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L'origine de Roi


Aux juges, qui longtemps avaient gouverné les Hébreux, succédèrent les rois, l'an du monde 2900 ; déjà depuis longtemps les Égyptiens étaient gouvernés par des rois. Tous les petits états de la Grèce reconnaissaient des rois pour leurs fondateurs.


Les rois dans la Grèce antique

Lacédémone, dès son origine, en eut deux, qui commandaient ensemble avec égalité de puissance et d'autorité ; ils devaient être de la famille des Héraclides, c'est-à-dire des descendants d'Hercule. S'ils jouissaient à la guerre d'un pouvoir absolu, leur autorité était très limitée en temps de paix, puisqu'ils étaient obligés de faire serment, tous les mois, en présence des éphores, qu'ils régneraient selon les lois.
Les historiens donnent dix-sept rois à la ville d'Athènes, en commençant par Cécrops, qui en fut le fondateur, ou du moins qui la fit rebâtir. Les quatre premiers étaient des aventuriers qui montèrent sur le trône par la force ou par la perfidie ; tous les autres y arrivèrent par droit de succession. Après Codrus, le dernier de tous, les Athéniens secouèrent le joug de la royauté, et se formèrent un état républicain, à la tête duquel ils mirent des princes ou archontes, pour se gouverner avec une autorité limitée et subordonnée aux lois.


Les rois dans la Rome antique

Romulus, fondateur de Rome, en fut élu le premier roi par le consentement de tout le peuple, et il fut convenu qu'il partagerait l'autorité avec le sénat et le peuple assemblé. Le gouvernement romain fut une monarchie mitigée, pendant 243 ans, c'est-à-dire jusqu'à l'expulsion des Tarquins. C'est alors que l'état républicain succéda au monarchique, et qu'on élut pour gouverner deux magistrats annuels, tirés du corps du sénat : on leur donna le nom de consuls, pour leur apprendre qu'ils étaient moins les souverains de la république que ses conseillers.


Les rois en France

En France, sous les deux premières races, les Français élisaient pour roi le prince qu'ils jugeaient le plus digue de les commander ; mais il devait être issu du sang royal. C'est à cette liberté de choix que Pépin et Hugues Capet durent la couronne, puisqu'ils n'étaient pas les héritiers les plus proches de leurs prédécesseurs. Sous la troisième race les princes du sang ont toujours été appelés à la royauté selon l'ordre de leur naissance ; le plus proche a toujours exclu le plus éloigné.
Il paraît que ce titre était prodigué anciennement : il y avait un roi de la basoche, un roi des ribauds, un roi des merciers, un roi de la rue aux Ours, un roi des arbalétriers, un roi des arquebusiers, un roi des barbiers, un roi des arpenteurs, un roi des violons, etc. ; et plusieurs chefs de corporation portèrent cette dénomination jusqu'à ce que Henri III défendit à tous Français de prendre le titre de roi, et ne laissa subsister, comme dit M. Dulaure, que le roi de la fève.


Le roi d'armes

L'institution des rois d'armes est très ancienne en France. Ces ministres d'un prince et d'un peuple guerriers avaient sous leur commandement les hérauts d'armes, les chevaucheurs d'armes et les poursuivants d'armes ; on ne parvenait à ces différents degrés que successivement et après avoir servi, pendant un certain nombre d'années, dans les armées et dans les cours. Les rois d'armes jouissaient de privilèges et d'exemptions sans nombre : on les employait pendant la paix et pendant la guerre ; leur personne était sacrée, et les amis et les ennemis avaient pour eux le même respect. On leur confiait la plupart des commissions importantes où il fallait représenter la nation ou le souverain : ils s'obligeaient, par serment, de procurer et de conserver, en toute occasion, l'honneur des dames et des demoiselles ; ils étaient obligés envers tout le monde à un secret inviolable ; il ne leur était pas même permis de révéler les entreprises secrètes des adversaires de leur seigneur, lorsqu'une fois elles avaient été confiées à leur discrétion ; en un mot aucun parti ne se défiait de ces officiers.
Les fonctions des rois et des hérauts d'armes regardaient principalement la noblesse du royaume. Les hérauts d'armes dressaient un état des seigneurs et gentilshommes des provinces de leur département. Ces états contenaient les noms, surnoms, blasons, timbres et noblesse des fiefs, et tous les trois ans les rois d'armes des provinces s'assemblaient, et remettaient au premier roi d'armes, nommé Montjoie, leurs états particuliers, dont ils composaient un nobiliaire général. Par ce moyen le roi pouvait en tout temps être instruit du nombre des gentilshommes et de leurs revenus.
Quelques uns disent que ce fut Clovis qui institua ces sortes d'officiers, et qui leur donna le nom de son cri : Saint-Denys Montjoie. D'autres disent que ce fut Dagobert. La Colombière prétend que ce fut le roi Robert, et que le premier qui eut cette charge fut un nommé Robert Dauphin, noble et vaillant chevalier. Charlemagne les appela compagnons des rois, et les reçut entre ses principaux conseillers.


Le roi des Merciers

C'est le titre que portait autrefois en France un officier qui avait une très grande autorité, et veillait sur tout ce qui concernait le commerce. La charge de roi des merciers fut créée du temps de Charlemagne, supprimée en 1544 sous François Ier, rétablie l'année suivante, et supprimée de nouveau par Henri IV, en 1597.


Le roi de la fève

« C'est, dit l'abbé Tuet dans ses Matinées senonoises, celui à qui est échue la fève du gâteau qu'on partage la veille ou le jour de la fête des Rois. L'usage de faire les rois nous vient des saturnales, que célébraient les Romains aux calendes de janvier. Pendant ces fêtes, les écoles étaient fermées, le sénat vaquait, et toutes les affaires publiques et particulières étaient comme suspendues ; la distinction des rangs disparaissait. L'esclave mangeait à la table de son maître, et pouvait impunément lui reprocher ses défauts : en un mot, tout retraçait l'égalité de l'âge d'or, en mémoire duquel ces fêtes étaient instituées. En certains endroits, on partageait un gâteau ; avant le repas, on mettait sous la table un enfant qui représentait Apollon, et on le consultait en criant, Phœbe domine (seigneur Apollon), afin que les portions du gâteau fussent distribuées sans préférence. Cet usage s'est conservé en France, et il y a quelques provinces où les paysans mêmes n'omettent point le cri, Phœbe domine. »

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