Accueil > Les origines commençant par R > L'origine de rosière

L'origine de Rosière



Une récompense instituée au VIe siècle

C'est le nom qu'on donne à la jeune fille qui obtient, dans certains endroits, le prix sur ses compagnes, comme étant jugée la plus sage. Ce mot vient sans doute de la guirlande de roses dont on la couronne. La première rosière fut instituée à Salency, en 535, par saint Médard, évêque de Noyon.


L'avis de M. La Harpe

« L'intention des fondateurs était sans doute très bonne et très pure, dit La Harpe, mais il n'est pas inutile d'observer aujourd'hui qu'ils s'étaient trompés et qu'il y a contradiction entre le dessein et l'effet. Il est ridicule et absurde de couronner la vertu, qui n'a ici bas de couronne qu'elle-même. Les païens l'avaient senti. Il n'y a point de prix pour la vertu ; elle est dans le cœur, et Dieu seul la voit telle qu'elle est. L'homme n'a ni le droit ni les moyens de décerner un semblable prix ; il est trop faible et trop borné. Qui lui répondra, au moment où il se flatte de couronner la plus vertueuse, qu'il n'y a pas dans l'assemblée d'autres filles qui le soient davantage ? Quoi de plus opposé à la sagesse, à la modestie, à la pudeur d'une vierge, que de la produire en public ; d'amener comme sur un théâtre ce qui est essentiellement ami de la retraite, du silence et de l'obscurité ? Il n'y a point de mère éclairée qui souffrît qu'on rendît à sa fille cet honneur, qui n'est qu'un outrage ; et si sa fille est ce qu'elle doit être, elle ne doit pas comprendre pourquoi on la doit couronner. En général toute espèce de prix est vanité ou intérêt, et l'un et l'autre sont trop au-dessous de la vertu. »

Autres origines :