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L'origine de Templiers



L'étymologie du mot Templiers

Templiers, du latin templarii qui se trouve in codice estensi, dont plusieurs fragments sont rapportés dans la chronique de Sicard (Sicardi episcopi). Ce mot templarii est dérivé du latin templum (temple) : ils furent ainsi nommés après que Baudouin II, roi de Jérusalem, leur eut donné, pour y fixer leur demeure, une maison proche du temple de Salomon ; aussi sont-ils appelés, dans les écrits du XIIIe siècle, fratres templi (frères du temple). Ils avaient été institués, dit Bossuet, Histoire universelle, sous le litre de pauvres chevaliers de la sainte cité.


La formation de l'ordre des templiers

Neuf des chevaliers français qui avaient suivi Godefroi de Bouillon à la conquête de la Palestine, se consacrèrent à protéger, contre les attaques et les brigandages des musulmans, les pieux voyageurs qui de toutes parts accouraient à Jérusalem.
L'exemple de ces Français excita le zèle de beaucoup d'autres guerriers qui se joignirent à eux. Cette milice généreuse parut bientôt avec gloire dans les champs de bataille. Ainsi se forma l'ordre religieux et militaire des chevaliers du temple ou templiers, qu'on appela aussi les soldats du Christ, la milice du temple de Salomon, la milice de Salomon. Le concile de Troyes approuva cet ordre en 1128. Une règle fut donnée aux chevaliers : on s'empressa d'accorder des encouragements et des récompenses à leur dévouement et à leurs succès.


L'intronisation d'un chevalier

Les statuts de l'ordre exigeaient et inspiraient les vertus chrétiennes et militaires. Les principales dignités étaient celles de grand-maître, lequel avait rang de prince chez les rois ; de précepteurs ou grands-prieurs, de visiteurs, de commandeurs, etc. Lorsqu'il s'agissait de recevoir un nouveau chevalier, le chapitre s'assemblait ; la cérémonie avait lieu ordinairement pendant la nuit et dans une église. Le récipiendaire attendait au dehors. Le chef, qui présidait le chapitre, députait, à trois différentes reprises, deux frères qui demandaient au futur chevalier s'il voulait être admis dans la milice du temple ; d'après sa réponse, il était introduit.
Il sollicitait trois fois à genoux le pain et l'eau, et la société de l'ordre. Le chef du chapitre lui disait alors : Vous allez prendre de grands engagements ; vous serez exposé à beaucoup de peines et de dangers. Il faudra veiller, quand vous voudriez dormir ; supporter la fatigue, quand vous voudriez vous reposer ; souffrir la soif et la faim, quand vous voudriez boire et manger ; passer dans un pays, quand vous voudriez rester dans un autre.
Ensuite il lui faisait ces questions : Etes-vous chevalier ? Etes-vous sain de corps ? Nétes-vous point marié ou fiancé ? N'appartenez-vous pas déjà à un autre ordre ? N'avez-vous pas des dettes que vous ne puissiez acquitter par vous-même ou par vos amis ?
Quand le récipiendaire avait répondu d'une manière satisfaisante, il prononçait les trois vœux de pauvreté, chasteté, obéissance. Il se consacrait à la défense de la Terre-Sainte, et recevait le manteau de l'ordre. Les chevaliers présents lui donnaient le baiser de fraternité.
L'étendard des templiers était appelé le beaucéant. On y lisait ces mots : Non nobis, Domine, non nobis, sed nominu tuo da gloriam (Ne nous donne pas la gloire, Seigneur, mais donne-la à ton nom).
Leur cri de guerre était : A moi, beau sire, beaucéant, à la rescousse ! Leur sceau portait cette inscription : Sigillum militum Christi (sceau des soldats du Christ).


La fin de l'ordre des templiers

Un des points les plus importants de notre histoire, est la destruction de l'ordre des templiers.
L'an 1307, sur la dénonciation d'un bourgeois de Béziers et d'un templier apostat, détenus tous deux en prison pour crime, Philippe-le-Bel, roi de France, fit arrêter tous les chevaliers le même jour, et s'empara du Temple, à Paris, et de tous les titres de l'ordre.
Les accusations dont on les chargeait étaient d!une atroce absurdité. Comment s'imaginer, en effet, que des religieux fussent à la fois athées et sorciers, qu'ils crachassent sur le crucifix, et qu'ils adorassent une tête de bois dorée et argentée, qui avait une grande barbe ? Quand de pareils aveux échappent dans la torture, ils prouvent seulement combien est barbare l'usage de la question.
On croira plus aisément que leurs plus grands crimes furent leurs richesses, leur puissance, une sorte d'indépendance de tout gouvernement, et quelques séditions qu'ils avaient excitées en France au sujet d'une altération des monnaies à laquelle ils avaient beaucoup perdu. On les accusait aussi d'avoir fourni de l'argent à Boniface VIII pendant ses démêlés avec Philippe-le-Bel, et Philippe-le-Bel était implacable dans ses vengeances.
Il faut cependant convenir qu'ils avaient extrêmement dégénéré des vertus de leurs pieux fondateurs, et que les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, qu'ils faisaient en entrant dans l'ordre l'étaient plus pour ces religieux que des mots vides de sens. Leurs mœurs licencieuses avaient excité contre eux la haine et les plaintes des peuples, tandis que leurs immenses richesses, leur esprit inquiet et turbulent, toujours prêt à fomenter des intrigues et des soulèvements, avaient éveillé les craintes des souverains, et rendaient une réforme dans l'ordre nécessaire. A ce parti, qui sans doute eût été le plus sage, le désir de s'emparer de leurs richesses fit préférer une suppression générale de l'ordre, qui fut exécutée par des moyens barbares que n'excusaient ni la raison d'état, ni les crimes atroces dont ceux qui se sont approprié leurs dépouilles ont voulu charger leur mémoire.
Cinquante-neuf chevaliers furent brûlés vifs à Paris, à la porte Saint-Antoine, tous protestant de leur innocence, tous rétractant les aveux que les tortures leur avaient arrachés. Le grand-maître, Jacques de Molay, égal par sa dignité aux souverains, Guy, frère du dauphin d'Auvergne, furent brûlés sur la place Dauphine ; ils prirent Dieu à témoin, tant qu'ils purent parler, et on prétend que le grand-maître cita au tribunal de Dieu, le pape dans quarante jours, et le roi dans l'année. « On ne sait, dit Bossuet, s'il n'y eut pas plus d'avarice et de vengeance dans cette exécution que de justice. » Mariana, Vertot, et presque tous les écrivains, ont pensé de même.
La dépouille des templiers fut donnée aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (les chevaliers de Malte) ; mais ceux-ci n'eurent que les bénéfices, le roi en eut l'argent : il se fit d'abord donner deux cent mille livres, somme alors immense.
Louis-le-Hutin, son fils, en demanda encore soixante mille. On convint qu'il aurait les deux tiers de l'argent des templiers, les meubles de leurs maisons, les ornements de leurs églises, et tous les revenus échus depuis le 13 octobre 1307, jusqu'à l'année 1314, époque du supplice des derniers templiers. La bulle qui abolit leur ordre est de 1312.

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