitula la Conduite spirituelle, ainsi que dans son oraison De quietudine (de la quiétude) ; de là vint qu'on nomma sa doctrine quiétisme, et ses disciples quiétistes.


Le quiétisme en France

Une veuve jeune, belle et riche, madame Guyon, née à Montargis, en 1648, soutint cette doctrine avec enthousiasme, et eut pour partisan le célèbre évêque de Cambrai. Né avec un cœur tendre, plein de goût et de grâces, Fénélon préférait dans la théologie tout ce qui a l'air touchant et sublime à ce qu'elle a de sombre et d'épineux. « Son imagination, dit le chevalier de Jaucourt, s'échauffait par la candeur et par la vertu, comme les autres s'enflamment par les passions. La sienne était d'aimer Dieu pour lui-même ; il ne vit dans madame Guyon qu'une âme éprise du même goût que lui, et se lia sans scrupule avec elle. »

D'ailleurs plusieurs écrivains se sont attachés à réfuter ces folles visions, qui ne méritent que la compassion, et qui ne renferment qu'un jargon inintelligible.

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