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L'origine de Songe



L'interprétation des songes depuis la plus haute antiquité

La superstition a longtemps regardé les songes comme des signes de l'avenir et des avertissements du ciel ; c'est pourquoi l'art de les interpréter était très estimé des Égyptiens et des Chaldéens. Pharaon, Nabuchodonosor et Balthazar avaient à leur cour, parmi leurs principaux officiers, des interprètes des songes, toujours prêts à réaliser les fantômes que l'imagination leur avait présentés pendant la nuit. La Genèse rapporte le songe mystérieux d'Abraham, et celui de Jacob. On connaît l'histoire de Joseph, que ses frères surnommaient le songeur (somniator), et son habileté à interpréter les songes. Ce qui prouve que la divination par les songes était en grand usage parmi les Israélites, c'est la défense même que Dieu leur fait, dans le Lévitique et dans le Deutéronome, d'observer les songes, et d'en tirer des présages.


Les songes chez les Grecs et les Romains

Les Grecs et les Romains n'ajoutaient pas moins foi à ces illusions ; mais ils croyaient qu'il y avait des songes vrais et des songes faux ; que ceux-ci venaient toujours avant minuit, et ceux-là depuis minuit jusqu'au lever du soleil. Virgile, qui personnifie les songes, fixe leur demeure dans les enfers, d'où ils se répandent sur la terre par deux portes, dont l'une est de corne, par où sortent les songes vrais, et l'autre d'ivoire, par où sortent les songes faux.

Le sommeil de ses fils sépara les cohortes,
Et pour eux, nous dit-on, il destina deux portes.
L'ivoire éblouissant sur deux pivots légers
Tourne, et livre une issue aux songes mensongers ;
La corne transparente et ses gonds redoutables
Ouvrent l'autre passage aux songes véritables.

(Gaston, Traduction de l'Enéide)

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