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L'origine de Toilette



Connue depuis la nuit des temps

Il serait aussi difficile de déterminer l'époque où les arts sont venus au secours du soin de s'embellir, que de fixer celle où le besoin de plaire s'est fait sentir à l'un et à l'autre sexe. Les anneaux, les bracelets, les pendants d'oreilles, etc., étaient connus en Égypte longtemps avant Moïse.
Dans les premiers siècles d'Athènes et de Rome la toilette était peu recherchée, et le silence des anciens auteurs prouve que les dames grecques et romaines ne faisaient point de cet objet une affaire sérieuse. Mais bientôt les dames grecques perdirent de vue cette noble simplicité, compagne de la sévérité des mœurs ; et, dès le temps de Solon, le goût des femmes pour la parure fut regardé comme un abus que le législateur n'osa entreprendre de réformer ; il se contenta de créer des magistrats chargés du soin d'en réprimer les excès.


La toilette dans la Grèce antique

Les dames d'Athènes étaient fort soigneuses de leur parure ; elles y employaient ordinairement toute leur matinée. Leur toilette était très composée. Elles faisaient usage du fard et de toutes les drogues qu'elles croyaient propres à blanchir et à nettoyer la peau. Elles avaient aussi grand soin de leurs dents, se noircissaient les sourcils, et mettaient du rouge jusque sur leurs lèvres. L'art de se coiffer faisait leur principale occupation ; elles y employaient les essences les plus précieuses à parfumer leurs cheveux, qu'elles teignaient ordinairement en noir ou en quelque autre couleur ; elles les arrangeaient ensuite, par le moyen de fers chauds, en différentes boucles. Une partie en était ramenée sur le front pour l'accompagner ; on laissait l'autre flotter et jouer négligemment sur les épaules. La chaussure des dames athéniennes était aussi fort propre et fort élégante. A l'égard de leurs habits, elles ne se couvraient que d'étoffes extrêmement fines et légères ; elles avaient soin que leurs robes fussent toujours très serrées sur le sein, et qu'elles marquassent la taille agréablement.


La toilette dans la Rome antique

Les dames romaines, dans les premiers temps, consacraient, pour l'ordinaire, leur chevelure à Apollon ; ainsi elles n'avaient point de toilette à faire, d'ailleurs la plupart étaient occupées à un travail journalier et continuel qui ne leur permettait pas de songer à la parure ; il n'en fut pas de même dans la suite, lorsque la vanité, le luxe et la mollesse s'étant introduits à Rome, avec les richesses et les mœurs des Grecs et des Asiatiques, les femmes abandonnèrent à des esclaves le soin de leur maison, pour ne s'occuper que d'ajustements.
A Rome, vers la fin de la république, elles passaient le plus souvent du lit dans les bains particuliers, où elles se servaient de pierre-ponce pour se polir et adoucir la peau ; quelques unes se contentaient de se laver les pieds. A cette propreté succédaient les onctions et les parfums. Après tout cela, elles allaient à leur toilette, dont les petits meubles consistaient en un miroir qui devait poser à demeure, en peignes d'ivoire ou de buis, en aiguilles de tête, en poinçons, en fers à friser, en un grand nombre de petits vases précieux pour le rouge et le blanc, pour les pommades de toutes sortes, pour les parfums et les essences les plus rares, enfin tout ce que Cicéron appelle mundus muliebris. Leurs aiguilles de tête, d'or ou d'argent, étaient différentes selon les divers arrangements. Les fers à friser dont elles se servaient ne ressemblaient point aux nôtres ; ils n'étaient que de grosses et grandes aiguilles de fer que l'on chauffait dans la cendre, et les boucles se formaient en roulant les cheveux à l'entour. Selon Martial, elles arrêtaient ces boucles avec une aiguille ordinaire qui tenait la frisure en respect. Il ne paraît pas que les femmes se servissent alors de poudre blanche ou noire. Comme le blond ardent était la couleur la plus estimée, elles employaient le safran pour la donner à leurs cheveux. Ovide, qui indique aux dames de son temps plusieurs recettes pour corriger les couleurs naturelles, nous apprend qu'elles se noircissaient les sourcils, et qu'elles les tournaient en demi-cercle avec une aiguille de tête ; que celles qui avaient les yeux trop enfoncés, trouvaient moyen de les avoir à fleur de tête, en faisant usage d'une poudre noire, qui agissait sur les yeux et les faisait paraître plus coupés.
Martial parle d'un dépilatoire qui enlevait les petits poils qui croissaient sur les joues, de petites brosses pour se nettoyer les dents ; les dames étaient si jalouses de les avoir belles, que, quand les dents naturelles leur manquaient, elles en portaient de postiches. Elles faisaient usage de cure-dents de plusieurs sortes, ceux de lentisque passaient pour les meilleurs ; elles en avaient aussi de plumes et d'argent. Le même poète assure que les Romaines mettaient des râteliers entiers de fausses dents.

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