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L'origine de Saint-Lazare



Autrefois une léproserie

Cette maison, située à Paris, rue du faubourg Saint-Denis, fut autrefois une léproserie, nommée Saint-Ladre, et dont on ignore l'origine. Cette léproserie avait une église qui fut, à ce qu'on croit, élevée sur l'antique basilique de Saint-Laurent. « Dans l'enclos de Saint-Lazare était, dit M. Dulaure, un bâtiment appelé le logis du roi, où se rendaient ordinairement les rois et les reines pour y recevoir le serment de fidélité des habitants de Paris, avant de faire leur entrée dans cette ville, et où l'on déposait leurs cercueils avant de les porter à Saint-Denis. »
En 1632 cette maison fut donnée au bienfaisant Vincent de Paule, qui en fit le chef-lieu de sa congrégation des missions.


Devenue une maison de détention

Cet établissement, où résidait le général de cette congrégation, fut aussi avant la révolution une maison de force où l'on renfermait les jeunes gens dont les débauches et la mauvaise conduite forçaient les parents de sévir contre eux. C'est en ce sens que Piron a dit dans sa Métromanie :

Demain on vous le coffre au faubourg Saint-Laurent.

Ensuite on a fait de cet établissement une maison de détention, où l'on renfermait les femmes condamnées à la réclusion pour vol ou autre crime capital ; on y occupait ces prisonnières à des filatures, à la couture et à la broderie.
La vaste étendue du bâtiment le fit choisir, pendant notre révolution, pour servir de prison succursale, dans un temps où les autres prisons de Paris ne pouvaient contenir le grand nombre des hommes suspects à ceux qui avaient alors la puissance. C'était dans les années 1793 et 1794. On y renferma à la fois environ neuf cents personnes, parmi lesquelles nous rappellerons les noms d'André Chénier, Chabroud, Roucher, Trudaine, la Sablière, Suvée et Robert, peintres, l'historien Anquetil, M. Dubois, dont l'un des crimes était d'être l'ami de Malesherbes, M. Després, etc. Plusieurs, on ne le sait que trop, ne sortirent de là que pour être conduits à l'échafaud.


L'ordre de Saint-Lazare

Les chevaliers de Saint-Lazare, des lépreux de Jérusalem, connus ensuite sous le nom de chevaliers de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare, consacrés d'abord par la religion au service des pauvres et des malades, passèrent des hôpitaux dans les armées, se rendirent célèbres par un héroïsme qu'inspire l'amour de l'humanité, élevèrent, pendant quelque temps, les intérêts de leur ordre au rang des intérêts des puissances de l'Europe, et, lors même que les jours de leur gloire furent passés, conservèrent encore une assez haute considération pour que des rois et des enfants de rois fussent les chefs de leur ordre.
Les papes donnèrent à cet ordre de grands privilèges, et les princes de riches possessions. Louis VII fit présent, en 1154, de la terre de Boigny, près d'Orléans, aux chevaliers de Saint-Lazare, qui y fixèrent leur résidence, après que les chrétiens eurent été chassés de la Terre-Sainte.
Dans la suite cet ordre fut moins considéré, et les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem obtinrent facilement d'Innocent VIII qu'il serait supprimé. Mais les chevaliers de Saint-Lazare de France s'en étant plaints au parlement, il y fut ordonné que cet ordre subsisterait séparé de tout autre.
Philibert de Nérestan, gentilhomme d'une rare vertu, et capitaine des gardes-du-corps, conçut le dessein, après Aymard de Chattes, chevalier de Malte, de faire refleurir cet ordre ; et il employa si heureusement son pouvoir auprès de Henri IV, que ce monarque l'en fit grand-maître. Cet ordre, qui avait été réuni, en 1608, à celui de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, reprit un nouveau lustre, sous le règne de Louis XIV, qui lui accorda plusieurs privilèges.
M. de Sibert, de l'académie royale des inscriptions et belles-lettres , a publié, en 1774, une histoire des chevaliers de Saint-Lazare.

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