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L'origine de Ripaille


Lieu devenu célèbre par la retraite d'Amédée, qui fut anti-pape sous le nom de Félix V, et par la vie joyeuse qu'il y mena. Ce mot ripaille (ripalia) vient, selon le père Labbe, du latin ripa (rive) : A ripâ Lemani lacus, ripalia.


Faire ripaille

« Cette façon de parler, lisons-nous dans l'Étymologie des proverbes français par Bellingen, a pour auteur Amédée septième du nom, dernier comte et premier duc de Savoie, lequel se trouvant chargé d'enfants, et en l'âge de cinquante-six ans, après le trépas de sa femme, Marguerite de Bourgogne, prit résolution de quitter le grand monde, et remit en même temps ses états entre les mains de Louis, son fils aîné, l'an 1439, et se retira à Ripaille, lieu solitaire des appartenances d'un prieuré de l'ordre de Saint-Maurice, jadis fondé par ses prédécesseurs, et rebâti par lui-même au rivage du lac de Genève, à demi-lieue de la ville de Thonon. Il prit l'habit d'ermite de l'ordre de Saint-Maurice, retenant seulement pour le service de sa personne et de quelques seigneurs qui s'y étaient confinés avec lui, vingt de ses serviteurs, qui le traitaient, non de racines et d'eau claire, aliment et breuvage ordinaires des anciens ermites, mais de viandes fort exquises et de vin très délicieux, pour satisfaire non seulement à la nécessité, mais aussi à la volupté ; d'où on a tiré ce terme, si commun par toute la France, faire ripaille, pour dire faire grande chère, et mener vie de goulafre et de goulu. »

Au bord de cette mer ou s'égarent mes yeux,
Ripaille, je te vois. O bizarre Amédée,
Est-il vrai que dans ces beaux lieux,
Des soins et des grandeurs écartant toute idée,
Tu vécus en vrai sage, en vrai voluptueux,
Et que, lassé bientôt de ton doux ermitage,
Tu voulus être pape, et cessas d'être sage ?
Lieux sacrés du repos, je n'en ferais pas tant ;
Et, malgré les deux clefs dont la vertu nous frappe,
Si j'étais ainsi pénitent,
Je ne voudrais point être pape.

(Voltaire)

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