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L'origine de Sucre


Sucre, de l'italien zucchero, dérivé de l'arabe sucar. Substance concrète, friable, douce et alimentaire, qu'on retire d'un grand nombre de végétaux. L'érable, le bouleau, la carotte, le panais, la betterave, le maïs, les marrons, les pommes de terre, etc., contiennent du sucre dans des proportions différentes ; mais aucune de ces substances n'en contient autant que le roseau connu sous le nom de canne à sucre.


La canne à sucre plus ou moins connue depuis l'antiquité

La canne à sucre est, dit-on, originaire des Indes orientales ; d'après les témoignages de Théophraste, de Pline, d'Arrien, de Lucain et d'autres auteurs, elle n'a point été totalement inconnue aux anciens peuples de l'antiquité. Paul Eginète et tous les médecins grecs ont désigné le sucre sous le nom de sel indien. Théophraste en parle dans son fragment du miel, où il l'appelle miel de roseau. Pline l'a connu aussi, et en parle sous le nom de sel des Indes. Galion et Dioscoride l'ont nommé sacchar.


La culture de la canne à sucre inventée d'abord par les Chinois

Il paraît que les Chinois ont connu l'art de cultiver cette canne ou roseau précieux, et même d'en extraire le sucre, près de 2000 ans avant que cette plante fût connue en Europe. M. de Humboldt, dans son Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, parle d'anciennes porcelaines de Chine dont les peintures représentent les divers travaux de l'extraction du sucre. L'art de cultiver la canne semble avoir été inconnu aux Égyptiens, aux Phéniciens, aux Grecs et aux Latins. La canne à sucre fut transportée en Arabie à la fin du XIIIe siècle ; de là elle passa en Nubie, en Egypte, en Ethiopie, où l'on fit du sucre en abondance.


L'introduction de la canne à sucre en Europe puis en Amérique

Vers la fin du XIVe siècle, on la porta en Syrie, en Chypre, en Sicile ; le sucre qu'on en tirait était, comme celui d'Arabie, gras et noir. Après la découverte de Madère, en 1420, dom Henri, régent de Portugal, y fit transporter des cannes de Sicile, où on les avait introduites depuis peu ; elles y furent cultivées avec succès, ainsi qu'aux Canaries ; et bientôt le sucre qu'elles y produisirent fut préféré dans le commerce à tous les sucres de ce temps-là.
Les Portugais portèrent la canne à sucre à l'île Saint-Thomas aussitôt que cette île leur fut connue ; et, en 1520, il y avait plus de soixante manufactures à sucre. On essaya de planter ce roseau en Provence, mais il ne put y réussir à cause de la température de l'hiver. Il prospéra cependant en Espagne.
Après la découverte de l'Amérique cette belle plante fut transportée à Saint-Domingue, où elle se reproduit de boutures et se multiplie ainsi avec une merveilleuse fécondité.


La production de sucre en France

La longue guerre que la France soutint contre l'Angleterre pendant le gouvernement impérial avait, comme on le sait, élevé très haut le prix du sucre des colonies. L'habitude, qui fait de cette denrée étrangère un besoin réel et journalier, donna lieu à diverses tentatives pour remplacer cette production coloniale : le raisin, la prune, le miel et même l'érable produisirent des sirops, lesquels étant cristallisés ont fourni des sucres qui pouvaient presque rivaliser avec celui de la canne. Le sucre était demandé à toutes les productions de la terre ; le gouvernement donna des primes pour toutes les découvertes de ce genre ; c'est ce qui fit dire à un poète:

Pour avoir composé
De sirop de raisin trois ou quatre topettes,
Mou vieil apothicaire est mis dans les gazettes.

M. Provost obtint 100 000 francs et la croix d'honneur, et M. Fouquet 40 000 francs, à titre d'encouragement, pour la découverte qu'ils avaient faite du sirop de raisin. Mais de toutes ces tentatives il ne reste aujourd'hui que la fabrication des sucres de betterave. C'est Margraff, chimiste prussien, qui, en 1747, s'est le premier occupé d'extraire le sucre de cette plante.
Le comte Chaptal et MM. Matthieu de Dombasle et Crecpel Delisse ont puissamment secondé, par leurs ouvrages de chimie appliquée à l'agriculture, cette branche d'industrie toute nouvelle, qui pouvait lutter sans grands désavantages avec les produits de l'Inde et des colonies. Vingt-six fabriques de sucre de betterave se répandirent sur la surface de notre territoire, et étaient toutes dans un état prospère.
Selon Andersen, c'est à l'année 1759 qu'il est, pour la première fois, fait mention de raffineries de sucre établies en Angleterre.
Les essais multiplies qu'on a faits en France pour se procurer du sucre indigène, les recherches auxquelles on s'est livré pour connaître les végétaux propres à en fournir, les différents procédés qu'on a employés pour purifier les miels, ont par la suite fait faire de grands progrès à l'art du raffinage.
Au commencement du XIXe siècle, M. Benjamin Delessert a établi à Passy, près de Paris, une raffinerie dont il sortaient des sucres très beaux. Les perfectionnements apportés par M. Delessert dans l'art de raffiner, et l'établissement des fourneaux économiques qui épargnaient du combustible, lui ont mérité, en 1802, une mention honorable.

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