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L'origine de Sirvente



Une sorte de chanson

Ce fut sous le règne de Guillaume-le-Roux que parut le sirvente ou sirventois, espèce de chanson assez généralement satirique, qui semble avoir pris naissance en Picardie, et qui fut bientôt répandue dans toute la France. Elle était principalement dirigée contre les rois, les princes, les ecclésiastiques, etc. Ce genre perfectionné fut employé à célébrer des batailles ou à chanter des victoires ; alors il réunit souvent un mélange de satire et d'éloge.
Il y en avait de suppliants ; même ce caractère particulier paraît leur en avoir fait donner le nom ; enfin il y en eut d'amoureux et de pieux adressés à la Vierge.


L'introduction du servente à l'étranger

On sait que ce genre de poésie obtint un très grand succès en Angleterre, et que les auteurs n'épargnaient pas même les personnes les plus respectables. Les poètes normands composèrent un sirvente contre Arnold de Caen, alors chapelain de Robert II, surnommé Courte-House, fils de Guillaume-le-Conquérant, et qui depuis fut patriarche de Jérusalem. Le chevalier Luc de la Barre eut la hardiesse, l'an 1124, d'écrire un sirventois ou une satire très mordante contre le roi Henri Ier : ce prince fit crever les yeux au poète ; punition terrible, qui prouve ou une crainte ridicule dans le monarque, ou les suites qui pouvaient résulter d'une pièce satirique chez un peuple qui avait la plus grande estime pour la poésie en général, et particulièrement pour la poésie française. (De Roquefort, Etat de la poésie française dans les XIIe et XIIIe siècles)

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