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L'origine de Scène


Ce mot vient du latin scena, pris lui-même d'un mot grec qui signifie proprement un lieu ombragé, un ombrage. C'est en ce premier sens que Virgile a employé le mot scena dans le cent soixante-huitième vers du Ier livre de l'Enéide.


La scène au théâtre

On a donné ce nom à la partie du théâtre qui est en face des spectateurs, parce que, avant que la comédie fût transportée à Athènes des villages où elle avait pris naissance, les représentations théâtrales ayant lieu en plein air, on avait la précaution de poser des arbres ou des branches de verdure dans le lieu où se passait la chose représentée, pour empêcher que les acteurs ne fussent incommodés par le soleil. Ce terme ne signifiait donc d'abord que le lieu destiné à la représentation ; mais comme dans les premières pièces on n'observait pas l'unité de lieu, on donna aussi le nom de scène au changement qu'apportait au théâtre l'entrée ou la sortie des acteurs, comme pour marquer qu'ils passaient d'un lieu à un autre.


Les trois parties de la scène dans l'antiquité gréco-romaine

Chez les Grecs et chez les Romains la scène se subdivisait en trois parties. La première et la plus considérable s'appelait proprement scène : c'était une grande lace de bâtiments qui s'étendait d'un côté du théâtre à l'autre, et sur laquelle se plaçaient les décorations. Cette façade avait à ses extrémités deux petites ailes en retour qui terminaient cette partie, de l'une à l'autre desquelles s'étendait une grande toile à peu près semblable à celle de nos théâtres, et destinée aux mêmes usages, mais dont le mouvement était fort différent : au lieu que la nôtre se lève au commencement de la pièce et se baisse à la fin de la représentation, celle des anciens se baissait pour ouvrir la scène, et se levait dans les entractes pour préparer le spectacle suivant ; ainsi lever et baisser la toile signifiait précisément le contraire de ce que nous entendons aujourd'hui par ces termes.
La seconde partie de la scène, que les Latins nommaient proscenium et pulpitum, était un grand espace libre au-devant de la scène, où les acteurs venaient jouer la pièce, et qui, par le moyen des décorations, représentait une place publique, un palais avec des colonnes et des statues, quand la pièce était tragique ; un carrefour avec des maisons de simples particuliers, quand elle était comique ; un lieu champêtre avec des arbres, des rochers, des maisons rustiques, quand la pièce était satirique ; car les anciens avaient de trois sortes de pièces, des tragiques, des comiques et des satiriques, et par conséquent des décorations pour ces trois différents genres.
La troisième partie était un espace ménagé derrière la scène, que les Latins appelaient postscenium. C'était où s'habillaient les acteurs, où l'on gardait les décorations, et où étaient placées une partie des machines ; car les changements de décorations, les vols, les gloires, et tout ce qu'étaient de plus merveilleux les théâtres de l'Europe, était employé par les anciens avec encore plus de dépense et de grandeur.

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