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L'origine de Souper


Anciennement tout le monde soupait ; seulement les heures du souper avaient varié. Au XIXe siècle, seul le peuple soupait ; la bonne compagnie se contentait de dîner à cinq ou six heures du soir. Ce nouvel usage était plus commode pour les employés et les gens d'affaires ; mais les soupers avaient leur agrément.


Le petit souper

Le lecteur ne sera pas fâché de trouver ici le tableau de ce qu'on nommait, avant la révolution, soupers, et plus particulièrement petits soupers.
« Je serais bien embarrassé, dit Mayer dans le Mercure de France du 6 septembre 1783, de vous nommer l'aimable inventeur de nos petits soupers ; toujours est-il vrai que l'époque ne remonte pas au-delà de Louis XII. Ce bon roi, qu'on réprimanda si sévèrement pour avoir reculé son coucher à dix heures, amusait sans doute par un petit souper les longs tête-à-tête qu'il avait avec Marie d'Angleterre.
Il est bien vrai aussi que Louis XIV, ce roi que Frédéric a nommé le grand magicien de l'Europe, si magnifique, si galant, n'a pas porté la délicatesse des soupers au point où son successeur l'a vue s'étendre depuis son retour de Metz. Minuit marquait toujours la ligne de démarcation du jour et de la nuit. Aujourd'hui la nuit n'a plus d'ombres ; un faisceau de bougies est attaché au flambeau pâlissant du jour ; l'œil trompé cherche en vain les ténèbres. Alors on ne savait point se retrancher contre l'éclat du soleil pour dormir en plein midi. Longtemps on ne savait que donner quatre parties à la journée ; le travail s'emparait avidement de deux moitiés ; la troisième était consacrée au repos. Que restait-il pour les plaisirs ? C'est aujourd'hui que des mains charmantes découpent ingénieusement la journée, et cousent à la robe du temps des heures délicieuses.
Les salons (car tous les arts se tiennent, et surtout les arts d'agrément) vinrent bien vite au secours des petits soupers. Bientôt le compas, dirigé par le goût, traça des cloisons, abaissa les voûtes, rétrécit les vastes salles, plus propres à des conférences d'ambassadeurs suisses qu'à de petits soupers. Les grandes cheminées disparurent. A une sculpture grossière, à des Amours mal façonnés et mal assis sur les angles, succédèrent les glaces de Venise ; au cuir doré, le damas, le satin et la perse. Ces fauteuils matériellement tournés, à longs dos, à longs bras, furent remplacés par des bergères, des ottomanes, etc., etc. »

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