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L'origine de Taille



Le nom d'un ancien impôt

En France les premiers impôts furent appelés fouages ; ils ne duraient qu'un an, et ne prirent le nom de taille que quand ils devinrent annuels. Ce ne fut même, selon le chevalier d'Eon, que sons Charles VI que cette imposition, qui avait porté une infinité de noms différents dans les siècles précédents, reçut déterminément le nom de taille. Pasquier prétend que ce roi la nomma ainsi par ses lettres de l'an 1388 ; mais Borel assure que ce nom lui fut donné parce que les paysans collecteurs, ne sachant pas écrire, marquaient leur recette sur une taille de bois.
D'autres prétendent que le mot de taille vient de taleari, dont Pline, Varron et Columelle usent souvent, pour partiri et dividere (partager), parce que la taille se lève sur les particuliers divisim et per partes.
Crot dit, dans son Traité des Aides, qu'il ne trouve point qu'il y eût en France aucune imposition certaine des tailles avant le règne du roi Charles VII. Il ajoute : « Et d'autant que les leveurs et collecteurs de ces deniers marquaient en ce temps sur des tailles de bois ce que les particuliers habitants payaient sur et tant moins de leur taxe (comme font encore aujourd'hui les boulangers le pain qu'ils débitent), par succession de temps elles ont été appelées tailles. » Remarquons que la taille est désignée dans plusieurs chartes par les mots tallia et tolta.
Ce fut sous saint Louis que les Français commencèrent à payer la taille pour se délivrer des gens de guerre. Cet impôt, qui, suivant quelques auteurs, ne produisait annuellement à ce roi que la somme de dix-huit cent mille livres, fut augmenté de trois millions sous Louis XI. Il fut augmenté de plus de neuf millions sous François Ier, et s'éleva ainsi progressivement jusqu'à l'époque de la révolution ; alors cet impôt fut supprimé.


La taille de la vigne et des arbres

Pline, en parlant de la vigne, attribue au hasard la connaissance du besoin qu'elle a d'être taillée. Une chèvre ayant brouté le jeune bois d'un cep de vigne, le propriétaire s'aperçut, l'année suivante, que ce même cep donnait plus de grappes, et que le raisin était d'un meilleur goût. Il en conclut qu'en taillant, chaque année, le bois superflu, il obtiendrait plus de raisins ; son travail réussit. Ce propriétaire eut des imitateurs.
C'est par un pareil hasard que la taille des arbres fut trouvée dans le Nouveau-Monde. Acosta, naturaliste célèbre, qui voyagea dans le XVIe siècle, rapporte qu'anciennement les rosiers profitaient tellement en Amérique, qu'ils devenaient des arbres, mais des arbres qui étaient peu chargés de fleurs. Un jour le feu prit à quelques uns de ces arbres, il fut promptement éteint, mais la flamme avait dévore une partie des branches. L'année suivante, ces mêmes rosiers donnèrent une bien plus grande quantité de roses qu'à l'ordinaire. Les Indiens mirent à profit cette expérience ; ils taillèrent tous les nus leurs rosiers, et eurent beaucoup plus de fleurs. Lorsque les Espagnols arrivèrent dans cette contrée, ils y trouvèrent cet usage établi.


L'opération de la taille

On voit par le serment que fit Hippocrate de ne jamais faire cette opération, qu'elle était déjà pratiquée du temps de ce célèbre médecin, qui sans doute fut rebuté par les mauvais succès qu'il avait obtenus. On ignore absolument les procédés qu'on employait alors, et aucun auteur n'a parlé de cette opération depuis lui jusqu'à Celse, qui l'a décrite exactement. L'usage s'en perdit dans les siècles suivants ; et, au commencement du XVIe, il n'y avait personne qui osât la pratiquer, du moins sur les hommes faits. Les vestiges que l'ancienne chirurgie a laissés de l'opération de la taille ne sont que les traces d'une timidité ignorante ; la plupart de ceux qui avaient la pierre ne trouvaient aucun soulagement. Les enfants, il est vrai, pouvaient espérer quelque ressource jusqu'à l'âge de quatorze ans ; mais passé cet âge l'art était stérile pour eux.
C'est en France qu'on a d'abord essayé d'étendre ce secours sur tous les âges, et l'honneur en est dû à Germain Collot, qui imagina une opération nouvelle, et la pratiqua avec une sage hardiesse sur un archer de Meudon. On lit dans les Chroniques de Louis XI l'origine de cette opération.
Ce fut pour la première fois, depuis Celse, qu'on tenta l'opération de la taille, qui dans la suite a sauvé la vie à tant d'hommes ; cependant, malgré de si heureux succès, elle est restée longtemps dans l'oubli. Jean des Romains chercha la route qu'on pouvait ouvrir à la pierre ; et enfin, par ses travaux, l'art de la tirer dans tous les âges devint un art éclairé. Marianus Sanctus, son disciple, publia cette méthode en 1524. Elle a éprouvé, en différents temps et chez différentes nations, des changements notables en plusieurs points, et principalement dans l'usage des instruments.

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