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L'origine de Révocation de l'édit de Nantes



Les droits accordés aux protestants

L'édit de Nantes avait été accordé par Henri IV en 1598. Par cet édit, l'entier exercice de la religion réformée était autorisé dans les lieux qui ressortissaient immédiatement à un même parlement. Les calvinistes pouvaient faire imprimer tous leurs livres dans les villes où leur religion était permise. Ils étaient déclarés capables de toutes les charges et dignités de l'état. On créa une chambre exprès au parlement de Paris, composée d'un président et de seize conseillers, laquelle jugea tous les procès des réformés non seulement dans le district immense du ressort de Paris, mais encore dans ceux de Normandie et de Bretagne ; elle fut nommée la chambre de l'édit.


Les conséquences de la proscription de cette religion

Louis XIV commença par supprimer la chambre de l'édit ; une foule d'arrêts du conseil parurent tout-à-coup pour exterminer la religion proscrite. Il fut ordonné à tous les ministres qui ne voulaient pas se convertir de sortir du royaume dans quinze jours. C'était s'aveugler que de penser qu'en chassant les pasteurs, une grande partie du troupeau ne suivrait pas. Près de 50 000 familles, en trois ans de temps, sortirent du royaume, et furent après suivies par d'autres.
Elles allèrent porter chez les étrangers les arts, les manufactures, la richesse. Presque tout le nord de l'Allemagne, pays encore agreste et dénué d'industrie, reçut une nouvelle face de ces multitudes transplantées. Elles peuplèrent des villes entières. Les étoffes, les galons, les chapeaux, les bas, qu'on achetait auparavant de la France, furent fabriqués par ces réfugiés ; un faubourg entier de Londres fut peuplé d'ouvriers français en soie ; d'autres y portèrent l'art de donner la perfection aux cristaux, art qui fut alors perdu en France. Ils établirent des manufactures de toutes sortes d'étoffes de soie, des velours, des peluches, des ratines, des camelots, etc. C'est à eux qu'on a dû, en Angleterre, le perfectionnement des fabriques de papiers, qui y ont fait d'assez grands progrès pour le disputer et l'emporter peut-être sur celles de Hollande. Ce sont encore eux qui établirent les fabriques de chapeaux, que les Anglais étaient obligés de tirer de France avant l'année 1688, et dont ils importaient alors des quantités prodigieuses.
« Avant cette époque, dit Anderson (1692), Caudebec, le Havre-de-Grâce, et d'autres lieux de la Normandie, nous approvisionnaient de chapeaux ; nos fabriques en ce genre se sont perfectionnées, et nous avons été en état de vendre des chapeaux de meilleure qualité et à meilleur compte que nos rivaux. C'est, continue-t-il, à la suite de l'émigration des réfugiés français que l'art de la coutellerie , celui de l'horlogerie, l'art du rubanier, la fabrique variée de soies, se sont établis chez nous. » L'auteur d'un pamphlet imprimé en 1734 remarque que c'est surtout aux réfugiés français que l'Irlande a dû l'établissement de ses fabriques de toiles. Ainsi la France perdit environ cinq cent mille habitants, une quantité prodigieuse d'espèces, et surtout des arts dont ses ennemis s'enrichirent.

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