Accueil > Les origines commençant par S > L'origine de sainte-ampoule

L'origine de Sainte-ampoule


C'était une petite fiole de verre longue d'un pouce et demi ; elle était remplie aux deux tiers d'un baume coagulé et adhérent aux parois de la fiole. Pour le sacre des rois on en détachait une parcelle de la grosseur d'un grain de blé, à l'aide d'une aiguille d'or, et on la mêlait avec le saint chrême sur une patène d'argent, ce qui communiquait à l'huile sacrée une teinte rougeâtre.


Les deux versions sur l'apparition de la sainte-ampoule

C'est à Hincmar, archevêque de Reims, que nous devons les premières notions sur la sainte ampoule. Ce prélat, en parlant du sacre de Clovis, s'exprime ainsi : « On était arrivé au baptistère. Dieu permit que le clerc qui portait le saint chrême pour la cérémonie du baptême ne pût pénétrer dans l'église, à cause de la foule qui en fermait l'entrée ; et comme saint Rémi levait les yeux au ciel pour le prier que cette sainte entreprise ne demeurât pas sans effet, une colombe plus blanche que la neige parut aussitôt, portant en son bec une fiole remplie d'un baume divin, qui rendit une odeur plus suave que tous les parfums qu'on avait épanchés dans l'église. Le prélat ayant reçu ce gage céleste, la colombe disparut incontinent, et saint Rémi versa dans les fonts sacrés une partie de la liqueur. Le roi, témoin d'un si grand miracle, demanda à être baptisé, et le nouveau Constantin s'avança vers la sainte piscine. » Tel est le plus ancien témoignage de l'histoire sur ce miracle, dont saint Rémi, Grégoire de Tours et Fortunat ne font aucune mention. Or Hincmar écrivait en 840, plus de trois siècles après Clovis ; les autorités sur lesquelles il a pu s'appuyer n'étaient donc que des traditions populaires.
Une autre version a été faite sur la sainte ampoule ; la voici : « On cherchait le saint chrême pour baptiser un malade, mais les vaisseaux destinés à l'huile consacrée se trouvèrent vides ; le prélat les ayant fait mettre sur l'autel se prosterna pour prier : alors le saint chrême descendit comme une céleste rosée, et remplit les vases. »
Ainsi, que la sainte ampoule ait été apportée par une colombe ou qu'elle soit descendue du ciel en rosée, on tenait pour certain que la ville de Reims possédait une huile miraculeuse réservée aux monarques français.


La conservation de la sainte-ampoule

Cette relique ne sortit jamais des murs de Rheims, si ce n'est une seule fois, sous le règne de Louis XI, lorsque ce prince malade voulut l'avoir dans son château du Plessis-lès-Tours. La sainte ampoule avait échappé, en 1774, à un incendie qui consuma la plus grande partie du monastère de Saint-Rémi ; mais elle ne put être soustraite à la fureur des révolutionnaires : cependant l'officier municipal à qui fut confiée la mission d'apporter la relique au représentant du peuple chargé de la briser, eut la pensée d'en enlever auparavant, avec l'aiguille d'or, quelques parcelles qui furent soigneusement conservées. Plusieurs fragments furent également recueillis par un habitant de Reims lorsque le député Rühl, en brisant la fiole sous le marteau, la fit voler en éclats.
Le 26 janvier 1819, ces précieux restes furent rassemblés par les soins du procureur du roi, et déposés dans le tombeau de saint Rémi, qui avait été rétabli dès l'année 1803. Ils ont servi au sacre de S. M. Charles X.

Autres origines :