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L'origine de Runiques (ou runes)



Une origine indéterminée

On nomme ainsi des caractères, très différents de ceux qui nous sont connus dans une langue que l'on croit être la celtique, que l'on trouve gravés sur des rochers, sur des pierres et sur des bâtons, en Danemark, en Suède, en Norvège et au nord de la Tartarie. Quelques-uns en attribuent l'invention à Ulphilas, parce que cet évêque des Goths, établis dans la Thrace et la Mésie, traduisit la Bible en langue gothique sous le règne de l'empereur Valeus, et l'écrivit en caractères runiques.
Mais l'historien Mallet présume qu'Ulphilas n'a fait qu'ajouter quelques nouveaux caractères à l'alphabet runique déjà connu des Goths ; ce qui est certain, c'est que toutes les chroniques et les poésies du Nord s'accordent à attribuer aux runes une antiquité très reculée. Suivant ces monuments, c'est Odin, le conquérant le législateur et le dieu de ces peuples septentrionaux, qui leur donna ces caractères qu'il avait vraisemblablement apportés de la Scythie, sa patrie : aussi trouve-t-on, parmi les titres de ce dieu, celui d'inventeur des runes.


Les différentes runes

L'usage de ces caractères s'est maintenu dans le Nord longtemps après qu'on y eut embrassé le christianisme ; il subsiste même encore parmi les montagnards d'une province de Suède. On distinguait plusieurs espèces de runes : on employait les runes amères lorsqu'on voulait faire du mal ; les runes secourables pour détourner les accidents ; les runes victorieuses pour procurer la victoire à ceux qui en faisaient usage ; les runes médicinales pour guérir des maladies ; enfin il y avait des runes appropriées à toute espèce de choses ; mais une faute d'orthographe était de la dernière conséquence et les accidents qui pouvaient en résulter n'étaient éloignés que par la formation d'autres runes écrites avec la plus grande exactitude.


Les poèmes en vers runiques

L'espèce de vers employée dans la poésie des Finlandais, est-il dit dans la Bibliothèque britannique (Voyage en Suède, Finlande et Laponie), est ce qu'on appelle vers runigues, d'après l'ancien mot gothique runoot. Ce sont des vers de huit trochées ou pieds de deux syllabes, une longue et une brève. Ces vers n'ont pas de rimes ; mais ils sont allitératifs, c'est-à-dire que chaque vers a plusieurs mots qui commencent ou finissent par la même lettre et la même syllabe.
La poésie runique a été cultivée de tout temps par les paysans finlandais, surtout par ceux de l'Ostro-Bothnie... Les paysans préfèrent ordinairement les pièces de vers qui sont les plus anciennes ; et l'on voyait fréquemment des individus qui, sans savoir écrire, étaient capables d'improviser des vers sur un sujet donné. Il y avait rarement un événement dans ce pays-là qui ne trouvait un poète pour le célébrer. Les mariages, les naissances, les morts, étaient autant d'occasions dans lesquelles il se faisait des vers ironiques qui se débitaient sans préparation...
L'improvisateur débite ou chante son poème en entier ; de temps en temps il s'arrête pour boire de la bière ou de l'eau-de-vie ; cela lui donne des forces pour prolonger quelquefois cet exercice pendant plusieurs heures... Pour donner quelque idée du genre de la composition de certains poèmes finlandais, voici les premières strophes d'une élégie composée par un paysan à l'occasion de la mort de son frère :

Cette parole est sortie du ciel, elle est venue de celui entre les mains duquel sont toutes choses. Viens à moi, je veux te faire mon ami ; approche, car à l'avenir tu demeureras auprès de moi. Descends de la montagne élevée ; laisse derrière toi le séjour des chagrins ; tu as souffert assez : les larmes que tu as répandues suffisent. Tu as éprouvé la douleur et la maladie. L'heure de ta délivrance est venue. Tu es affranchi des jours mauvais. La paix vient au-devant de toi, et tu es relevé de tous les chagrins.
Et ainsi il s'est élevé vers son créateur, et il est entré dans sa gloire. Il est parti pour jouir de sa liberté, et il s'est hâté de parvenir au bonheur suprême. Il a quitté la vie de la douleur, il a abandonné son habitation terrestre.


Des proverbes en vers runiques

Il existe un grand nombre de proverbes en vers runiques. En voici quelques exemples :

Les larmes n'aident en rien, et le chagrin n'est point le remède des maux.
Le sage trouve partout à recueillir, et il profite même des discours des sots.
Rien n'est plus agréable à l'homme que la terre qui lui appartient et les plus beaux bois sont ses bois.
Lorsque l'aurore paraît, je juge si le jour sera beau : l'homme de bien se fait connaître par son regard...

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