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L'origine de Spectacle


Nous entendons par ce mot les représentations publiques imaginées pour amuser, pour plaire, pour exciter l'attention et émouvoir l'âme des spectateurs. D'après cette définition nous diviserons ce que nous entendons par spectacles en jeux du cirque et en jeux scéniques.


Les spectacles dans la Grèce antique

Les spectacles des anciens tenaient à la religion, et n'avaient lieu qu'aux jours de fêtes consacrées aux dieux et aux héros en l'honneur desquels ils étaient célébrés. La Grèce avait quatre spectacles généraux, qui se donnaient dans de vastes plaines près des villes d'Olympie, de Delphes, de Corinthe et de Némée ; on les nommait les jeux olympiques, pythiques, néméens et isthmiques. On voyait dans ces fêtes des courses à pied, à cheval, en chars, des combats de poésie, de musique, etc. Chaque ville, si on en excepte Lacédémone, avait aussi ses spectacles publics, composés des mêmes exercices.
C'est chez les Grecs que les jeux scéniques ou représentations théâtrales ont pris naissance, et c'est aux Athéniens surtout qu'on est redevable du degré de perfection auquel le théâtre grec a été porté dans la suite. On ne représentait jamais ni comédies ni tragédies à Lacédémone ; on n'y voyait ni cirques, ni amphithéâtres, ni courses sur des chars, ni combats d'athlètes ou d'animaux ; les exercices du corps dans lesquels on pouvait montrer de l'adresse, de la force, de la patience et du courage, étaient les spectacles que les Lacédémoniens se donnaient à eux-mêmes, et où ils étaient tour-à-tour spectateurs et acteurs.


Les spectacles dans la Rome antique

Les spectacles des Romains étaient à peu de chose près les mêmes que ceux des Grecs. Chez eux les jeux du cirque consistaient dans les combats athlétiques, savoir, la course à pied, la lutte, le pugilat, le disque et le javelot ; dans la course à cheval et sur un char, dans les combats de gladiateurs et d'animaux féroces. Les jeux de théâtre ou scéniques étaient les représentations des pièces comiques et tragiques des satyres et des mimes.
On connaît les dépenses que les Romains consacraient à l'élévation des théâtres, des amphithéâtres et des cirques, même dans les villes des provinces. Quelques uns de ces bâtiments, qui subsistent encore dans leur entier, sont les monuments les plus précieux de l'architecture antique ; on admire même les ruines de ceux qui sont tombés. L'histoire romaine est remplie de faits qui prouvent la passion démesurée du peuple pour les spectacles, et les frais énormes que les princes et les particuliers faisaient pour la contenter.


Les spectacles en France

De tous les spectacles que les Romains avaient apportés dans les Gaules, les Français ne conservèrent que les combats d'animaux, et leur ardeur guerrière borna longtemps tous leurs amusements aux joutes, aux tournois, aux assauts à outrance. Les pantomimes commencèrent, vers l'an 600, à réunir leurs jeux à ces premiers spectacles : Clovis fit demander à Théodoric un pantomime qui joignait à l'excellence de son art le talent de la musique. Ces histrions furent effacés par les troubadours, qui introduisirent une action dans un récit composé de chant et de déclamation ; et à ces derniers succédèrent les jongleurs, qui amusaient le public par des danses, des instruments, des tours de passe-passe qu'ils accompagnaient de récits du plus bas burlesque. Ces jongleurs, qui formaient dans les grandes villes un corps particulier, étaient seuls en possession d'amuser les Français, lorsqu'une troupe de pèlerins vinrent les supplanter, et se firent connaître sous le nom de confrères de la Passion.
En parlant du règne de Louis XII, M. Dulaure, dans son Histoire de Paris, s'exprime ainsi : « Pendant cette période, et depuis l'établissement des confrères de la Passion, le goût des spectacles s'était rapidement propagé dans Paris. Les parisiens, pour solenniser l'entrée des rois et des reines dans cette ville, adoptèrent l'usage de dresser, sur leur passage, des théâtres sur lesquels était représentée une scène dramatique ; ces scènes, quel qu'en fût le sujet, recevaient le nom de mystères.
Ce goût naissant devint bientôt un besoin qui fit multiplier les spectacles et varier les sujets représentés sur la scène. Outre le théâtre des confrères de la Passion, on en vit s'élever plusieurs autres : les clercs de la basoche en établirent un sur la table de marbre du Palais de Justice ; les clercs du châtelet imitèrent ceux du parlement ; plusieurs collèges de Paris élevèrent aussi des théâtres où figuraient les professeurs et les écoliers : il en fut établi jusque sous les balles de Paris.
Le théâtre des Enfants sans souci était dirigé par le prince des sots.
Les confrères de la Passion ne se bornèrent pas à représenter la passion de Jésus-Christ, ils varièrent la scène en puisant leur matière dans les Actes des Apôtres, dans la Bible et dans les Vies des saints.
Les clercs de la basoche jouaient des farces, soties ou moralités ; puisaient les sujets de leurs pièces dans les événements publics, dans les abus, les fautes et les excès des grands personnages de la cour, ou dans les ridicules de la société.
Le théâtre des halles avait pour objet de diriger l'opinion publique dans les intérêts du gouvernement.
Les théâtres temporaires dressés dans les collèges mettaient en scène des événements qu'offre l'histoire ancienne, sans négliger les événements modernes. »
Cependant, de toutes ces troupes, il n'y eut que celle des Enfants sans souci qui s'acquit quelque célébrité, quoique les pièces ou pour mieux dire les farces qu'ils jouaient fussent remplies de pointes, d'équivoques souvent indécentes et accompagnées de jeux grossiers. Les noms de Tabarin, Turlupin, Gautier-Garguille, Gros-Guillaume, Guillot-Gorju, sont les plus célèbres sur la liste de ces anciens farceurs.
Enfin parurent Etienne Jodelle, mort en 1573, et Alexandre Hardy, Parisien, qui par des tragédies et des comédies, quoique très défectueuses, se montrèrent les précurseurs de Corneille, de Molière, de Racine, de Regnard, de Voltaire, etc.

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