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L'origine de Télégraphe


Ce qui sert à écrire au loin. Le télégraphe est destiné à transmettre au loin et en très peu de temps la pensée, et tout ce qui peut intéresser le gouvernement, au moyen de différents signaux convenus, variables à l'infini pour la signification, et transmis à des instruments pareils, placés de distance en distance sur des lieux élevés, d'où ils peuvent être aperçus avec des télescopes.


L'art des signaux connu depuis la nuit des temps

Les anciens ont connu l'art des signaux, ils ont employé les feux, les phares, les torches, les pavillons, les étendards, etc., pour annoncer promptement et au loin des avis ou des événements prévus d'avance. Polybe fait particulièrement mention d'un certain Cléoxène qui avait inventé une méthode par laquelle on pouvait faire lire à un observateur ce qu'il était intéressant d'apprendre. Sans doute qu'aux signaux faits avec des torches ou flambeaux (du temps de Polybe), on avait substitué depuis des signaux faits avec des bâtons ou des planches ; car Végèce, qui vivait au IVe siècle, parle de cette sorte de télégraphe comme étant si bien connue de son temps qu'il juge inutile de la décrire ; mais nous croyons devoir rapporter textuellement ce que dit Végèce, en en donnant toutefois la traduction pour ceux à qui la langue latine n'est pas familière : « Quelques uns suspendent sur les tours des villes ou des châteaux de grosses pièces de bois qui, en s'élevant ou s'abaissant, indiquent ce qui s'y passe. »
Quelque simples que fussent les procédés des anciens, le défaut de lunettes devait rendre très courtes les distances entre les stations, et la plupart des signaux n'étaient visibles que de nuit.
Le major Bourcheœder, de Hanau, pense que la tour de Babel ne fut qu'un poste télégraphique central, élevé pour recueillir des signaux.


Le télégraphe de M. Chappe

Parmi les modernes, les premiers essais télégraphiques connus sont ceux de Kircher, de Kesler, d'Amontons, de Rob-Flook, de Gauthey, de Guyot et de Paulian. Mais leurs méthodes, plus ou moins ingénieuses, n'auraient jamais pu présenter tous les avantages que M. Chappe a su réunir dans le télégraphe de son invention.
Ce télégraphe est composé d'un long châssis, garni de laines, à la manière des persiennes, tournant autour d'un axe, et fixé sur un mât, qui lui-même roule sur un pivot, et est maintenu, à la hauteur de dix pieds, par des jambes de force, de manière à rendre visibles tous les mouvements de la machine.
Aux deux extrémités du châssis sont deux ailes mouvantes, moitié moins longues, et dont le développement s'effectue en divers sens, par l'analyse des différentes inclinaisons de ces trois branches sur l'horizon, ou sur le mât vertical, et des positions où elles se trouvent les unes à l'égard des autres. On a cent signaux parfaitement prononcés, qui représentent des figures ou lettres dont on détermine la valeur. Le mécanisme du télégraphe est tel, que la manœuvre se fait sans peine et avec célérité ; c'est à l'aide de bons télescopes et de pendules à secondes, que se font les observations, et que se communiquent les avis d'une extrémité à l'autre, souvent sans que les observateurs intermédiaires puissent pénétrer le sens de la missive.
MM. Chappe firent l'expérience de leur première méthode, en 1791, dans le département de la Sarthe. Le 12 juillet 1793, le comité d'instruction publique de la convention nationale en fit faire une expérience nouvelle. Le succès fut complet, et il fut reconnu qu'en treize minutes quarante secondes, la transmission d'une dépêche pouvait se faire à la distance de quarante-huit lieues.


Le perfectionnement du télégraphe

L'usage du télégraphe a passé chez les différents peuples de l'Europe ; d'autres ont cherché à étendre et à perfectionner ces établissements.
On trouve dans la Bibliothèque britannique, janvier 1796, des détails sur un télégraphe inventé par deux Irlandais. M. Edelvrantz, Suédois, a fait un traité du télégraphe, dans lequel il propose différents procédés aussi simples qu'ingénieux. MM. Breguet et Bétanrourt ont présenté, en l'an VI (1797), à l'Institut, un télégraphe de leur invention. M. Peytès-Montcabrier a imaginé un télégraphe marin, qu'il appelle vigigraphe, de vigie (sentinelle), et d'un mot grec qui signifie écrire, que l'on peut établir en vingt-quatre heures, et au moyen duquel on peut exécuter un grand nombre de signaux avec exactitude et célérité. L'épreuve en a été faite avec succès à Rochefort.
La Société des arts de Londres a décerné, en 1810, une médaille d'argent à M. James Spratt, comme inventeur d'un télégraphe extrêmement simple, qu'il a nommé anthropographe, parce que effectivement c'est le corps de l'homme même qui sert de machine, et dont les différentes positions, à l'aide d'un mouchoir de toile blanche, forment les signes télégraphiques.
En 1820, M. de Saint-Haouen, contre-amiral français, a fait hommage au gouvernement d'un nouveau système télégraphique. Des expériences faites au Havre, sur terre et sur mer, de jour et de nuit, par ordre du gouvernement, ont prouvé, suivant l'annonce qui en est faite dans la Revue encyclopédique, que même dans les mauvais temps les signaux de jour peuvent être bien distingués et exactement répétés à trois et quatre lieues de distance, et les signaux de nuit à quatre et cinq lieues, lors même que la lune éclaire l'horizon.


Le télégraphe acoustique

On a formé récemment le projet d'établir en Angleterre des télégraphes de ce genre, au moyen desquels des paroles pourraient être transmises d'une extrémité à l'autre de la Grande-Bretagne en moins d'une heure.

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