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L'origine de Talisman



Une figure magique

Ce mot, sur l'origine duquel les auteurs ne sont point d'accord, est, selon Voltaire, un terme arabe francisé, qui signifie proprement consécration ; mais, quelle que soit l'origine du mot, un talisman est une figure magique, gravée en conséquence de certaines observations superstitieuses sur les caractères et configurations du ciel ou des corps célestes, auxquels les astrologues, les philosophes hermétiques et autres charlatans attribuent des effets merveilleux, et surtout le pouvoir d'attirer les influences célestes.


Utilisé depuis la plus haute antiquité

Quelques uns attribuent l'invention des talismans à l'Égyptien Jacchis, qui vivait sous Sennyès ; d'autres à Nécepsos, roi d'Egypte, qui était postérieur à Jacchis, et néanmoins régna plus de deux siècles avant Salomon ; d'autres enfin à Apollonius de Tyane : mais il paraît, comme le remarque Millin, que leur origine remonte à une époque bien antérieure à ce dernier. On voit que les anciens avaient la plus grande confiance à la vertu de ces prétendus préservatifs. Suivant l'opinion commune, Milon de Crotone ne devait ses victoires qu'à des talismans ou pierres gravées qu'il portait dans les combats, et, à son exemple, les athlètes avaient soin de s'en munir. Elien dit qu'en Egypte les gens de guerre portaient des figures de scarabées pour fortifier leur courage, parce qu'ils croyaient que le scarabée, consacré au soleil, était la figure animée de cet astre, qu'ils regardaient comme le plus puissant des dieux.
A Rome, la bulle d'or que les généraux ou consuls portaient au cou, dans la cérémonie du triomphe, renfermait des talismans. On pendait de pareilles bulles au cou des enfants pour les défendre des génies malfaisants, et les garantir de tous dangers.


L'introduction du talisman en Europe

Les Arabes, fort adonnés à l'astrologie judiciaire, répandirent les talismans en Europe après l'invasion des Maures en Espagne. La superstitieuse Marie de Médicis portait sur elle des talismans, ainsi que la preuve en fut acquise après sa mort ; et il n'y a pas encore deux siècles, qu'on y croyait assez généralement en France.


Les talismans en Afrique

Les peuples qui habitent l'intérieur de l'Afrique font usage encore aujourd'hui de talismans, auxquels ils attribuent le pouvoir de préserver celui qui les porte des influences des êtres malins, de la piqûre des serpents, des blessures qu'il pourrait recevoir à la guerre : ce sont en général des feuilles de papier ou de parchemin couvertes de caractères inintelligibles, et conservées bien soigneusement dans de petits portefeuilles de maroquin, travaillés dans le goût du pays, qu'ils attachent sur la partie du corps qu'ils veulent préserver.
Un prince, un chef de tribu qui va à la guerre, était souvent couvert de la tête aux pieds de semblables talismans : c'étaient les marchands juifs et arabes qui leur vendaient ces précieux préservatifs, en échange de dents d'éléphant, de poudre d'or, etc. On doit faire observer que si un chef venait à être blessé ou tué, la foi aux talismans ne diminuait point pour cela ; mais on s'en prenait à celui qui les avait vendus, et il était impitoyablement mis à mort s'il revenait dans le pays.


Les différentes sortes de talismans

On distingue en général trois Sortes de talismans : savoir, les astronomiques, que l'on connaît par les signes célestes ou constellations que l'on a gravés dessus, et qui sont accompagnés de caractères inintelligibles ; les magiques, qui portent des figures extraordinaires, des mots superstitieux, des noms d'anges, de génies, etc. ; enfin les mixtes, sur lesquels on a gravé des signes célestes et des mots barbares.

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