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L'origine de Syphilis



D'abord appelée mal de Naples ou mal français

Cette maladie, que les Français nommèrent d'abord mal de Naples, et les autres nations mal français, fut si terrible dans sa naissance par la rapidité de sa marche, par la violence et l'étonnante variété de ses symptômes, qu'elle dut jeter partout l'épouvante, et faire craindre pendant quelque temps la destruction de l'espèce humaine qu'elle attaquait dans le principe même de sa reproduction : ce ne fut qu'à la suite de plusieurs variations dans les symptômes qu'elle perdit de sa première effervescence, et qu'elle s'adoucit insensiblement.
Le premier qui se soit servi du mercure dans le traitement de cette maladie est Jacques Bérenger, médecin à Carpi, dans le XVIe siècle.


Une propagation très rapide

De nombreuses controverses ont été établies sur l'origine de cette maladie, et, sans citer tous les auteurs qui ont écrit sur la matière, on est entraîné à se ranger à l'opinion qui lui donne une origine américaine. Cette opinion est appuyée par plusieurs auteurs espagnols, qui s'accordent à déclarer que la syphilis a été apportée d'Amérique parles compagnons de Colomb, qu'elle est principalement originaire d'Hispaniola, qu'elle se propagea en Espagne, fut transportée à Naples, et de là en France par les troupes de l'expédition de Charles VIII, roi de France, en 1495, et depuis se répandit avec une rapidité effrayante dans le reste de l'Europe.
Comme ces troupes étaient spécialement composées de gens à la solde de tout pays, qu'ils avaient pris la maladie en Italie, ils durent la transporter sur leur route et dans tous les lieux où ils se rendaient. Si l'on ajoute à cette propagation facile l'extrême licence des mœurs à cette époque, licence qui était telle qu'on a peine à en croire les historiens de ce temps, tout étonnement cessera, et l'on concevra facilement comment cette maladie a envahi spontanément tant de lieux et infecté tant d'individus.


Déjà présente dans l'Antiquité

On serait pourtant porté à croire que la syphilis n'était pas inconnue aux anciens, quoique ignorée en Europe avant le retour de Christophe Colomb de son premier voyage aux îles Caraïbes, et avant le siège de Naples par les armées françaises, lors de la guerre de Charles VIII contre Alphonse, roi d'Espagne. On lit dans le Journal des sciences médicales que Moïse indique suffisamment, dans son Lévitique, les symptômes de cette maladie, et ordonne que ceux qui en sont atteints soient séparés de la compagnie des autres Israélites. La maladie était donc jugée contagieuse, puisqu'on croit devoir isoler ceux qui en sont atteints.
Selon Hérodote, les Scythes, qui avaient violé le temple de Vénus Uranie de la ville d'Ascalone, eurent tous le mal des femmes, que cette déesse irritée leur fit souffrir en punition. Hippocrate et Galien parlent, en divers endroits de leurs écrits, d'ulcères malins, qui n'étaient probablement autres que syphilitiques. Celse, Lanfranc, Arnaud de Villeneuve et Guy de Chauliac notent des symptômes sur le caractère desquels on ne saurait se méprendre. Juvénal et Martial, dans leurs satires, l'évêque Palladius, etc., sans indiquer précisément la maladie, donnent assez de notions pour en constater la nature.

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