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L'origine de Terre cuite



L'usage de la terre cuite dans l'antiquité

La terre ou l'argile a été la première matière employée par les artistes. Au temps de Pausanias, on voyait dans plusieurs temples des statues de divinités en argile : quelquefois on peignait ces figures de terre ; Pline et Pausanias en rapportent plusieurs exemples. Dans les premiers temps de l'art, ou peignait aussi les bas-reliefs exécutés en terre cuite ; dans la suite on ne se permit plus d'employer ce procédé, mais les anciens n'ont jamais dédaigné d'employer la terre cuite à leurs monuments publics.
Souvent les bas-reliefs de terre cuite étaient employés aux frises des temples ; ils servaient aussi de modèles aux artistes. Pour les multiplier, on les moulait dans des creux préparés ; c'est pourquoi on trouve tant de bas-reliefs en terre cuite qui se ressemblent. Les ruines d'Herculanum et de Pompéi sont remplies de fragments de bas-reliefs, de fleurons, d'ornements de tout genre exécutés en terre cuite : ces fragments ornent les cabinets de presque tous les antiquaires ; il y en a d'égyptiens, de grecs, d'étrusques, de romains, de mauresques, etc. L'usage des ornements de terre cuite s'est conservé, par tradition, en Italie, et les villes de Milan, de Pise, de Sienne, de Florence, de Venise, de Rome, de Naples, fournissent, dit Millin, mille exemples de cet emploi depuis la renaissance des arts. Il en existe dans la plupart des villes d'Espagne ; et le château de Madrid, bâti anciennement dans le bois de Boulogne, près de Paris, était décoré de belles frises, de compartiments et d'autres ornements en terre cuite recouverte d'émail de faïence.


La terre sigillée

C'est une espèce de terre glaise qui vient des îles de l'Archipel. Les anciens lui attribuaient des vertus sans nombre ; Pline dit merveilles de celle de Lemnos, qui est une île de la mer Égée. On prétendait que cette terre avait guéri Philoctète des blessures que lui avaient faites les flèches empoisonnées. Les médecins grecs la mirent en réputation, et elle était regardée comme si précieuse, que du temps des empereurs grecs on ne la recueillait qu'avec de grandes cérémonies : on la vendait ensuite au plus haut prix. Lorsque les Vénitiens et les Turcs se furent rendus maîtres des îles où se trouvait cette terre, l'enthousiasme pour ses qualités occultes durait encore ; il ne fut permis de la ramasser qu'une fois l'an, et en présence d'un aga du grand-seigneur, qui appliquait le sceau (sigillum en latin) de son maître sur chaque paquet, d'où lui est venu le nom de terre sigillée.
« Cette terre, dit M. Helliez (Géographie de Virgile), après avoir été retirée avec des cérémonies particulières, est remise dans des sacs par les moines grecs au commandant turc qui en envoie la plus grande partie au grand-seigneur, en petits pains ronds du poids de deux drachmes. Le grand-seigneur en fait des présents aux ambassadeurs des têtes couronnées. Il est défendu, sous peine de mort, aux habitants de l'île d'en avoir chez eux sans la permission du commandant, et encore plus d'en vendre à l'étranger. »

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